En 20 secondes · le problème, la cause, la décision
La mer nous entoure, mais sa valeur échappe encore aux territoires
Un pêcheur peut débarquer sa capture dans un port qui ne possède ni glace suffisante, ni atelier, ni conserverie. Le produit repart alors pour être transformé ailleurs avant de revenir plus cher. Dans les Outre-mer, cette absurdité alimente une vie chère déjà lourde. Les habitants vivent au cœur de la puissance maritime…
- La France ne manque pas de mer. Elle manque d'ordre maritime. Le ×10 n'est pas un permis de détruire. C'est une trajectoire de puissance sous plafond écologique.
- Un poisson débarqué sans froid est une richesse déjà menacée. Un port qui ne transforme pas laisse partir la valeur. La valeur de la mer ultramarine doit rester d'abord dans les territoires ultramarins.
- Les Outre-mer ne sont pas les marges de la France maritime. Ils en sont les ancres. La mer doit devenir une arme contre la vie chère.
Ce que disent les chiffres officiels
Six repères officiels pour situer l’état réel du sujet avant d’entrer dans nos propositions.
En 2024, le déficit commercial français des produits de la pêche et de l’aquaculture atteint 4,93 milliards d’euros, pour un déficit physique de 863 000 tonnes.
FranceAgriMer · Douanes françaises · 2026 ↗ 464 Navires de commerce sous pavillon français de plus de 100 UMS Au 1er janvier 2026La flotte de commerce sous pavillon français compte 464 navires de plus de 100 UMS au 1er janvier 2026 : 231 navires de transport et 233 navires de services maritimes.
Ministère chargé de la Mer · 5 juin 2026 ↗ >6 000 Navires de pêche sous pavillon français Mise à jour juillet 2026Le ministère indique que plus de 6 000 navires de pêche battent pavillon français.
Ministère chargé de la Mer · 10 juillet 2026 ↗ 178 879 t Produits aquacoles commercialisés Année 2024 · −8 % sur un anLes entreprises aquacoles françaises ont commercialisé 178 879 tonnes de produits en 2024, soit 8 % de moins qu’en 2023.
Agreste · 2026 ↗ >10,4 Mt Capacité d’emport de la flotte française de transport Tonnes de port en lourd · au 1er janvier 2026Les 231 navires de transport sous pavillon français de plus de 100 UMS totalisent une capacité d’emport supérieure à 10,4 millions de tonnes de port en lourd.
Ministère chargé de la Mer · 5 juin 2026 ↗ >13 000 Emplois de marin pêcheur Mise à jour juillet 2026Le ministère indique que la flotte de pêche française représente plus de 13 000 emplois de marin pêcheur.
Ministère chargé de la Mer · 10 juillet 2026 ↗Chaque ministère présente au moins six repères officiels structurants. Chaque chiffre indique son organisme, sa date, son champ et sa limite ; le fait officiel reste séparé de la lecture politique LPE.
LA LOGIQUE LPE
On s’attaque à la cause.
Pas seulement à ce qu’elle provoque.Les décisions essentielles
Si vous ne lisez que 3 mesures, lisez celles-là.
La trajectoire de progression maritime (×10) comme trajectoire d'utilité
La France ne manque pas de mer. Elle manque d'ordre maritime. Le ×10 n'est pas un permis de détruire. C'est une trajectoire de puissance sous plafond écologique.
Fiche officielle indexableLes ports froids comme infrastructures stratégiques de transformation locale
Un poisson débarqué sans froid est une richesse déjà menacée. Un port qui ne transforme pas laisse partir la valeur. La valeur de la mer ultramarine doit rester d'abord dans les territoires ultramarins.
Fiche officielle indexableLa souveraineté ultramarine et la lutte contre la vie chère
Les Outre-mer ne sont pas les marges de la France maritime. Ils en sont les ancres. La mer doit devenir une arme contre la vie chère.
Fiche officielle indexableLE GARDE-FOU
Une mesure ne doit pas créer le problème suivant.
Les autres ministères servent aussi à empêcher la décision de dérailler.Le problème · pourquoi · ce qu’on fait
Voir pourquoi on fait ça et comment.
01La mer nous entoure, mais sa valeur échappe encore aux territoires+
La réalité
Le pêcheur travaille. le poisson part. le territoire le rachète plus cher.
Un pêcheur peut débarquer sa capture dans un port qui ne possède ni glace suffisante, ni atelier, ni conserverie. Le produit repart alors pour être transformé ailleurs avant de revenir plus cher. Dans les Outre-mer, cette absurdité alimente une vie chère déjà lourde. Les habitants vivent au cœur de la puissance maritime française, mais ne bénéficient pas encore assez des emplois, de la propriété et de la valeur produits grâce à leurs espaces.
Ce qu’il faut comprendre
La mer doit d’abord nourrir et faire vivre ceux qui la rendent possible.
LPE refuse une mer réduite à une carte, une concession ou un produit d’exportation. La priorité sera la consommation locale, puis les échanges régionaux, avant l’exportation lointaine. Les pêcheurs artisans seront protégés par la qualité, la saisonnalité, la traçabilité et une meilleure valorisation. Les habitants ultramarins devront participer aux décisions, accéder aux formations et occuper une part réelle des emplois, de la propriété et des responsabilités.
La décision LPE
Transformer près du port et servir le territoire avant d’exporter.
Les bassins prioritaires disposeront de ports froids réunissant débarquement, glace, réfrigération, congélation, filetage, conserverie, contrôle sanitaire et réparation navale. Ces équipements pourront être mutualisés entre plusieurs ports ou îles. Toute aide importante devra prouver la transformation locale, les emplois, les apprentis et l’effet sur les prix. Un projet d’exportation fortement soutenu ne pourra ignorer les besoins alimentaires accessibles du territoire qui accueille la production.
02La deuxième puissance maritime mondiale importe encore massivement+
La réalité
10,2 millions de km² de mer et 4,9 milliards d’euros de déficit.
La France dispose d’environ 10,2 millions de kilomètres carrés d’espace maritime, situé à près de 97 % dans les Outre-mer. Pourtant, son déficit commercial en produits aquatiques atteignait environ 4,9 milliards d’euros en 2024, pour un déséquilibre proche de 1,4 million de tonnes. En 2023, seulement 58 % des volumes débarqués en France hexagonale provenaient de populations exploitées durablement. La pêche sauvage ne peut donc pas porter seule la reconquête.
Ce qu’il faut comprendre
La puissance ne se mesure pas à la surface, mais à ce que nous savons protéger et produire.
Une zone économique exclusive non surveillée reste une puissance théorique. Un port sans transformation laisse repartir la valeur. Une production qui épuise les stocks détruit son propre avenir. LPE mesurera donc la puissance maritime par la surveillance, la recherche, la production durable, les emplois, la transformation locale et les importations évitées. La progression ne viendra jamais d’une multiplication aveugle des captures sauvages.
La décision LPE
Une data room maritime pour savoir ce que nous produisons, perdons et importons.
Une base nationale reliera captures, élevages, importations, prix, marges, capacités froides, navires, emplois, surveillance et état des écosystèmes. Les données seront territorialisées et distinguées entre faits officiels, calculs, audits nécessaires et projections politiques. Chaque filière recevra un objectif adapté à son bassin. Une trajectoire sera ralentie, suspendue ou corrigée si la science, les infrastructures, les prix ou les capacités territoriales ne permettent pas de la poursuivre proprement.
03Produire plus sans demander à l’océan de donner l’impossible+
La réalité
La pêche vieillit et l’aquaculture reste trop faible.
La flotte de pêche vieillit, les coûts augmentent et de nombreux professionnels peinent à transmettre leur entreprise. La conchyliculture française produit environ 145 000 tonnes par an et la pisciculture marine autour de 43 000 tonnes. Cette base reste modeste face à la consommation nationale. Pourtant, une aquaculture mal conçue peut polluer les fonds, diffuser des maladies, provoquer des échappées et dépendre d’aliments importés. Produire davantage exige donc davantage de contrôle.
Ce qu’il faut comprendre
La nature fixe le plafond. la science mesure. l’économie s’adapte.
La pêche artisanale sera mieux valorisée, jamais sacrifiée à une course industrielle au volume. La progression viendra surtout de l’aquaculture contrôlée, de la conchyliculture, de l’algoculture, des systèmes fermés, de la transformation et de la valorisation des coproduits. Aucune technologie ne sera déclarée propre par principe. Chaque projet devra prouver la qualité de l’eau, la maîtrise des densités, des rejets, des maladies et de son alimentation.
La décision LPE
Développer les algues, les écloseries et les fermes sous contrôle permanent.
Chaque bassin identifiera les zones compatibles avec la pêche, l’aquaculture, les algues, la biodiversité, la navigation et les paysages. Les projets seront réversibles et soumis à des plafonds scientifiques. Les algues seront développées pour l’alimentation, les fertilisants, les matériaux, la pharmacie et les ingrédients aquacoles sans reproduire les erreurs des monocultures. Les incidents, traitements, échappées et effets sur les fonds devront être déclarés, publiés et corrigés.
04Les outre-mer sont le cœur de notre puissance, pas sa périphérie+
La réalité
L’immensité maritime française reste encore trop peu surveillée et équipée.
Les Outre-mer portent presque tout l’espace maritime français, mais manquent encore de navires, d’écoles, de chaînes du froid, de transformation et de maintenance. Une zone immense insuffisamment surveillée attire la pêche illégale, les trafics et le pillage. Les littoraux concentrent également habitat, tourisme, ports, défense, pêche, aquaculture et protection du vivant. Sans planification claire, chaque projet devient un conflit et les décisions paraissent imposées depuis Paris.
Ce qu’il faut comprendre
Aucun projet maritime majeur ne doit être décidé sans le territoire.
L’État garantit la souveraineté et la sécurité. La science fixe les limites. Les collectivités organisent les usages et les habitants contrôlent les engagements. Les Outre-mer participeront directement aux concessions, aux priorités alimentaires, aux formations, à la coopération régionale et à la localisation des infrastructures. Certaines zones pourront produire davantage ; d’autres devront rester principalement protégées. La même ambition nationale ne signifie jamais le même modèle dans chaque océan.
La décision LPE
Surveiller les zee et construire des capacités ultramarines complètes.
Satellites, radars, drones, patrouilleurs, contrôles portuaires et coopération régionale renforceront la surveillance des espaces français. Chaque ouverture productive sera accompagnée de moyens de contrôle adaptés. Des écoles maritimes, ateliers navals, laboratoires, unités de transformation et stocks de pièces seront développés dans les Outre-mer. Les jeunes pourront se former localement et accéder aux responsabilités. Les aides logistiques devront atteindre le consommateur au lieu de devenir une marge supplémentaire cachée.
05Transmettre une mer vivante, nourricière et réellement française+
La réalité
Sans reconstruction, nous transmettrons une grande carte et une petite puissance.
Si rien ne change, les pêcheurs vieilliront sans successeurs, les territoires continueront d’importer cher et les produits débarqués repartiront sans être transformés. Les océans subiront à la fois le pillage illégal et des projets insuffisamment contrôlés. Les emplois techniques et les postes de commandement resteront trop éloignés des territoires ultramarins. Une France incapable de surveiller, réparer, transformer et nourrir localement ne possède pas pleinement sa mer, même si les cartes disent le contraire.
Ce qu’il faut comprendre
Le ×10 concerne la valeur utile, jamais le pillage du vivant.
La progression maritime pourra tendre vers une multiplication par dix dans certains secteurs ou territoires, mais uniquement par l’addition de la production contrôlée, de la transformation, des algues, de la construction navale, de la robotique, de la surveillance et des importations évitées. Aucun bassin ne recevra le même objectif. Les plafonds scientifiques primeront toujours. La victoire sera une valeur plus grande obtenue avec une ressource mieux protégée et davantage de bénéfices conservés localement.
La décision LPE
Cent jours pour commander, dix ans pour passer de la présence à la puissance.
Les 100 premiers jours lanceront l’audit, la cartographie des bassins, les premiers ports froids, les écoles, les projets algaux, les navires modernisés et la surveillance renforcée. À cinq ans, plusieurs chaînes complètes devront fonctionner de la mer jusqu’à la consommation et au recyclage. Chaque mois seront publiés production, prix, emplois, aides, concessions, contrôles, incidents et sanctions. Ce qui nourrit, protège et transmet sera renforcé ; ce qui pollue, capte ou échoue sera corrigé ou arrêté.
À VOUS DE VOIR
Ne nous croyez pas. Testez.
Changez les hypothèses. Regardez où ça tient et où ça casse.Si vous voulez tout lire
49 mesures. Le programme complet garde tous les détails.
Cliquez : d’abord le problème, ensuite ce qu’on fait, puis ce que ça doit changer. Les détails techniques restent derrière.
Ce sujet ne fonctionne pas seul
Analyses, faits officiels et programme se répondent.
Un même problème peut toucher plusieurs ministères. Ici, on relie le raisonnement aux données qui permettent de le vérifier.
Faites avancer le débat
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Programme intégral · V4 · 114 pages
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MINISTÈRE N°21 — MER, PÊCHES, AQUACULTURE, LITTORAUX ET OUTRE-MER
PRÉAMBULE DOCTRINAL — REMETTRE LA PUISSANCE MARITIME AU SERVICE DE LA VIE
01PRÉAMBULE DOCTRINAL — REMETTRE LA PUISSANCE MARITIME AU SERVICE DE LA VIEp. 1+
Nos anciens n’ont pas seulement transmis un territoire terrestre. Ils ont transmis des ports, des arsenaux, des chantiers navals, des phares, des criées, des villages de pêcheurs, des routes maritimes, des savoir-faire, des territoires répartis dans plusieurs océans et l’un des plus vastes espaces maritimes du monde.
Ils ont bâti des digues, entretenu des flottes, cartographié les côtes, relié les îles, développé des cultures maritimes et maintenu une présence française bien au-delà de l’Hexagone.
Cet héritage est immense. Pourtant, il reste trop souvent théorique.
La France possède la mer, mais elle importe massivement ce qu’elle pourrait produire ou transformer. Elle possède des ports, mais une partie de la valeur débarquée repart ailleurs. Elle possède des territoires ultramarins, mais leurs habitants continuent de subir une vie chère largement alimentée par l’éloignement, les dépendances logistiques et l’insuffisance de production locale.
Elle possède une industrie navale, mais sa flotte de pêche vieillit. Elle possède une recherche marine reconnue, mais peine à transformer ses connaissances en filières productives durables. Elle possède une immense zone économique exclusive, mais ne dispose pas encore de tous les moyens nécessaires pour la surveiller, la protéger et y faire respecter pleinement ses droits.
LPE refuse de considérer la mer comme une simple carte postale, un espace de spéculation, un gisement à piller ou une ligne colorée sur un planisphère.
La mer est un milieu vivant avant d’être une ressource. Elle est aussi une voie de circulation, une source de nourriture, un espace de travail, un outil de souveraineté, un patrimoine, une frontière, une école, une mémoire et une promesse pour les générations futures.
La puissance maritime française ne sera légitime que si elle protège simultanément le vivant, les travailleurs, les littoraux, les populations ultramarines et la capacité des générations suivantes à vivre de la mer.
Nous ne voulons pas transmettre à nos enfants un océan vidé, des ports abandonnés, des îles dépendantes, des pêcheurs ruinés et une souveraineté réduite à une superficie affichée sur une carte.
Nous voulons leur transmettre une mer surveillée, nourricière, productive, propre, scientifique, industrielle, accessible et protégée.
Aucune richesse maritime durable ne peut être légitime si elle ne repose pas d’abord sur une utilité réelle.
Le capital doit venir après l’utilité.
Jamais avant.
Une ferme marine qui détruit durablement son environnement n’est pas un actif. C’est une dette écologique.
Un port qui reçoit des aides sans produire, former, transformer ou protéger n’est pas un investissement. C’est une dépense sans preuve.
Une concession maritime qui enrichit quelques acteurs sans bénéfice territorial n’est pas une politique de puissance. C’est une captation.
Une infrastructure qui réduit les importations, protège la ressource, crée des emplois, baisse les prix, conserve la valeur localement et améliore la surveillance constitue au contraire un actif réel pour la nation.
LPE ne finance pas des intentions. LPE finance des preuves.
Chaque projet maritime devra démontrer son utilité, sa viabilité, son effet sur le territoire, sa compatibilité avec le vivant et sa contribution à la souveraineté nationale.
La question fondamentale sera toujours la même :
Cette politique prolonge-t-elle l’héritage maritime reçu, ou participe-t-elle à le vendre, à l’épuiser ou à l’abandonner morceau par morceau ?
Nous ne voulons pas entrer dans l’Histoire pour qu’on se souvienne de nous.
Nous voulons simplement que ceux qui viennent après nous puissent dire : ils n’ont pas laissé tomber.
02PRINCIPE TRANSVERSAL — DISCRIMINATION ZÉRO DANS LA FRANCE MARITIMEp. 2+
La puissance maritime ne peut pas être reconstruite en maintenant une partie de la population à distance des emplois, des formations, des responsabilités, des marchés ou des décisions.
Aucun marin, pêcheur, salarié portuaire, candidat à une formation, entrepreneur, chercheur, habitant ultramarin ou citoyen d’un territoire littoral ne doit être humilié, écarté ou bloqué en raison de son origine, de son nom, de son sexe, de sa religion, de son handicap, de son âge, de son apparence, de son lieu de résidence, de sa situation familiale, de sa condition économique, de son état de santé ou de toute caractéristique protégée par le droit.
Le ministère impose une doctrine simple :
Les compétences maritimes doivent être reconnues selon les capacités, les qualifications, l’expérience, l’engagement et les exigences objectives des métiers.
Les habitants des Outre-mer ne doivent plus être consultés après que les décisions ont été prises ailleurs. Ils doivent participer à la conception, à la gouvernance, à l’emploi, à la propriété et au contrôle des projets développés sur leurs territoires et dans leurs espaces maritimes.
Les jeunes ultramarins doivent accéder prioritairement aux formations créées pour exploiter durablement les richesses de leurs propres territoires.
Les femmes doivent pouvoir rejoindre l’ensemble des métiers maritimes, portuaires, scientifiques, industriels, militaires et de commandement dans des conditions de sécurité et de progression identiques.
Les personnes handicapées doivent bénéficier des adaptations raisonnables permettant leur accès aux formations, aux administrations, aux métiers compatibles et aux services maritimes.
Les petites entreprises, les pêcheurs artisans et les coopératives locales ne doivent pas être évincés par des procédures conçues uniquement pour les grands groupes.
Les aides publiques, concessions, licences, emplois, marchés portuaires et formations devront être suivis afin de détecter les discriminations, les conflits d’intérêts et les systèmes d’exclusion territoriale.
Toute discrimination constatée devra être rapidement instruite, réparée pour la victime, sanctionnée de manière certaine et juridiquement proportionnée, puis intégrée aux statistiques publiques.
La sanction sera aggravée lorsque la discrimination provient d’un service public, d’une autorité portuaire, d’un organisme de formation, d’un employeur bénéficiant d’aides publiques, d’un concessionnaire maritime ou d’un acteur exerçant une position dominante.
Une nation ne peut pas demander au peuple de produire ensemble si elle tolère que certains soient humiliés seuls.
Argent public, concession publique, autorité portuaire : discrimination zéro, sanction certaine.
031. IDENTITÉp. 2+
Classement
Pôle Rouge — Exécution, Production, Territoires : la France qui vit.
Nom complet
Ministère de la Mer, des Pêches, de l’Aquaculture, des Littoraux et de l’Outre-mer.
Fonction
Transformer la géographie maritime française en puissance concrète, protégée, nourricière, industrielle, scientifique, portuaire et ultramarine.
Mission courte
Produire davantage sans épuiser le vivant, transformer davantage sur les territoires, protéger les littoraux et les zones économiques exclusives, moderniser la flotte et faire de la mer un outil de souveraineté alimentaire, industrielle et territoriale.
Mesure centrale
Mettre en œuvre une trajectoire nationale de progression maritime massive sur dix ans, pouvant tendre vers une multiplication par dix de la valeur utile créée par les filières maritimes, sous validation scientifique, écologique, économique, énergétique et territoriale.
Cette trajectoire ne repose jamais sur une multiplication incontrôlée des captures sauvages.
Elle repose principalement sur :
- l’aquaculture marine et terrestre strictement contrôlée ;
- la conchyliculture ;
- l’algoculture ;
- la valorisation des coproduits ;
- la transformation locale ;
- le développement des ports froids ;
- la modernisation navale ;
- la recherche ;
- la robotique maritime ;
- la surveillance des espaces maritimes ;
- la réduction des pertes ;
- les circuits régionaux ultramarins ;
- la montée en gamme de la pêche artisanale ;
- la création de nouvelles filières industrielles marines.
L’objectif n’est donc pas de multiplier aveuglément les tonnes prélevées.
Il est de multiplier l’utilité réelle produite par chaque tonne, chaque port, chaque navire, chaque hectare marin autorisé et chaque euro investi.
Doctrine courte
La France ne doit plus seulement posséder un immense espace maritime. Elle doit le protéger, le travailler intelligemment, le transformer et en faire profiter en priorité les territoires qui le rendent possible.
Slogan
La mer française ne doit plus être grande seulement sur la carte.
Formule centrale
Nous ne voulons pas vider les océans. Nous voulons enfin travailler intelligemment la mer française.
Principe de puissance
La nature fixe le plafond.
La science mesure.
L’État planifie.
Les territoires participent.
Les travailleurs produisent.
L’industrie équipe.
L’Armée protège.
La Justice sanctionne.
Le citoyen contrôle.
Positionnement politique
LPE refuse deux impasses.
La première consiste à abandonner la mer française aux importations, aux flottes étrangères, à la spéculation, aux monopoles logistiques et à la dépendance énergétique.
La seconde consiste à confondre toute production avec une destruction et à condamner les territoires maritimes à l’inaction.
La voie LPE est celle d’une puissance sous contrôle.
Produire davantage, mais seulement lorsque le renouvellement du vivant, la qualité de l’eau, la sécurité sanitaire, l’intégrité des littoraux et l’acceptabilité territoriale sont assurés.
Protéger davantage, mais sans transformer la protection en abandon économique des populations qui vivent de la mer.
La mer française doit produire avec la nature, jamais contre elle.
042. PREUVES D’ENTRÉE — VERSION CHIFFRÉEp. 4+
Une puissance géographique immense, mais encore insuffisamment transformée
La stratégie nationale Mer et Littoral 2024-2030 retient un espace maritime français d’environ 10,2 millions de kilomètres carrés, situé à près de 97 % dans les Outre-mer. La France dispose ainsi du deuxième espace maritime mondial et partage environ 22 860 kilomètres de frontières maritimes avec 32 États. (Ministère de la Transition écologique)
Cette géographie devrait placer la France parmi les premières puissances mondiales de production, de transformation, de recherche, de surveillance et de diplomatie maritimes.
Or l’étendue juridique ne produit pas automatiquement de la souveraineté réelle.
Une zone économique exclusive non surveillée, insuffisamment étudiée ou déconnectée des capacités portuaires reste une puissance théorique.
Un déficit commercial massif
La balance commerciale française des produits aquatiques a enregistré en 2024 un déficit d’environ 4,9 milliards d’euros, correspondant à un déséquilibre proche de 1,4 million de tonnes. (FranceAgriMer)
Ce déficit démontre que la France consomme bien davantage de produits aquatiques qu’elle n’est capable d’en produire ou d’en valoriser pour son marché intérieur.
L’objectif LPE n’est pas d’interdire les échanges ni de rechercher une autarcie artificielle.
Il est de réduire les dépendances évitables, de sécuriser les produits essentiels, d’améliorer la traçabilité, de renforcer les filières françaises et de cesser d’importer par défaut ce que nos territoires pourraient produire durablement.
Une pêche qui doit être protégée sans être surexploitée
Les débarquements de poissons en France hexagonale ont représenté environ 323 000 tonnes en 2023. Selon l’évaluation publiée par l’Ifremer, 58 % des volumes débarqués cette année-là provenaient de populations exploitées durablement. Ce résultat montre une amélioration réelle, mais signifie également qu’une part importante des captures demeure issue de populations qui ne peuvent pas encore être considérées comme exploitées au niveau de rendement durable. (Ifremer)
La pêche sauvage ne pourra donc pas porter seule une progression massive de la production.
Elle doit être protégée, mieux valorisée, mieux rémunérée et concentrée sur la qualité, la fraîcheur, la saisonnalité, la transformation locale et la valeur ajoutée.
Une aquaculture existante, mais trop limitée et trop concentrée
L’aquaculture marine française est dominée par la conchyliculture, avec environ 145 000 tonnes par an, tandis que la pisciculture marine représente autour de 43 000 tonnes. (Ifremer)
Cette base constitue un savoir-faire précieux, mais elle demeure trop faible au regard de la consommation française, de l’étendue du territoire maritime et du potentiel scientifique national.
Toute montée en puissance devra néanmoins éviter la concentration excessive, les densités dangereuses, les maladies, la pollution des fonds, la dépendance aux aliments importés et les conflits avec la pêche artisanale.
Une vie chère ultramarine qui révèle une dépendance structurelle
Les enquêtes de comparaison spatiale de l’Insee montrent qu’en 2022 les produits alimentaires étaient plus chers qu’en France métropolitaine d’environ 42 % en Guadeloupe, 40 % en Martinique, 39 % en Guyane, 37 % à La Réunion et 30 % à Mayotte. (Insee)
Ces écarts ne proviennent pas uniquement des produits de la mer. Ils constituent néanmoins la preuve d’un problème plus large : les territoires ultramarins restent trop dépendants de chaînes d’approvisionnement longues, d’importations coûteuses, de capacités de stockage limitées et de marchés parfois excessivement concentrés.
Un poisson capturé dans un espace maritime ultramarin ne doit pas parcourir plusieurs milliers de kilomètres, être transformé ailleurs, puis revenir plus cher dans l’assiette des habitants du territoire où il a été pêché.
La mer doit devenir l’un des outils de lutte contre la vie chère ultramarine.
Limites des données disponibles
Les statistiques françaises restent dispersées entre plusieurs administrations, opérateurs, territoires, criées, douanes, organismes scientifiques et collectivités.
Les données ne couvrent pas toujours de manière homogène :
- l’ensemble des collectivités ultramarines ;
- la pêche informelle ou vivrière ;
- les captures illégales ;
- les pertes après débarquement ;
- la valeur réellement conservée dans les territoires ;
- les marges des intermédiaires ;
- la transformation locale ;
- les flux interinsulaires ;
- l’état précis des infrastructures frigorifiques ;
- l’empreinte écologique complète des importations ;
- la capacité réelle de surveillance de chaque zone.
Le ministère créera donc une data room maritime unifiée et territorialisée.
Distinction obligatoire
Données officielles : surface maritime, volumes débarqués, commerce extérieur, production aquacole, prix, emplois, état des stocks, capacités portuaires.
Données calculées : taux de couverture des besoins, valeur conservée localement, coût logistique complet, potentiel de substitution aux importations, coût évité, émissions évitées.
Données à auditer : pertes, marges, capacités froides, pêche illégale, état réel des équipements, potentiel des différents bassins, dépendances énergétiques.
Projections du programme : trajectoire de production, baisse des importations, créations d’emplois, développement de l’algoculture, modernisation des flottes, diminution des écarts de prix.
L’objectif de progression pouvant tendre vers ×10 constitue une projection politique conditionnelle, et non une donnée acquise.
Il sera décliné par filière, par bassin et par territoire. Il pourra être réduit, suspendu ou réorienté si les plafonds écologiques, scientifiques, économiques ou territoriaux ne permettent pas de l’atteindre.
LPE ne promet pas une multiplication magique.
LPE organise une progression mesurable.
053. AUJOURD’HUIp. 6+
La France maritime vit dans un paradoxe permanent.
Elle dispose d’un espace immense, mais reste fortement dépendante des importations.
Elle possède des ports, mais ne transforme pas assez près des lieux de débarquement.
Elle possède des territoires répartis dans plusieurs océans, mais ceux-ci manquent encore d’équipements, de formations, de navires, de chaînes du froid et de débouchés régionaux.
Elle possède des pêcheurs expérimentés, mais beaucoup travaillent avec des marges faibles, des navires vieillissants, des coûts énergétiques élevés et une succession incertaine.
Elle possède des chercheurs et des organismes scientifiques reconnus, mais les résultats de la recherche sont trop lentement transformés en activités industrielles et territoriales.
Elle possède des chantiers navals, mais ne dispose pas encore d’une stratégie complète reliant la pêche, l’aquaculture, la propulsion propre, la robotique, la surveillance et les besoins ultramarins.
Une chaîne de valeur fragmentée
La politique maritime est encore trop souvent séparée en dossiers :
la pêche d’un côté ;
les ports d’un autre ;
les Outre-mer ailleurs ;
la protection du vivant dans une administration différente ;
la transformation dans une autre filière ;
l’énergie, le fret, l’industrie navale et la surveillance dans d’autres ministères.
Cette fragmentation empêche de penser la chaîne complète :
connaître, protéger, produire, débarquer, refroidir, transformer, conserver, transporter, distribuer, exporter et recycler.
Un port qui ne transforme pas laisse partir la valeur.
Une criée sans chaîne du froid limite la durée de commercialisation.
Une ferme marine sans contrôle scientifique prépare une crise.
Une ZEE sans moyens de surveillance attire le pillage.
Un territoire ultramarin sans capacité de transformation reste dépendant.
Une pêche artisanale fragilisée
La pêche côtière et artisanale subit :
- la hausse des coûts ;
- l’instabilité des revenus ;
- le vieillissement des navires ;
- la difficulté d’accès au financement ;
- les contraintes réglementaires mal coordonnées ;
- la concurrence de produits importés moins chers ;
- le manque de visibilité sur les quotas ;
- les tensions avec d’autres usages maritimes ;
- la difficulté à transmettre les entreprises ;
- la concentration de la valeur dans l’aval.
LPE refuse de demander aux pêcheurs d’être seuls responsables de la transition.
La protection du vivant est une responsabilité collective. Elle suppose que l’État contrôle les importations, lutte contre les fraudes, soutienne la modernisation, protège les zones de reproduction et garantisse une rémunération correcte des produits français.
Une aquaculture encore sous-développée
La France n’a pas encore construit une stratégie aquacole à la hauteur de sa consommation.
Les projets avancent lentement, les procédures manquent de lisibilité, les oppositions apparaissent parfois après des années de préparation et la recherche d’emplacements devient conflictuelle.
Dans le même temps, une aquaculture mal conçue peut provoquer pollution, maladies, échappées, dépendance alimentaire, opposition des populations et perte de confiance.
LPE ne choisit ni l’abandon ni le passage en force.
Chaque bassin devra être évalué, chaque technologie comparée et chaque projet soumis à des obligations de résultat écologique.
Des Outre-mer encore traités comme des périphéries
Les Outre-mer constituent le cœur géographique de la puissance maritime française, mais restent trop souvent traités comme des territoires à compenser.
Cette logique doit être renversée.
Ils doivent devenir :
- des bases de surveillance ;
- des centres de recherche ;
- des territoires de production ;
- des plateformes de transformation ;
- des écoles maritimes ;
- des ports régionaux ;
- des centres de maintenance ;
- des pôles de construction et de réparation ;
- des marchés de consommation prioritaire ;
- des acteurs directs de la diplomatie maritime régionale.
La valeur produite grâce aux espaces ultramarins ne peut plus repartir presque entièrement ailleurs.
Des littoraux sous tensions
Les littoraux concentrent des usages parfois contradictoires :
habitat ;
tourisme ;
ports ;
pêche ;
aquaculture ;
défense ;
énergies marines ;
biodiversité ;
navigation ;
culture ;
patrimoine ;
transport ;
protection contre l’érosion.
Sans planification claire, chaque projet devient un conflit local.
La puissance maritime devra donc respecter une règle :
Aucun développement massif sans cartographie préalable des usages, concertation territoriale, étude scientifique et protection des zones irremplaçables.
064. CE QUI A ÉTÉ FAIT JUSQU’ICIp. 8+
La France ne part pas de zéro.
Elle dispose d’une administration maritime, d’une Marine nationale, d’une action de l’État en mer, de services de sauvetage, d’instituts scientifiques, de lycées maritimes, d’établissements portuaires, de criées, de coopératives, de chantiers navals, de formations, de dispositifs européens et nationaux, d’aires marines protégées et de stratégies dédiées aux littoraux.
Des aides ont permis de soutenir certaines activités, de moderniser des équipements, d’améliorer la sécurité, de protéger des habitats et d’accompagner des transitions.
Des professionnels ont déjà transformé leurs pratiques.
Des pêcheurs participent à la connaissance scientifique.
Des entreprises développent des moteurs plus sobres, des outils de surveillance, des matériaux innovants, des fermes conchylicoles, des systèmes aquacoles fermés et de nouvelles valorisations des algues.
Les territoires ultramarins portent déjà des projets prometteurs.
LPE reconnaît ce travail.
Mais il manque encore une architecture nationale complète.
Les limites des politiques précédentes
La pêche a trop souvent été considérée comme une activité à maintenir sous perfusion plutôt que comme une filière stratégique à moderniser.
L’aquaculture a été évoquée sans disposer d’une planification claire, stable et territorialement acceptée.
Les ports ont été traités comme des infrastructures de transport, pas suffisamment comme des centres de souveraineté alimentaire, industrielle et énergétique.
La transformation locale a été insuffisamment reliée aux aides publiques.
Les politiques ultramarines ont trop souvent compensé les conséquences de la dépendance sans reconstruire les capacités productives permettant d’en sortir.
La surveillance maritime est restée dispersée face à l’immensité des espaces concernés.
Les données publiques ont été publiées sans toujours former un tableau de bord simple permettant au citoyen de relier les investissements aux résultats.
La protection écologique a parfois été vécue comme une règle imposée depuis le sommet, faute d’association suffisante des travailleurs et des habitants.
Inversement, certains projets économiques ont sous-estimé les conséquences paysagères, biologiques ou sociales, créant une méfiance durable.
Le changement de méthode
LPE ne détruit pas ce qui fonctionne.
LPE rassemble, clarifie, mesure et accélère.
Les institutions existantes seront utilisées lorsqu’elles remplissent leur mission. Elles seront coordonnées, renforcées ou corrigées lorsque leurs compétences se chevauchent ou que leurs résultats sont insuffisants.
La réforme ne consiste pas à ajouter une administration supplémentaire.
Elle consiste à créer une chaîne de commandement maritime lisible, associant production, protection, transformation, surveillance et territoire.
075. CE QUE NOUS CHANGEONSp. 9+
Nous changeons d’abord le regard porté sur la mer.
La mer n’est plus considérée comme une marge.
Elle devient l’un des piliers de la souveraineté française.
Première rupture : de la superficie à la puissance réelle
La France ne se contentera plus de revendiquer son rang maritime à partir de la taille de son espace.
Elle mesurera sa puissance par :
- sa capacité à surveiller ;
- sa capacité à connaître ;
- sa capacité à produire durablement ;
- sa capacité à transformer ;
- sa capacité à former ;
- sa capacité à protéger les travailleurs ;
- sa capacité à conserver la valeur localement ;
- sa capacité à réduire les dépendances ;
- sa capacité à préserver les écosystèmes.
Deuxième rupture : le ×10 devient une trajectoire d’utilité, pas une course au volume
La progression sera calculée en valeur utile globale.
Elle intégrera :
la production alimentaire ;
la transformation ;
la recherche ;
la construction navale ;
la réparation ;
les services portuaires ;
la robotique ;
les biotechnologies ;
les algues ;
les matériaux ;
la surveillance ;
la réduction des importations ;
les économies logistiques ;
les emplois créés ;
la valeur maintenue dans les territoires.
La multiplication de la valeur ne devra jamais être confondue avec la multiplication des prélèvements sauvages.
Troisième rupture : la pêche artisanale devient une filière premium protégée
La pêche côtière ne sera pas sacrifiée à la recherche de volumes industriels.
Elle sera orientée vers :
- la qualité ;
- la saisonnalité ;
- la traçabilité ;
- la vente locale ;
- la transformation courte ;
- la restauration collective ;
- la valorisation intégrale des captures ;
- la transmission des entreprises ;
- la modernisation énergétique.
Les pêcheurs participant à la protection des zones, à la collecte scientifique, au ramassage des déchets et à la surveillance du milieu pourront être rémunérés pour ces missions d’utilité publique.
Quatrième rupture : l’aquaculture contrôlée porte la montée en puissance
Le volume supplémentaire proviendra principalement de systèmes dont l’impact peut être mesuré et maîtrisé :
- conchyliculture ;
- pisciculture marine contrôlée ;
- aquaculture multitrophique ;
- systèmes en circuit fermé ;
- élevages à terre lorsque leur bilan global est préférable ;
- fermes offshore dans les zones compatibles ;
- écloseries françaises ;
- algoculture ;
- cultures marines régénératives.
Aucune technologie ne sera considérée comme propre par principe.
Elle devra en apporter la preuve.
Cinquième rupture : les algues deviennent une filière nationale
Les algues seront développées pour :
- l’alimentation humaine ;
- l’alimentation animale ;
- les fertilisants ;
- les matériaux ;
- les bioplastiques ;
- la cosmétique ;
- la pharmacie ;
- les molécules d’intérêt ;
- la dépollution ciblée ;
- la réduction de certaines dépendances agricoles ;
- la production d’ingrédients aquacoles.
Les algues peuvent devenir le blé maritime du XXIe siècle, à condition de ne pas reproduire les erreurs des monocultures intensives terrestres.
Sixième rupture : les ports froids deviennent des infrastructures stratégiques
Chaque bassin maritime prioritaire disposera d’une infrastructure adaptée comprenant, selon les besoins :
- débarquement sécurisé ;
- criée modernisée ;
- glace ;
- réfrigération ;
- congélation ;
- filetage ;
- conserverie ;
- fumaison ;
- contrôle sanitaire ;
- emballage ;
- valorisation des coproduits ;
- formation ;
- réparation navale ;
- production ou distribution énergétique ;
- raccordement logistique.
Les ports froids seront dimensionnés selon les volumes réels et pourront être mutualisés entre plusieurs communes ou îles.
Septième rupture : les Outre-mer produisent d’abord pour eux-mêmes
La priorité sera organisée en trois cercles :
1. consommation locale ; 2. échanges interinsulaires et régionaux ; 3. exportation nationale ou internationale.
Une aide publique ne pourra soutenir un projet d’exportation important tant que les besoins alimentaires locaux accessibles ne sont pas correctement intégrés.
La transformation, les emplois, les formations et une part significative de la propriété devront rester dans le territoire.
Huitième rupture : la surveillance précède l’exploitation
Aucune stratégie productive crédible ne peut exister sans protection des espaces maritimes.
Le déploiement de moyens de surveillance accompagnera toute ouverture de nouvelle activité :
- satellites ;
- drones ;
- radars ;
- patrouilleurs ;
- données de navigation ;
- contrôles portuaires ;
- coopération régionale ;
- justice spécialisée.
Une ZEE non surveillée n’est pas une richesse.
C’est une invitation au pillage.
Neuvième rupture : l’argent public achète des résultats
Les aides seront conditionnées à des engagements vérifiables :
- emplois créés ;
- apprentis formés ;
- valeur transformée localement ;
- réduction de l’empreinte ;
- maintien des équipements ;
- qualité de l’eau ;
- traçabilité ;
- accès des petites entreprises ;
- absence de discrimination ;
- respect des plafonds biologiques.
En cas d’échec non justifié, de fraude, de pollution dissimulée ou de délocalisation opportuniste, les aides pourront être suspendues ou récupérées dans des conditions prévues par la loi.
086. CADRAGE ET AUTORITÉp. 13+
Le ministère n°21 devient l’autorité de planification de la puissance maritime civile française.
Il ne remplace pas la Marine nationale, les collectivités, les établissements portuaires, les instituts scientifiques ou les professionnels.
Il organise leur cohérence.
L’État décide
L’État fixe :
- la stratégie maritime nationale ;
- les objectifs de souveraineté ;
- les plafonds écologiques ;
- la protection des zones économiques exclusives ;
- les normes sanitaires ;
- les règles de concessions ;
- les priorités de formation ;
- les objectifs de transformation locale ;
- les infrastructures stratégiques ;
- les conditions des aides publiques ;
- les positions françaises dans les négociations européennes et internationales.
Les territoires planifient
Les collectivités identifient les besoins, les capacités, les conflits d’usage, les sites possibles et les infrastructures prioritaires.
Aucune carte maritime nationale ne sera considérée comme complète sans déclinaison territoriale.
La science autorise, alerte et peut bloquer
Une autorité scientifique pluraliste évalue :
- l’état des espèces ;
- la capacité de charge ;
- la qualité de l’eau ;
- les maladies ;
- les risques d’échappée ;
- les effets cumulés ;
- les interactions avec les habitats ;
- les conséquences climatiques ;
- la viabilité des mesures compensatoires.
Un projet économiquement rentable pourra être refusé s’il dépasse les capacités du milieu.
La science ne gouverne pas seule, mais aucune décision politique ne pourra ignorer silencieusement une alerte grave documentée.
Toute décision passant outre un avis scientifique défavorable devra être motivée publiquement et pourra faire l’objet d’un recours.
L’Armée protège
La Marine nationale contribue, dans le cadre de ses missions et sous l’autorité constitutionnelle compétente, à la protection des espaces, à la connaissance maritime, à la lutte contre les trafics et à la défense de la souveraineté.
Les moyens militaires ne seront pas détournés de leurs priorités stratégiques. Ils seront complétés par des moyens civils, douaniers, satellitaires et coopératifs.
La Justice sanctionne
Les atteintes graves aux espaces maritimes, la pêche illégale organisée, la fraude à l’origine, la corruption, la destruction volontaire de données environnementales, les ententes anticoncurrentielles et les pollutions dissimulées devront faire l’objet de procédures rapides et spécialisées.
Les sanctions devront être certaines, réparatrices, dissuasives et proportionnées.
Le citoyen contrôle
Le tableau de bord public permettra de suivre :
- les dépenses ;
- les concessions ;
- les résultats ;
- les incidents ;
- les contrôles ;
- les sanctions ;
- les emplois ;
- les prix ;
- les données environnementales.
Voir pour comprendre.
Comprendre pour corriger.
Doctrine interministérielle
La mer produit.
L’Armée protège.
L’Industrie équipe.
L’Agriculture transforme et distribue.
L’Écologie fixe les garde-fous.
Le Numérique trace.
Le Budget finance les actifs réels.
La Justice sanctionne.
Les Affaires étrangères négocient.
Les Mobilités relient les ports.
Les Outre-mer ancrent la puissance.
Le ministère n°21 commande la cohérence de l’ensemble.
097. COMPÉTENCES TERRITORIALESp. 14+
La stratégie maritime ne peut pas être entièrement centralisée.
La mer change selon les façades, les espèces, les profondeurs, les climats, les usages et les cultures locales.
L’État fixe les objectifs et les garanties communes. Les territoires organisent leur application.
Compétences de l’État
L’État conserve la responsabilité de :
- la souveraineté maritime ;
- la sécurité nationale ;
- la représentation internationale ;
- la police des espaces maritimes relevant de sa compétence ;
- la définition des normes nationales ;
- la négociation européenne ;
- la protection des données stratégiques ;
- la planification des ports d’intérêt national ;
- la surveillance des grandes infrastructures ;
- la recherche fondamentale ;
- la lutte contre les réseaux illégaux ;
- l’homologation des technologies sensibles ;
- les régimes nationaux d’aides et de fiscalité.
Il fixe également la trajectoire de réduction des dépendances et les seuils minimaux de transformation locale.
Compétences des régions
Les régions élaborent un plan maritime productif territorial comprenant :
- filières prioritaires ;
- besoins de formation ;
- capacités portuaires ;
- cartographie des usages ;
- zones de pêche ;
- potentiel aquacole ;
- potentiel algal ;
- besoins industriels ;
- logistique ;
- énergie ;
- recherche ;
- tourisme maritime ;
- patrimoine littoral ;
- adaptation climatique.
Elles coordonnent les lycées maritimes, les formations professionnelles, les entreprises et les programmes d’innovation.
Compétences des départements
Les départements interviennent notamment sur :
- les ports relevant de leurs compétences ;
- les mobilités locales ;
- la sécurité littorale ;
- les collèges ;
- l’insertion ;
- les infrastructures sociales ;
- l’accès des personnes handicapées ;
- les actions sanitaires et vétérinaires coordonnées ;
- la prévention des risques ;
- l’accompagnement des petites communes.
Ils pourront mutualiser les équipements froids et logistiques entre plusieurs ports.
Compétences des communes et intercommunalités
Les communes identifient :
- le foncier utile ;
- les besoins des pêcheurs ;
- les ateliers de transformation ;
- les zones de réparation ;
- les conflits d’usage ;
- les risques littoraux ;
- les accès au port ;
- les besoins touristiques ;
- la protection paysagère ;
- les circuits courts ;
- les besoins des habitants.
Elles disposent d’un droit d’alerte lorsqu’un projet menace durablement leur équilibre économique, paysager ou social.
Ce droit d’alerte ne constitue pas un droit de blocage absolu, mais impose une nouvelle instruction publique et motivée.
Compétences renforcées des Outre-mer
Les collectivités ultramarines bénéficient d’une gouvernance adaptée à leurs statuts et d’un rôle stratégique renforcé.
Elles participent directement à :
- la planification des concessions ;
- la définition des priorités alimentaires ;
- l’organisation des formations ;
- le contrôle des effets sur les prix ;
- la localisation des infrastructures ;
- la coopération régionale ;
- la protection des lagons ;
- la surveillance des zones ;
- la valorisation des savoir-faire locaux ;
- la sélection des filières exportatrices.
Aucun projet maritime majeur développé dans un territoire ultramarin ne pourra être décidé uniquement depuis Paris.
La gouvernance devra associer l’État, la collectivité compétente, les communes concernées, les professionnels, les scientifiques et des représentants citoyens.
Rôle des citoyens
Les citoyens disposent :
- d’un accès aux données non protégées ;
- d’un droit d’alerte ;
- d’un droit de contribution aux consultations ;
- d’un accès aux études d’impact ;
- d’une information sur les concessions ;
- d’un suivi des engagements ;
- de voies de recours adaptées ;
- d’un droit à la traçabilité des produits.
Rôle des professionnels
Les pêcheurs, aquaculteurs, transformateurs, salariés portuaires, associations, chercheurs et entreprises participent aux conseils de bassin.
Ils ne disposent pas d’un droit de veto sur l’intérêt général, mais aucune décision durable ne pourra être prise sans leur expertise pratique.
Règle finale de répartition
L’État garantit la souveraineté.
La science garantit les limites.
Les territoires garantissent l’ancrage.
Les professionnels garantissent l’exécution.
Le peuple garantit la correction.
108. ARCHITECTURE PUBLIC / PRIVÉ / MUTUALISÉ / CAPITALISÉp. 17+
La puissance maritime française ne sera ni abandonnée au marché, ni enfermée dans une administration incapable de produire.
Elle reposera sur une architecture claire où chaque acteur intervient à l’endroit où il est réellement utile.
Le principe est simple :
Le public protège la souveraineté et le temps long. Le privé produit et innove sous contrôle. Le mutualisé rend les outils accessibles. Le capitalisé construit les actifs durables.
Le domaine public
Le secteur public conserve la responsabilité de tout ce qui ne peut pas dépendre uniquement de la rentabilité immédiate :
- la stratégie maritime nationale ;
- la protection des zones économiques exclusives ;
- la police en mer ;
- la sécurité des populations ;
- la défense des intérêts nationaux ;
- la recherche fondamentale ;
- la surveillance scientifique des écosystèmes ;
- la délivrance et le contrôle des concessions ;
- les normes sanitaires et environnementales ;
- les données stratégiques ;
- les infrastructures maritimes indispensables ;
- la formation initiale ;
- la lutte contre les discriminations ;
- la protection des consommateurs ;
- la prévention des monopoles ;
- la continuité territoriale ultramarine.
Les ports, les infrastructures de surveillance, les données scientifiques, les zones de refuge, les accès stratégiques et les moyens de contrôle ne pourront pas être abandonnés à des intérêts dont la priorité serait uniquement financière.
La souveraineté maritime n’est pas un service à sous-traiter entièrement.
Le privé contrôlé
Le secteur privé conserve un rôle majeur dans :
- la pêche ;
- l’aquaculture ;
- l’algoculture ;
- la transformation ;
- la construction navale ;
- la réparation ;
- la logistique ;
- le froid ;
- la robotique ;
- les biotechnologies ;
- les équipements ;
- les logiciels maritimes ;
- les moteurs ;
- les batteries ;
- la valorisation des coproduits ;
- la commercialisation ;
- les services portuaires.
LPE ne cherche pas à nationaliser l’ensemble de l’économie maritime.
Elle fixe cependant une condition :
Aucun acteur privé ne pourra recevoir une concession, un avantage fiscal, une garantie publique ou une aide importante sans obligations vérifiables.
Ces obligations pourront porter sur :
- la localisation des emplois ;
- la formation ;
- la transformation locale ;
- la qualité environnementale ;
- la transparence des marges ;
- la conservation des équipements ;
- la transmission des données ;
- la lutte contre les discriminations ;
- l’accès des petites entreprises ;
- la participation du territoire à la valeur créée.
Le contrat public ne financera pas une simple promesse de production.
Il financera un résultat contrôlable.
Le mutualisé
Certaines infrastructures sont trop coûteuses pour être supportées par un seul pêcheur, une seule commune ou une petite entreprise.
Elles devront être mutualisées :
- criées ;
- chambres froides ;
- fabriques de glace ;
- conserveries locales ;
- laboratoires sanitaires ;
- ateliers de réparation ;
- stations de recharge ;
- équipements de manutention ;
- plateformes logistiques ;
- logiciels de traçabilité ;
- centres de formation ;
- réseaux de données ;
- moyens de surveillance côtière ;
- équipements de valorisation des déchets ;
- écloseries ;
- outils de transformation ;
- plateformes de commercialisation.
La mutualisation pourra être organisée par une coopérative, une société d’économie mixte, un établissement public, une collectivité, un groupement d’entreprises ou une structure territoriale adaptée.
L’objectif est d’éviter que seuls les grands groupes puissent accéder aux outils modernes.
Une petite entreprise maritime ne doit pas mourir parce qu’elle ne peut pas financer seule un congélateur industriel, un laboratoire ou un atelier naval.
Le capitalisé
La politique maritime doit construire des actifs réels qui resteront utiles pendant plusieurs décennies :
- navires ;
- ports ;
- quais ;
- digues ;
- ateliers ;
- entrepôts ;
- usines de transformation ;
- chaînes du froid ;
- fermes aquacoles ;
- installations algales ;
- écloseries ;
- laboratoires ;
- bases de surveillance ;
- écoles ;
- chantiers navals ;
- infrastructures énergétiques ;
- réseaux de données ;
- moyens satellitaires ;
- réserves de pièces ;
- savoir-faire ;
- brevets ;
- contrats régionaux ;
- compétences humaines.
La dépense publique ne sera donc pas seulement évaluée par son coût annuel.
Elle sera évaluée par l’actif durable créé, la dépendance évitée, l’emploi consolidé, la ressource protégée et la valeur conservée dans le territoire.
Le préventif
Le préventif comprend :
- la surveillance de la qualité de l’eau ;
- le contrôle sanitaire ;
- la détection des maladies ;
- le suivi des stocks ;
- l’entretien des infrastructures ;
- la formation à la sécurité ;
- la surveillance météo ;
- la prévention des accidents ;
- l’adaptation aux risques littoraux ;
- le contrôle des équipements ;
- la protection des zones de reproduction ;
- la prévention des conflits d’usage.
Prévenir une pollution coûte moins cher que réparer un bassin détruit.
Prévenir une panne coûte moins cher que perdre une saison de pêche.
Former un marin coûte moins cher que réparer un accident évitable.
Le correctif
Le correctif intervient lorsque le système a échoué :
- fermeture temporaire d’une zone ;
- retrait ou suspension d’une concession ;
- dépollution ;
- saisie des produits illégaux ;
- réparation des victimes ;
- remboursement d’aides ;
- remplacement d’un gestionnaire défaillant ;
- démantèlement d’une installation dangereuse ;
- sanctions économiques ;
- exclusion temporaire des marchés publics ;
- restauration écologique ;
- plan de continuité pour les travailleurs.
La protection des salariés et des petits fournisseurs de bonne foi devra être organisée lorsqu’une entreprise est sanctionnée.
La faute d’un dirigeant ne doit pas automatiquement détruire la vie de ceux qui n’y ont pas participé.
Le contrôle anti-discrimination
Chaque grande aide, concession ou marché public devra comporter :
- une clause de non-discrimination ;
- une procédure de signalement ;
- un suivi des recrutements ;
- un contrôle de l’accès à la formation ;
- une vérification de l’égalité de traitement ;
- une voie de réparation ;
- une sanction contractuelle en cas de manquement grave.
Les habitants ultramarins ne pourront pas être cantonnés aux emplois les moins qualifiés pendant que les postes de commandement sont systématiquement attribués à des personnels extérieurs.
La formation, la progression et l’accès aux responsabilités devront être mesurés.
Règle de clôture
Le public ne doit pas étouffer la production.
Le privé ne doit pas capturer la souveraineté.
Le mutualisé doit empêcher l’exclusion.
Le capitalisé doit préparer l’avenir.
119. RESPONSABILITÉ CITOYENNEp. 20+
La politique maritime ne peut pas être réservée aux administrations, aux experts ou aux professionnels.
La mer appartient au patrimoine commun de la nation.
Chaque citoyen doit pouvoir comprendre comment elle est protégée, exploitée, financée et transmise.
Droits du citoyen
Le citoyen a droit :
- à des produits maritimes traçables ;
- à une information claire sur leur origine ;
- à une distinction entre pêche sauvage, élevage, transformation et réétiquetage ;
- à la publication des contrôles sanitaires ;
- à la connaissance des principales concessions ;
- à l’accès aux études d’impact non confidentielles ;
- à la transparence sur les aides publiques ;
- à la protection des littoraux ;
- à la consultation sur les grands projets ;
- à un recours effectif ;
- à une information sur les risques ;
- à la publication des incidents écologiques ;
- à la preuve des résultats obtenus.
Un produit « français » ne devra pas être présenté de manière trompeuse lorsqu’il a seulement été emballé ou transformé en France à partir d’une matière première importée.
L’étiquette devra distinguer clairement :
- le lieu de capture ou d’élevage ;
- le pavillon du navire ;
- le lieu de débarquement ;
- le lieu de transformation ;
- le mode de production ;
- la date ;
- les éventuels traitements ;
- la distance principale parcourue.
Devoirs du citoyen
La responsabilité citoyenne comprend également :
- le respect des zones protégées ;
- le respect des tailles minimales ;
- la déclaration des activités lorsqu’elle est obligatoire ;
- le refus d’acheter des produits manifestement illégaux ;
- le signalement des pollutions ;
- la protection des équipements publics ;
- la réduction des déchets ;
- la participation aux consultations ;
- le respect des travailleurs maritimes ;
- la vigilance face aux fausses informations.
La pêche de loisir devra rester possible, mais être encadrée lorsque son cumul produit un effet significatif sur certaines espèces.
Les règles devront être simples, compréhensibles et contrôlées.
Responsabilité du pêcheur
Le pêcheur professionnel a droit :
- à une rémunération digne ;
- à des règles stables ;
- à une protection contre la concurrence illégale ;
- à un accès équitable aux infrastructures ;
- à des solutions de financement ;
- à une représentation réelle ;
- à une transition énergétique adaptée ;
- à la reconnaissance de son savoir pratique.
En contrepartie, il doit respecter :
- les quotas ;
- les périodes ;
- les zones ;
- la sécurité ;
- la traçabilité ;
- les contrôles ;
- la déclaration des captures ;
- les interdictions temporaires ;
- les règles de protection du vivant.
La fraude organisée ne sera pas confondue avec l’erreur de bonne foi.
Une erreur déclarative mineure pourra faire l’objet d’une correction accompagnée.
Une fraude volontaire, répétée ou structurée sera sanctionnée fermement.
Responsabilité de l’aquaculteur
L’aquaculteur a droit :
- à des procédures plus lisibles ;
- à une visibilité suffisante ;
- à l’accès au financement ;
- à la formation ;
- à la recherche ;
- à des infrastructures adaptées ;
- à une protection contre les blocages arbitraires.
Il doit en retour assurer :
- la qualité de l’eau ;
- le bien-être adapté des espèces ;
- la prévention des maladies ;
- la maîtrise des rejets ;
- la déclaration des traitements ;
- la prévention des échappées ;
- la traçabilité de l’alimentation ;
- le contrôle des densités ;
- la transparence des incidents ;
- la restauration du site en fin d’exploitation.
Responsabilité des distributeurs
Les distributeurs devront :
- publier l’origine réelle ;
- éviter les marges abusives ;
- transmettre les baisses de coûts ;
- respecter les délais de paiement ;
- ne pas imposer de conditions destructrices aux producteurs ;
- participer à la lutte contre le gaspillage ;
- signaler les anomalies de traçabilité ;
- ne pas entretenir artificiellement la vie chère.
Lorsque des aides publiques abaissent le coût logistique ou énergétique, l’effet devra atteindre le consommateur.
L’aide ne doit pas devenir une marge supplémentaire cachée.
Droit d’alerte maritime
Un droit d’alerte sécurisé sera ouvert aux :
- professionnels ;
- scientifiques ;
- salariés ;
- associations ;
- habitants ;
- agents publics ;
- consommateurs.
Il pourra porter sur :
- pollution ;
- fraude ;
- pêche illégale ;
- corruption ;
- falsification de données ;
- discrimination ;
- risque sanitaire ;
- danger pour la navigation ;
- atteinte grave au vivant ;
- détournement d’aide publique.
Le lanceur d’alerte de bonne foi devra être protégé contre les représailles.
Contrôle populaire
Le 2 de chaque mois, l’espace civique national rendra accessibles les principaux flux maritimes publics du mois précédent :
- aides engagées ;
- projets financés ;
- concessions attribuées ;
- contrôles réalisés ;
- sanctions prononcées ;
- incidents déclarés ;
- évolution des prix ;
- créations d’emplois ;
- résultats écologiques disponibles.
Les données stratégiques de défense et les secrets protégés resteront exclus.
La transparence ne doit pas désarmer la France.
Elle doit empêcher l’opacité inutile.
1210. BASE JURIDIQUEp. 23+
La réforme maritime exigera une loi de programmation maritime productive, écologique et ultramarine.
Cette loi fixera les objectifs, les moyens, les compétences, les garanties, les contrôles et les trajectoires sur dix ans.
Contenu de la loi-cadre
La loi devra notamment prévoir :
- la trajectoire nationale de souveraineté maritime ;
- le principe de plafond écologique ;
- la programmation des ports froids ;
- la planification de l’aquaculture ;
- le développement de l’algoculture ;
- les règles de transformation locale ;
- la modernisation des flottes ;
- la surveillance des ZEE ;
- la protection de la pêche artisanale ;
- les obligations de traçabilité ;
- les règles de gouvernance ultramarine ;
- le contrôle des aides publiques ;
- la lutte contre la vie chère ;
- la prévention des monopoles ;
- la protection des littoraux ;
- la publication des données ;
- le droit d’alerte ;
- les mécanismes de correction ;
- les voies de recours.
Compatibilité constitutionnelle
La réforme devra respecter :
- le droit de propriété ;
- la liberté d’entreprendre ;
- l’égalité devant la loi ;
- la protection de l’environnement ;
- la libre administration des collectivités ;
- les compétences particulières des territoires ultramarins ;
- le droit au recours ;
- la proportionnalité des sanctions ;
- les exigences de sécurité juridique ;
- les droits de la défense.
Une concession maritime ne constitue pas une propriété définitive sur l’espace accordé.
Elle confère un droit d’usage limité, conditionnel, contrôlable et révocable selon les règles prévues par la loi et le contrat.
Toute suspension ou révocation devra reposer sur des motifs précis, une procédure contradictoire et une possibilité de recours, sauf urgence grave nécessitant une mesure conservatoire immédiate.
Compatibilité européenne
La France agira dans le respect :
- de la politique commune de la pêche ;
- des règles européennes relatives aux aides d’État ;
- du droit de la concurrence ;
- des normes sanitaires ;
- des règles environnementales ;
- du marché intérieur ;
- des engagements maritimes communs ;
- des règles de commande publique.
Elle défendra cependant activement une évolution des règles lorsque celles-ci empêchent la souveraineté alimentaire, la protection écologique réelle ou la modernisation des petites flottes.
La coopération européenne ne doit pas conduire à accepter une concurrence fondée sur des normes sociales, sanitaires ou environnementales inférieures.
Conditionnalité des importations
Dans le respect du droit européen et international, la France défendra :
- des clauses miroirs ;
- une meilleure traçabilité ;
- des contrôles renforcés ;
- l’interdiction des produits issus de pratiques illégales ;
- la vérification des conditions sanitaires ;
- la lutte contre le travail forcé ;
- la prise en compte de l’empreinte environnementale ;
- des sanctions contre les falsifications d’origine.
Un produit importé ne doit pas bénéficier d’un avantage construit sur ce qui serait interdit à un producteur français.
Droits fondamentaux
La transition maritime devra protéger :
- les travailleurs ;
- les petits producteurs ;
- les consommateurs ;
- les habitants ;
- les peuples et communautés concernés selon leur statut juridique ;
- les générations futures ;
- l’accès équitable à la ressource ;
- la santé ;
- l’environnement ;
- la dignité ;
- la non-discrimination.
La protection du vivant ne pourra pas servir de prétexte à une expropriation économique sans accompagnement.
Inversement, la protection de l’emploi ne pourra pas justifier la destruction durable d’une ressource commune.
Régime des sanctions
Les sanctions pourront comprendre :
- avertissement ;
- mise en conformité ;
- suspension ;
- retrait de licence ;
- fermeture temporaire ;
- saisie ;
- restitution d’aides ;
- réparation écologique ;
- amende proportionnée ;
- exclusion des marchés ;
- interdiction de direction ;
- poursuite pénale pour les faits les plus graves.
La sanction devra tenir compte :
- de l’intention ;
- de la gravité ;
- du dommage ;
- de la répétition ;
- de la coopération ;
- de la dissimulation ;
- du bénéfice tiré ;
- des moyens de l’auteur.
Une entreprise ne pourra pas considérer l’amende comme un simple coût d’exploitation.
Le montant pourra intégrer l’avantage économique obtenu.
Protection de la bonne foi
Le système distinguera :
- l’erreur isolée ;
- l’infraction technique rapidement corrigée ;
- la négligence grave ;
- la fraude volontaire ;
- l’organisation structurée du contournement.
Les citoyens, pêcheurs, petites entreprises et collectivités de bonne foi bénéficieront de dispositifs de mise en conformité, de médiation et d’accompagnement.
La protection de la bonne foi ne couvrira jamais la dissimulation volontaire d’un danger ou d’une pollution.
Plan juridique A
Adoption d’une loi nationale complète compatible avec le cadre européen existant.
Plan juridique B
Négociation d’adaptations européennes, mobilisation des dérogations territoriales, utilisation des clauses environnementales, sanitaires, sociales et de sécurité alimentaire disponibles.
Plan juridique C
Lorsque le droit existant bloque une politique indispensable, la France proposera une révision des textes européens ou internationaux concernés et construira une coalition d’États partageant les mêmes intérêts.
La souveraineté ne consiste pas à ignorer le droit.
Elle consiste à savoir le modifier lorsqu’il ne protège plus correctement l’intérêt général.
1311. MOYENS ET MÉTIERSp. 26+
La puissance maritime ne se décrète pas.
Elle exige des navires, des ports, des écoles, des ingénieurs, des ouvriers, des marins, des chercheurs, des agents publics et une chaîne logistique complète.
Moyens stratégiques
Le ministère mobilisera progressivement :
- un fonds de modernisation de la flotte ;
- un programme national de ports froids ;
- un fonds d’aquaculture contrôlée ;
- un plan algues ;
- un programme de transformation locale ;
- un plan ultramarin de souveraineté maritime ;
- un programme de surveillance des ZEE ;
- un plan de construction et réparation navales ;
- un réseau de laboratoires ;
- un plan de formation ;
- un programme de décarbonation adapté aux usages ;
- un fonds de recherche et d’expérimentation ;
- une plateforme nationale de données ;
- des moyens de contrôle renforcés ;
- un programme de restauration écologique ;
- des outils de financement coopératif.
Modernisation de la flotte
La modernisation sera différenciée selon les usages.
Flotte côtière
Priorité à :
- l’électrique lorsque l’autonomie le permet ;
- l’hybride ;
- la réduction de masse ;
- l’amélioration hydrodynamique ;
- les équipements sobres ;
- la recharge portuaire ;
- la sécurité ;
- le confort de travail ;
- la réduction du bruit.
Flotte semi-hauturière
Priorité à :
- l’hybridation ;
- l’optimisation des routes ;
- les carburants alternatifs validés ;
- la récupération énergétique ;
- l’amélioration des moteurs ;
- la réduction de la consommation ;
- la production électrique embarquée ;
- l’assistance numérique.
Flotte hauturière
La transition tiendra compte des contraintes réelles d’autonomie, de sécurité et de puissance.
Aucune motorisation ne sera imposée si elle met les équipages en danger ou rend la mission impossible.
La recherche portera sur :
- carburants bas-carbone ;
- méthanol ;
- hydrogène pour les usages compatibles ;
- propulsion vélique assistée ;
- optimisation ;
- nouvelles architectures navales ;
- captation des émissions lorsque pertinente ;
- sobriété opérationnelle.
La doctrine est :
Électrique là où c’est logique. Hybride là où c’est nécessaire. Bas-carbone là où l’autonomie l’exige.
Moyens de surveillance
La surveillance mobilisera :
- satellites ;
- radars ;
- drones aériens ;
- drones marins ;
- patrouilleurs ;
- avions ;
- données AIS ;
- intelligence artificielle de détection ;
- contrôles portuaires ;
- coopération internationale ;
- renseignement maritime ;
- signalements professionnels ;
- moyens douaniers ;
- capacités judiciaires.
L’intelligence artificielle pourra détecter des trajectoires anormales, mais aucune sanction ne sera prononcée automatiquement sans vérification humaine et procédure contradictoire.
Métiers critiques
Les métiers à renforcer comprennent :
- pêcheurs ;
- marins ;
- aquaculteurs ;
- conchyliculteurs ;
- algoculteurs ;
- biologistes marins ;
- océanographes ;
- vétérinaires aquacoles ;
- ingénieurs offshore ;
- techniciens de cages ;
- plongeurs professionnels ;
- frigoristes ;
- transformateurs ;
- ouvriers de conserverie ;
- logisticiens ;
- mécaniciens navals ;
- chaudronniers ;
- soudeurs ;
- électriciens maritimes ;
- électroniciens ;
- hydrogénistes ;
- spécialistes des batteries ;
- architectes navals ;
- roboticiens ;
- pilotes de drones ;
- analystes de données ;
- contrôleurs ;
- inspecteurs sanitaires ;
- juristes maritimes ;
- magistrats spécialisés ;
- agents portuaires ;
- formateurs ;
- chercheurs ;
- gardes du littoral ;
- experts de la restauration écologique ;
- professionnels de la sécurité en mer.
Formation
Les lycées maritimes, universités, écoles d’ingénieurs, centres de formation, armées, entreprises et collectivités seront réunis dans un plan national de compétences.
Les formations devront intégrer :
- sécurité ;
- écologie marine ;
- numérique ;
- maintenance ;
- droit maritime ;
- transformation ;
- énergie ;
- gestion ;
- langues régionales et étrangères utiles ;
- coopération régionale ;
- lutte contre les discriminations ;
- entrepreneuriat ;
- transmission d’entreprise.
Priorité ultramarine
Des écoles et centres maritimes renforcés seront développés dans les territoires ultramarins.
Les jeunes locaux devront pouvoir se former sans être systématiquement contraints de partir durablement dans l’Hexagone.
Des échanges resteront possibles et encouragés, mais la compétence devra revenir dans le territoire.
Attractivité des métiers
La stratégie maritime devra améliorer :
- les rémunérations ;
- les conditions de travail ;
- la sécurité ;
- les rythmes ;
- le logement dans les zones portuaires ;
- la garde des enfants ;
- l’accès aux soins ;
- la reconnaissance des qualifications ;
- les perspectives de carrière ;
- la transmission des entreprises.
Le travail maritime doit élever celui qui le porte.
Il ne doit pas épuiser des hommes et des femmes pour nourrir une chaîne de valeur qui les oublie.
1412. PLAN DES 100 JOURSp. 29+
Les cent premiers jours ne produiront pas artificiellement une puissance maritime complète.
Ils installeront le commandement, la preuve, la loi et les premiers projets.
Acte 1 — Jours 1 à 10 : commandement national
Annonce présidentielle :
La mer française ne doit plus être grande seulement sur la carte.
Création de l’état-major maritime productif national.
Cet état-major réunit :
- ministère de la Mer ;
- Armée ;
- Écologie ;
- Industrie ;
- Agriculture ;
- Budget ;
- Outre-mer ;
- Affaires étrangères ;
- Mobilités ;
- Numérique ;
- Justice ;
- Santé ;
- représentants territoriaux ;
- scientifiques ;
- professionnels.
Ses missions immédiates :
- unifier les données ;
- identifier les blocages ;
- définir les urgences ;
- fixer les premiers objectifs ;
- établir la chaîne de responsabilité.
Acte 2 — Jours 11 à 30 : audit national
L’audit couvre :
- flottes ;
- ports ;
- criées ;
- chambres froides ;
- transformation ;
- importations ;
- exportations ;
- aquaculture ;
- algues ;
- recherche ;
- emploi ;
- formation ;
- surveillance ;
- pêche illégale ;
- prix ultramarins ;
- dépendance énergétique ;
- concurrence ;
- monopoles ;
- risques écologiques ;
- conflits d’usage ;
- capacités industrielles ;
- dispositifs existants.
Chaque donnée est classée :
- officielle ;
- calculée ;
- à auditer ;
- à actualiser ;
- projection programme.
Les territoires pourront signaler les erreurs ou les données manquantes.
Acte 3 — Jours 31 à 50 : cartographie des bassins
La France établit une cartographie nationale distinguant :
- zones de pêche ;
- zones de reproduction ;
- zones interdites ;
- zones aquacoles potentielles ;
- zones algales ;
- infrastructures portuaires ;
- capacités énergétiques ;
- risques climatiques ;
- patrimoine ;
- tourisme ;
- défense ;
- navigation ;
- besoins locaux ;
- conflits d’usage ;
- opportunités régionales.
Cette cartographie ne vaut pas autorisation automatique.
Elle sert à éviter les projets absurdes, contradictoires ou dangereux.
Acte 4 — Jours 51 à 70 : choix des sites pilotes
Sélection des premiers projets :
- ports froids ;
- conserveries locales ;
- fermes aquacoles ;
- fermes d’algues ;
- navires propres ;
- plateformes de traçabilité ;
- écoles maritimes ;
- moyens de surveillance ;
- projets anti-vie chère ;
- ateliers navals.
Les critères sont publics :
- besoin ;
- utilité ;
- maturité ;
- impact ;
- emploi ;
- gouvernance ;
- capacité locale ;
- coût ;
- rapidité ;
- réversibilité ;
- soutien territorial.
Acte 5 — Jours 71 à 85 : loi de programmation
Dépôt au Parlement de la loi maritime productive, écologique et ultramarine.
Le texte comprend :
- objectifs ;
- financements ;
- gouvernance ;
- droits ;
- contrôles ;
- sanctions ;
- recours ;
- trajectoire ;
- indicateurs ;
- clause de révision.
Les résultats de l’audit sont transmis avec le projet de loi.
Acte 6 — Jours 86 à 100 : lancement visible
Lancement :
- des premiers travaux portuaires ;
- des premières formations ;
- des premiers appels à projets ;
- du portail de traçabilité ;
- des premières mesures de surveillance ;
- des négociations régionales ;
- des expérimentations énergétiques ;
- du tableau de bord public ;
- des premières mesures ultramarines sur les prix.
La fin des cent jours devra produire des décisions visibles, des contrats signés, des responsabilités identifiées et un calendrier public.
LPE ne finance pas des annonces.
LPE finance des preuves.
1513. EXÉCUTION ANNÉE 1 À 5 + HORIZON 10 ANSp. 32+
Année 1 — Voir et amorcer
La première année est celle de la connaissance, de la loi et des premiers actifs.
Objectifs :
- adopter la loi-cadre ;
- achever l’audit ;
- créer la data room ;
- lancer les premiers ports froids ;
- sélectionner les bassins pilotes ;
- renforcer la surveillance ;
- ouvrir les premières formations ;
- financer la modernisation des premiers navires ;
- lancer le plan algues ;
- créer les premières unités ultramarines de transformation ;
- identifier les monopoles et goulets logistiques ;
- publier les premiers tableaux de bord.
Aucune promesse de baisse générale immédiate ne sera formulée.
Les premiers effets devront cependant apparaître dans les territoires pilotes.
Année 2 — Construire les chaînes
La deuxième année relie la production aux infrastructures.
Objectifs :
- déployer les premiers ports froids ;
- étendre les ateliers de transformation ;
- ouvrir des unités de conservation ;
- moderniser les criées ;
- lancer les premières fermes contrôlées ;
- développer les écloseries ;
- financer les premiers navires électriques ou hybrides ;
- équiper les ports ;
- renforcer les écoles ;
- signer les premiers accords régionaux ;
- améliorer les circuits interinsulaires ;
- déployer les contrôles de traçabilité.
Les aides sont ajustées selon les résultats réels.
Année 3 — Changer d’échelle
La troisième année doit rendre les effets visibles.
Objectifs :
- accroître la production aquacole validée ;
- augmenter la production algale ;
- transformer davantage localement ;
- réduire certaines importations ciblées ;
- développer l’export régional ultramarin ;
- former plusieurs milliers de jeunes et d’adultes ;
- améliorer la couverture radar et satellitaire ;
- déployer les outils numériques ;
- réduire les pertes ;
- faire apparaître une baisse mesurable des prix sur certains produits dans les territoires pilotes.
Les filières qui échouent seront corrigées ou arrêtées.
La poursuite d’un projet ne sera jamais justifiée uniquement par l’argent déjà dépensé.
Année 4 — Consolider l’industrie maritime
La quatrième année doit installer un écosystème industriel complet :
- chantiers navals renforcés ;
- pièces produites en France ;
- maintenance locale ;
- robotique ;
- batteries marines ;
- propulsion hybride ;
- équipements aquacoles ;
- froid industriel ;
- transformation ;
- biotechnologies ;
- valorisation des coproduits ;
- recherche appliquée.
Les territoires ultramarins devront accueillir une part croissante des activités techniques et de commandement.
Année 5 — Installer la chaîne nationale
À la fin de la cinquième année, la chaîne suivante devra fonctionner dans plusieurs bassins :
mer → port → froid → transformation → fret → distribution → consommation → export → recyclage.
Les résultats attendus sont :
- pêche artisanale mieux valorisée ;
- aquaculture contrôlée en croissance ;
- algoculture installée ;
- ports froids fonctionnels ;
- flotte plus sobre ;
- surveillance renforcée ;
- importations réduites sur certaines catégories ;
- emplois créés ;
- valeur conservée localement ;
- prix ultramarins améliorés sur les filières concernées ;
- incidents écologiques publiés et corrigés.
Horizon 10 ans — Passer de la présence à la puissance
À dix ans, la France doit devenir une puissance maritime intégrée.
La progression globale pourra tendre vers une multiplication par dix de la valeur utile maritime dans certains secteurs ou territoires, uniquement lorsque les preuves le permettent.
Cette progression pourra résulter de l’addition de plusieurs effets :
- production alimentaire accrue ;
- meilleure valorisation ;
- réduction des pertes ;
- transformation ;
- algues ;
- biotechnologies ;
- construction navale ;
- maintenance ;
- robotique ;
- surveillance ;
- recherche ;
- export ;
- substitution aux importations ;
- économies énergétiques ;
- restauration écologique ;
- tourisme maritime maîtrisé ;
- coopération régionale.
Aucun bassin ne sera obligé d’atteindre le même chiffre.
Certaines zones pourront produire davantage.
D’autres devront rester principalement protégées.
La victoire ne se mesure pas à une quantité uniforme.
Elle se mesure à la capacité de chaque territoire à produire ce qui est utile sans détruire ce qui le rend vivant.
1614. PREUVE PERMANENTE, RISQUES ET CONTRÔLEp. 34+
Une politique maritime peut facilement devenir un récit sans preuve.
La distance, la complexité technique et la dispersion géographique peuvent masquer les retards, les échecs, les pollutions ou les captations.
LPE met donc en place un contrôle permanent.
Indicateurs de production
Le ministère suit :
- production de la pêche ;
- production aquacole ;
- production conchylicole ;
- production algale ;
- valeur produite ;
- tonnes transformées ;
- valeur ajoutée locale ;
- taux de couverture des besoins ;
- importations ;
- exportations ;
- pertes ;
- coproduits valorisés ;
- ventes locales ;
- exportations régionales ultramarines.
Indicateurs sociaux
Sont suivis :
- emplois créés ;
- emplois maintenus ;
- rémunérations ;
- accidents ;
- maladies professionnelles ;
- jeunes formés ;
- apprentis ;
- transmissions d’entreprises ;
- accès des femmes ;
- accès des habitants ultramarins aux responsabilités ;
- discriminations signalées ;
- discriminations sanctionnées ;
- logements disponibles ;
- temps de travail ;
- attractivité des métiers.
Indicateurs économiques
Sont publiés :
- aides publiques ;
- coût par emploi ;
- coût par tonne utile ;
- investissement privé ;
- valeur conservée localement ;
- marges de distribution ;
- prix au producteur ;
- prix au consommateur ;
- coût énergétique ;
- rentabilité ;
- dépendances évitées ;
- remboursements d’aides ;
- actifs construits.
Indicateurs environnementaux
Le suivi porte sur :
- état des stocks ;
- qualité de l’eau ;
- mortalité ;
- maladies ;
- échappées ;
- densité ;
- rejets ;
- biodiversité ;
- fonds marins ;
- zones restaurées ;
- zones protégées ;
- filets fantômes ;
- déchets ;
- bruit ;
- émissions ;
- consommation énergétique ;
- incidents écologiques ;
- temps de régénération.
Indicateurs de souveraineté
Sont mesurés :
- surface effectivement surveillée ;
- nombre de patrouilles ;
- détections ;
- contrôles ;
- infractions ;
- saisies ;
- procédures ;
- délais judiciaires ;
- coopération régionale ;
- disponibilité des navires ;
- autonomie en pièces ;
- capacité portuaire ;
- capacité de froid ;
- capacité de réparation ;
- stocks stratégiques.
Indicateurs ultramarins
Chaque territoire suit :
- prix des produits ;
- production locale ;
- consommation locale ;
- transformation locale ;
- emplois ;
- propriété locale ;
- importations ;
- export régional ;
- coût du fret ;
- délais ;
- stockage ;
- marges ;
- formation ;
- surveillance ;
- incidents ;
- retour des jeunes formés.
Audits
Les audits sont organisés à plusieurs niveaux :
- audit interne continu ;
- audit scientifique ;
- audit financier ;
- audit environnemental ;
- audit territorial ;
- contrôle parlementaire ;
- contrôle juridictionnel ;
- consultation citoyenne ;
- évaluation indépendante.
Les grands projets font l’objet d’une évaluation avant lancement, à mi-parcours et après mise en service.
Clause de correction
Chaque programme dispose d’objectifs intermédiaires.
En cas d’écart important, le ministère doit :
1. publier le problème ; 2. identifier la cause ; 3. proposer une correction ; 4. réviser le calendrier ; 5. suspendre les financements inutiles ; 6. protéger les travailleurs de bonne foi ; 7. informer le Parlement et les territoires.
La correction n’est pas un aveu d’échec.
Elle est une obligation démocratique.
Risques principaux
Les risques sont :
- surexploitation ;
- aquaculture polluante ;
- maladies ;
- échappées ;
- destruction des fonds ;
- dépendance aux aliments importés ;
- concentration économique ;
- monopoles ;
- captation ultramarine ;
- conflits avec la pêche ;
- hausse des prix ;
- sous-utilisation des équipements ;
- défiguration des paysages ;
- coût énergétique ;
- corruption ;
- fraude ;
- discrimination ;
- dépendance technologique ;
- projets surdimensionnés ;
- dette publique sans actif réel ;
- opposition territoriale ;
- faiblesse de la surveillance ;
- exploitation illégale étrangère.
Parades
Les parades comprennent :
- plafonds scientifiques ;
- zones interdites ;
- études d’impact ;
- contrôle continu ;
- transparence ;
- gouvernance locale ;
- diversification ;
- densités limitées ;
- assurance environnementale ;
- fonds de réparation ;
- sanctions ;
- clauses de retrait ;
- lutte antimonopole ;
- protection des petites entreprises ;
- priorité locale ;
- formation ;
- redondance des équipements ;
- évaluations indépendantes ;
- publication des contrats ;
- réversibilité des expérimentations.
Contrôle citoyen
Le tableau de bord permettra de comparer les promesses, les dépenses et les résultats.
Chaque indicateur devra préciser :
- sa source ;
- sa date ;
- sa méthode ;
- son périmètre ;
- ses limites ;
- son statut.
Un chiffre non vérifié ne pourra pas être présenté comme une preuve définitive.
Le niveau de certitude du discours ne devra jamais dépasser le niveau de certitude des données disponibles.
Formule de contrôle
Produire, mais contrôler. Augmenter, mais mesurer. Exporter, mais nourrir localement d’abord. Moderniser, mais protéger. Financer, mais exiger la preuve.
1715. DONNÉES — DATA ROOM DU MINISTÈREp. 38+
La puissance maritime ne peut pas être conduite à partir de données dispersées, anciennes, incomplètes ou impossibles à comparer.
Le ministère crée une Data Room nationale de la mer, reliée aux administrations, aux instituts scientifiques, aux ports, aux criées, aux douanes, aux collectivités, aux forces de surveillance, aux organismes sanitaires et aux acteurs économiques.
Cette Data Room ne sera pas une accumulation de tableaux inutilisables.
Elle devra répondre à des questions concrètes :
- Que produit réellement la France ?
- Que consomme-t-elle ?
- Que transforme-t-elle ?
- Que perd-elle ?
- Que pourrait-elle produire sans détruire le vivant ?
- Où part la valeur ?
- Quels territoires restent dépendants ?
- Quels ports manquent d’équipements ?
- Quels navires doivent être remplacés ?
- Quelles zones sont insuffisamment surveillées ?
- Quels projets produisent des résultats ?
- Quelles aides publiques sont inefficaces ?
- Où les marges sont-elles captées ?
- Quels risques écologiques augmentent ?
- Quels métiers manquent ?
- Quels prix peuvent être abaissés ?
Chaque donnée devra porter un statut visible.
OFFICIELLE_BRUTE
Cette catégorie rassemble les données produites ou validées par une autorité publique, un organisme scientifique reconnu ou un système réglementaire de déclaration.
Elle comprend notamment :
- superficie des espaces maritimes français ;
- limites des zones économiques exclusives ;
- volumes débarqués ;
- espèces capturées ;
- quotas ;
- état des stocks ;
- production aquacole ;
- production conchylicole ;
- production algale ;
- importations ;
- exportations ;
- valeur des échanges ;
- nombre de navires ;
- âge des flottes ;
- puissance des moteurs ;
- consommation de carburant ;
- ports ;
- criées ;
- capacités frigorifiques déclarées ;
- emplois ;
- formations ;
- accidents ;
- contrôles sanitaires ;
- incidents écologiques ;
- qualité de l’eau ;
- aires protégées ;
- infractions constatées ;
- saisies ;
- patrouilles ;
- prix de vente ;
- prix alimentaires ultramarins ;
- aides publiques engagées ;
- concessions attribuées.
La présence d’une donnée dans cette catégorie ne signifie pas qu’elle est parfaite.
Elle signifie que sa source et sa méthode sont identifiables.
CALCULÉE
Cette catégorie regroupe les indicateurs produits à partir de plusieurs données officielles ou auditées.
Elle comprend :
- taux de couverture de la consommation française ;
- taux de dépendance par espèce ;
- valeur ajoutée par tonne ;
- valeur conservée dans le port ;
- valeur conservée dans le territoire ;
- coût logistique complet ;
- coût du froid ;
- coût énergétique ;
- marge par intermédiaire ;
- coût public par emploi créé ;
- coût public par tonne produite ;
- économies d’importations ;
- coût évité ;
- émissions évitées ;
- potentiel de transformation locale ;
- besoin en chambres froides ;
- besoin en écloseries ;
- besoin en navires ;
- capacité de réparation ;
- taux de surveillance effective ;
- temps de réaction moyen ;
- efficacité des contrôles ;
- part des produits français réellement transformés en France ;
- part de production ultramarine consommée localement ;
- impact des aides sur le prix final.
Chaque formule de calcul devra être publique, sauf lorsqu’elle révèle une information protégée pour des raisons de défense ou de sécurité.
À AUDITER
Cette catégorie rassemble les données indispensables, mais insuffisamment fiables ou non harmonisées.
Elle comprend notamment :
- pêche illégale réelle ;
- captures non déclarées ;
- pertes après débarquement ;
- gaspillage ;
- état technique réel des navires ;
- état réel des quais ;
- capacité frigorifique effectivement disponible ;
- coûts de maintenance ;
- sous-utilisation des infrastructures ;
- nombre de professionnels quittant la filière ;
- besoins de transmission ;
- potentiel aquacole par bassin ;
- potentiel algal ;
- acceptabilité territoriale ;
- risques de concentration ;
- dépendance aux aliments aquacoles importés ;
- poids réel des intermédiaires ;
- marges ultramarines ;
- effets des monopoles ;
- besoins interinsulaires ;
- capacités de formation ;
- manque de logements pour les travailleurs ;
- retour des jeunes formés ;
- effets cumulés des projets maritimes ;
- état de la pollution invisible ;
- présence des filets fantômes ;
- dépendances technologiques ;
- niveau réel de préparation aux crises.
Une donnée à auditer ne pourra pas servir seule à annoncer une certitude politique.
Elle pourra justifier une enquête, un pilote ou une mesure conservatoire.
PROJECTION_PROGRAMME
Cette catégorie présente les objectifs LPE.
Elle comprend :
- production à un an ;
- production à trois ans ;
- production à cinq ans ;
- projection à dix ans ;
- réduction visée des importations ;
- emplois créés ;
- jeunes formés ;
- ports froids construits ;
- navires modernisés ;
- part de propulsion électrique ;
- part de propulsion hybride ;
- surfaces algales autorisées ;
- capacités aquacoles ;
- volumes transformés localement ;
- économies logistiques ;
- baisse attendue de certains prix ;
- valeur maintenue dans les Outre-mer ;
- export régional ;
- surveillance renforcée ;
- réduction des infractions ;
- restauration des zones dégradées ;
- baisse des émissions ;
- réduction des pertes ;
- progression de la valeur utile maritime.
Toute projection devra être accompagnée :
- de ses hypothèses ;
- de son coût ;
- de ses dépendances ;
- de ses risques ;
- de ses limites ;
- de son niveau d’incertitude ;
- de ses dates de révision.
À ACTUALISER
Certaines données officielles deviennent rapidement obsolètes.
Cette catégorie signale :
- les données de prix ;
- les coûts énergétiques ;
- les capacités portuaires ;
- les niveaux d’emploi ;
- l’état sanitaire ;
- les incidents ;
- les stocks ;
- les importations ;
- les technologies disponibles ;
- les conditions européennes ;
- les coûts de construction ;
- les délais industriels ;
- les tensions régionales.
Aucune donnée ancienne ne devra être présentée comme actuelle sans indication de sa date.
Architecture territoriale
La Data Room sera consultable :
- au niveau national ;
- par façade maritime ;
- par région ;
- par port ;
- par bassin ;
- par territoire ultramarin ;
- par filière ;
- par espèce ;
- par type d’équipement ;
- par programme public.
Les données sensibles seront agrégées lorsque leur précision pourrait faciliter le pillage d’une zone, révéler une faiblesse militaire ou exposer une entreprise à un risque disproportionné.
La transparence doit corriger l’opacité.
Elle ne doit pas offrir une carte aux fraudeurs.
Droit de correction
Un professionnel, une collectivité, un organisme scientifique ou une association pourra signaler une donnée manifestement erronée.
La contestation devra :
- être enregistrée ;
- recevoir une réponse ;
- être instruite ;
- produire une correction si elle est fondée ;
- rester visible dans l’historique.
L’État ne doit pas défendre un mauvais chiffre simplement parce qu’il l’a publié.
Fichier central
Le futur fichier mer_data.csv devra notamment comporter les champs suivants :
- identifiant ;
- territoire ;
- bassin ;
- façade ;
- filière ;
- indicateur ;
- valeur ;
- unité ;
- date ;
- source ;
- statut ;
- méthode ;
- niveau de confiance ;
- fréquence d’actualisation ;
- responsable ;
- lien public ;
- restriction éventuelle ;
- commentaire ;
- objectif programme ;
- écart ;
- action corrective.
Formule de preuve
Une donnée sans source informe mal. Une projection sans hypothèse promet mal. Une dépense sans résultat gouverne mal.
1816. COORDINATIONp. 43+
La mer se situe au croisement de presque toutes les fonctions nationales.
Le ministère n°21 ne peut réussir seul.
Sa responsabilité est d’assurer une coordination permanente entre les ministères, en évitant que les compétences partagées deviennent des zones d’abandon.
Avec le ministère du Budget
La coordination porte sur :
- financement des ports ;
- modernisation des flottes ;
- fonds aquacoles ;
- plan algues ;
- infrastructures ultramarines ;
- garanties publiques ;
- fiscalité ;
- aides européennes ;
- conditionnalité des dépenses ;
- récupération des aides frauduleuses ;
- suivi des actifs ;
- mesure des dépendances évitées.
Le Budget ne financera pas une filière uniquement parce qu’elle est maritime.
Chaque euro devra protéger, produire, prévenir ou préparer l’avenir.
Avec le ministère de l’Intérieur
La coordination porte sur :
- sécurité portuaire ;
- trafics ;
- secours ;
- gestion des crises ;
- protection civile ;
- risques littoraux ;
- évacuations ;
- sécurité des infrastructures ;
- délinquance organisée ;
- signalements territoriaux ;
- coordination préfectorale.
Les ports ne doivent pas devenir des angles morts de la sécurité nationale.
Avec le ministère de la Justice
La coordination porte sur :
- pêche illégale ;
- pollution ;
- corruption ;
- fraude à l’origine ;
- ententes ;
- abus de position dominante ;
- discriminations ;
- infractions environnementales ;
- contentieux des concessions ;
- réparation des victimes ;
- saisies ;
- restitution des profits illégaux.
Des magistrats, enquêteurs et experts spécialisés devront pouvoir traiter rapidement les dossiers complexes.
Avec le ministère des Armées
La coordination porte sur :
- surveillance des ZEE ;
- connaissance maritime ;
- patrouilleurs ;
- satellites ;
- drones ;
- lutte contre les trafics ;
- sécurité des routes ;
- protection des infrastructures ;
- présence ultramarine ;
- coopération régionale ;
- réserve maritime ;
- soutien en cas de catastrophe.
La Marine nationale protège la souveraineté.
Elle ne se substitue pas aux capacités civiles de contrôle, qui devront également être renforcées.
Avec le ministère des Affaires étrangères
La coordination porte sur :
- accords de pêche ;
- coopération régionale ;
- lutte contre les activités illégales ;
- frontières maritimes ;
- diplomatie océanique ;
- recherche ;
- formation ;
- accès aux marchés ;
- sécurité énergétique ;
- co-développement ;
- protection des ressources ;
- règlement des différends.
Les accords internationaux devront produire un bénéfice réciproque vérifiable.
Ils ne pourront pas servir à céder silencieusement une ressource, une technologie ou une influence stratégique.
Avec le ministère du Numérique
La coordination porte sur :
- traçabilité ;
- données ;
- cybersécurité ;
- satellites ;
- intelligence artificielle ;
- contrôle des navires ;
- plateformes de vente ;
- gestion des ports ;
- maintenance prédictive ;
- alertes ;
- informations aux consommateurs ;
- protection des données stratégiques.
La technologie devra renforcer le marin et le contrôleur.
Elle ne devra pas les transformer en exécutants aveugles d’un système automatique.
Avec le ministère des Communications et des Mobilités
La coordination porte sur :
- fret maritime ;
- cabotage ;
- liaisons interinsulaires ;
- raccordement ferroviaire ;
- transport frigorifique ;
- ports ;
- logistique ;
- dernier kilomètre ;
- continuité territoriale ;
- réduction des trajets inutiles ;
- sécurisation des chaînes.
Le rail porte les masses.
Le port garde le froid.
La mer relie les territoires.
Avec le ministère de la Santé
La coordination porte sur :
- sécurité alimentaire ;
- contrôles sanitaires ;
- contaminants ;
- maladies aquacoles ;
- nutrition ;
- prévention des risques professionnels ;
- accès aux soins des marins ;
- santé dans les territoires isolés ;
- qualité de l’eau ;
- alertes sanitaires.
La souveraineté alimentaire ne peut jamais se construire au prix de la santé.
Avec le ministère de l’Éducation et de la Transmission civique
La coordination porte sur :
- lycées maritimes ;
- orientation ;
- formations ;
- apprentissage ;
- sciences marines ;
- culture océanique ;
- sécurité ;
- recherche ;
- reconversion ;
- transmission des savoir-faire ;
- accès des jeunes ultramarins.
La mer doit redevenir un avenir professionnel visible pour les enfants des territoires littoraux et ultramarins.
Avec le ministère de l’Industrie et de l’Énergie
La coordination porte sur :
- construction navale ;
- réparation ;
- moteurs ;
- batteries ;
- froid ;
- robotique ;
- cages offshore ;
- matériaux ;
- hydrogène ;
- carburants bas-carbone ;
- électrification portuaire ;
- énergies marines ;
- maintenance ;
- souveraineté technologique.
La puissance maritime exige une base industrielle.
Importer tous les équipements nécessaires à l’exploitation de notre propre mer serait une nouvelle dépendance.
Avec le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation
La coordination porte sur :
- transformation ;
- alimentation ;
- restauration collective ;
- protéines ;
- fertilisants algaux ;
- aliments aquacoles ;
- halles nourricières ;
- distribution ;
- sécurité alimentaire ;
- valorisation des coproduits ;
- fret.
La mer et la terre ne doivent plus être administrées comme deux mondes séparés.
Avec le ministère du Commerce, de l’Artisanat et des PME
La coordination porte sur :
- circuits courts ;
- marchés ;
- criées ;
- transformation ;
- poissonneries ;
- PME portuaires ;
- prix ;
- marges ;
- distribution ;
- labels ;
- export ;
- protection des petites entreprises ;
- lutte contre les importations trompeuses.
La valeur ne doit pas être captée uniquement par les acteurs situés à la fin de la chaîne.
Avec le ministère de l’Écologie productive
La coordination porte sur :
- plafonds biologiques ;
- qualité de l’eau ;
- plastiques ;
- filets ;
- ports propres ;
- biodiversité ;
- restauration ;
- recyclage ;
- aquaculture ;
- algues ;
- émissions ;
- adaptation climatique ;
- érosion ;
- effets cumulés.
L’Écologie contrôle les limites.
Le ministère de la Mer organise la production à l’intérieur de ces limites.
Avec le ministère du Patrimoine et du Tourisme
La coordination porte sur :
- ports historiques ;
- phares ;
- villages de pêche ;
- chantiers traditionnels ;
- patrimoine maritime ;
- tourisme ;
- paysages ;
- accès au littoral ;
- culture ;
- routes maritimes ;
- mémoire ultramarine.
La modernisation ne doit pas effacer ce qui donne une âme aux territoires.
Règle de coordination
Aucun ministère ne pourra financer isolément un grand projet maritime sans avis des administrations directement concernées.
Les désaccords non résolus remonteront à l’arbitrage du Premier ministre ou du Président de la République selon leur importance stratégique.
La coordination ne doit pas ralentir indéfiniment l’action.
Elle doit empêcher les décisions contradictoires.
1917. DÉPENDANCESp. 47+
La réussite du ministère dépend de conditions extérieures qu’il faut identifier avant de promettre.
Dépendance scientifique
Le développement dépend de la capacité à connaître :
- les stocks ;
- les habitats ;
- les profondeurs ;
- les courants ;
- les températures ;
- les maladies ;
- les interactions ;
- les effets cumulés ;
- les conséquences climatiques.
Sans connaissance, le ×10 deviendrait une croyance.
Dépendance énergétique
Les navires, les ports, le froid, la transformation et le transport nécessitent de l’énergie.
La stratégie dépend donc :
- du prix de l’électricité ;
- du carburant ;
- des capacités de recharge ;
- de la production locale ;
- du stockage ;
- des réseaux ;
- des technologies ;
- des accords de transition.
Une chaîne du froid sans énergie stable ne constitue pas une souveraineté.
Dépendance industrielle
Il faut pouvoir construire, réparer et entretenir :
- navires ;
- moteurs ;
- batteries ;
- équipements froids ;
- cages ;
- filets ;
- drones ;
- radars ;
- outils de transformation ;
- pièces ;
- logiciels ;
- infrastructures.
La dépendance totale à des fournisseurs étrangers fragiliserait la stratégie.
Dépendance humaine
Il faut :
- des marins ;
- des techniciens ;
- des enseignants ;
- des chercheurs ;
- des ouvriers ;
- des contrôleurs ;
- des agents portuaires ;
- des logisticiens ;
- des magistrats ;
- des ingénieurs ;
- des entrepreneurs.
La pénurie de compétences peut ralentir davantage qu’un manque de financement.
Dépendance territoriale
Les projets dépendent :
- de l’acceptation locale ;
- du foncier ;
- des ports ;
- des routes ;
- des réseaux ;
- du logement ;
- de l’accès aux soins ;
- des transports ;
- des choix des collectivités ;
- de la protection des paysages.
Un projet techniquement parfait peut échouer s’il est imposé à un territoire qui n’en comprend ni l’utilité ni les garanties.
Dépendance européenne
La pêche, les aides, la concurrence, l’environnement, le commerce et les normes sont fortement liés au cadre européen.
La France devra :
- utiliser les marges existantes ;
- négocier ;
- construire des coalitions ;
- défendre les spécificités ultramarines ;
- éviter les retards administratifs ;
- obtenir les adaptations nécessaires.
Dépendance internationale
La surveillance, les migrations d’espèces, les routes, les pollutions et les marchés dépassent les frontières.
La réussite dépend de :
- la coopération régionale ;
- la stabilité diplomatique ;
- la lutte commune contre la pêche illégale ;
- les accords de données ;
- les frontières maritimes ;
- les normes ;
- les échanges ;
- la sécurité.
Dépendance logistique
Produire sans pouvoir conserver ni transporter ne sert à rien.
Il faut :
- glace ;
- froid ;
- entrepôts ;
- emballages ;
- routes ;
- rail ;
- navires de fret ;
- liaisons interinsulaires ;
- plateformes ;
- distribution ;
- marchés.
Dépendance financière
Les investissements maritimes peuvent être lourds et longs.
La stratégie dépend :
- de la stabilité des financements ;
- des taux ;
- des garanties ;
- de la participation privée ;
- des fonds européens ;
- du contrôle des coûts ;
- de la capacité à éviter les projets surdimensionnés.
Dépendance écologique
Une mauvaise qualité de l’eau, une maladie, une hausse de température ou une espèce invasive peut détruire une activité.
La politique maritime doit intégrer l’incertitude écologique dans ses modèles économiques.
Dépendance sociale
Le succès dépend de la confiance.
Les populations doivent croire que :
- les emplois seront réels ;
- les bénéfices resteront sur place ;
- les paysages seront protégés ;
- les prix pourront baisser ;
- les données seront publiées ;
- les erreurs seront corrigées ;
- les habitants ne seront pas méprisés.
Conditions indispensables
Il faut :
- des ports froids ;
- une flotte modernisée ;
- des ZEE surveillées ;
- des jeunes formés ;
- des concessions claires ;
- des scientifiques indépendants ;
- des Outre-mer équipés ;
- des circuits locaux ;
- une justice capable de sanctionner ;
- un État capable de tenir ses engagements.
Règle de prudence
Toute dépendance critique devra disposer :
- d’un responsable ;
- d’un indicateur ;
- d’un plan de continuité ;
- d’une solution de remplacement ;
- d’un calendrier ;
- d’un seuil d’alerte.
La France ne doit pas annoncer une puissance dont elle n’a pas sécurisé les fondations.
2018. PUBLICS CONCERNÉSp. 51+
La réforme maritime touche directement ou indirectement l’ensemble de la population.
Elle ne produit cependant pas les mêmes effets pour chacun.
Gagnants immédiats
Les premiers bénéficiaires sont :
- pêcheurs côtiers ;
- pêcheurs artisans ;
- salariés portuaires ;
- criées ;
- jeunes en formation ;
- petites entreprises de transformation ;
- frigoristes ;
- réparateurs navals ;
- chantiers ;
- collectivités portuaires ;
- consommateurs des territoires pilotes ;
- familles ultramarines ;
- professionnels confrontés à la pêche illégale ;
- scientifiques ;
- services de surveillance.
Ils bénéficient rapidement :
- d’investissements ;
- de formations ;
- d’équipements ;
- de contrôles ;
- d’une meilleure organisation ;
- de nouvelles commandes ;
- de débouchés ;
- d’un accès renforcé aux infrastructures.
Publics protégés
La réforme protège :
- pêcheurs de bonne foi ;
- petites entreprises ;
- salariés ;
- consommateurs ;
- jeunes ultramarins ;
- habitants des littoraux ;
- populations dépendantes des produits marins ;
- personnes discriminées ;
- lanceurs d’alerte ;
- professionnels en transition ;
- victimes de pollution ;
- générations futures.
La protection ne signifie pas l’absence d’exigence.
Elle signifie que la correction ne doit pas écraser ceux qui n’ont pas organisé le problème.
Contributeurs renforcés
Les acteurs appelés à contribuer davantage sont :
- industries navales ;
- investisseurs ;
- distributeurs ;
- grands ports ;
- entreprises aquacoles ;
- opérateurs logistiques ;
- fournisseurs d’énergie ;
- laboratoires ;
- écoles ;
- banques ;
- assurances ;
- plateformes numériques ;
- collectivités ;
- administrations.
Ils bénéficieront de marchés nouveaux, mais devront respecter des obligations plus fortes de transparence, de formation, de localisation et de résultat.
Acteurs à accompagner
Certains acteurs devront profondément s’adapter :
- flottes vieillissantes ;
- ports sous-équipés ;
- pêcheurs proches de la retraite ;
- entreprises dépendantes du carburant ;
- petites criées ;
- territoires sans chaîne du froid ;
- commerces fragiles ;
- aquacultures anciennes ;
- salariés dont les métiers évoluent ;
- collectivités manquant d’ingénierie.
L’accompagnement pourra comprendre :
- audit ;
- conseil ;
- formation ;
- financement ;
- garantie ;
- mutualisation ;
- reconversion ;
- transmission ;
- soutien temporaire ;
- protection sociale.
Acteurs à sanctionner
Seront sanctionnés lorsqu’ils sont identifiés et jugés responsables :
- pêcheurs illégaux organisés ;
- importateurs frauduleux ;
- entreprises polluantes ;
- fraudeurs à l’origine ;
- acteurs détruisant volontairement les données ;
- réseaux de corruption ;
- concessionnaires ne respectant pas leurs obligations ;
- monopoles abusifs ;
- distributeurs retenant artificiellement les baisses ;
- employeurs discriminants ;
- bénéficiaires d’aides détournées ;
- opérateurs mettant les équipages en danger.
Les pêcheurs
Les pêcheurs ne sont pas les ennemis de la protection du vivant.
Ils sont parmi les premiers à subir sa dégradation.
La réforme leur offre :
- meilleure rémunération ;
- modernisation ;
- formation ;
- infrastructures ;
- protection contre la fraude ;
- participation aux décisions ;
- transmission ;
- valorisation premium ;
- revenus complémentaires liés à certaines missions publiques.
Elle leur impose :
- traçabilité ;
- respect des plafonds ;
- sécurité ;
- transparence ;
- coopération scientifique ;
- adaptation progressive.
Les familles ultramarines
Les familles ultramarines doivent constater des effets concrets :
- plus de produits locaux ;
- prix mieux maîtrisés ;
- emplois ;
- formations ;
- infrastructures ;
- liaisons régionales ;
- meilleur contrôle des marges ;
- valeur conservée ;
- sécurité maritime ;
- accès à la décision.
Leur territoire ne doit plus seulement produire une superficie maritime dans les classements internationaux.
Il doit produire de la dignité dans la vie quotidienne.
Les jeunes
Les jeunes bénéficient :
- de nouvelles formations ;
- de métiers techniques ;
- d’entrepreneuriat ;
- de mobilité ;
- de recherche ;
- d’industrie ;
- de carrières militaires et civiles ;
- de possibilités de retour dans leur territoire.
La mer doit redevenir un horizon.
Les anciens
Les anciens professionnels pourront :
- transmettre les savoir-faire ;
- accompagner les jeunes ;
- participer aux jurys ;
- intervenir dans les écoles ;
- transmettre les entreprises ;
- documenter les pratiques ;
- contribuer à la mémoire maritime.
Une filière qui oublie ses anciens recommence toutes ses erreurs.
Les femmes
L’accès des femmes aux métiers maritimes sera renforcé par :
- équipements adaptés ;
- sécurité ;
- lutte contre le harcèlement ;
- égalité salariale ;
- progression ;
- formation ;
- organisation familiale ;
- logement ;
- accès au commandement.
Les personnes handicapées
La stratégie identifiera les métiers, formations et services accessibles avec adaptation.
Les infrastructures portuaires et les services publics devront intégrer l’accessibilité.
Les entreprises françaises
Les entreprises bénéficient d’un marché de long terme :
- navires ;
- froid ;
- moteurs ;
- logiciels ;
- capteurs ;
- robots ;
- transformation ;
- matériaux ;
- recherche ;
- formation ;
- maintenance.
En retour, elles doivent construire des capacités durables en France et dans les territoires concernés.
Le consommateur
Le consommateur gagne :
- en traçabilité ;
- en sécurité ;
- en information ;
- en fraîcheur ;
- en accès local ;
- en stabilité ;
- en lutte contre les fraudes.
Il ne lui sera pas promis que tous les produits français seront toujours moins chers.
Il lui sera garanti que les aides, les gains logistiques et la baisse des coûts seront contrôlés afin qu’ils ne soient pas captés avant d’atteindre l’assiette.
2119. ENNEMIS STRUCTURELSp. 55+
Les ennemis structurels ne sont pas des catégories de population.
Ce sont les mécanismes qui empêchent la France de transformer sa mer en puissance utile.
La puissance théorique
La première faiblesse est de croire qu’une grande surface maritime suffit à faire une grande puissance.
Une carte ne surveille pas.
Une carte ne nourrit pas.
Une carte ne transforme pas.
La pêche illégale
Elle détruit :
- la ressource ;
- les revenus ;
- la confiance ;
- la souveraineté ;
- l’équité ;
- la sécurité.
Elle doit être combattue par la technologie, les patrouilles, la coopération et la Justice.
La surexploitation
Prendre aujourd’hui ce qui empêche de produire demain n’est pas une richesse.
C’est une liquidation.
La dépendance aux importations
L’importation reste utile lorsque la France ne peut pas produire ou lorsqu’elle organise un échange équilibré.
Elle devient un problème lorsqu’elle remplace systématiquement une capacité nationale possible.
L’absence de transformation
Exporter ou expédier une matière brute puis racheter un produit transformé appauvrit le territoire.
La faiblesse du froid
Sans froid :
- le produit se perd ;
- le prix augmente ;
- la distance se réduit ;
- l’export devient difficile ;
- la transformation est limitée ;
- la sécurité sanitaire se fragilise.
Les monopoles
La concentration peut :
- bloquer l’accès ;
- augmenter les prix ;
- imposer les marges ;
- empêcher les nouveaux entrants ;
- capter les aides ;
- maintenir la dépendance.
La lutte contre les monopoles ne signifie pas punir une entreprise parce qu’elle est grande.
Elle signifie empêcher qu’une position dominante soit utilisée contre l’intérêt collectif.
L’opacité des marges
Lorsque personne ne sait où le prix augmente, personne ne peut corriger la vie chère.
La rente portuaire
Un espace stratégique ne doit pas être immobilisé par un acteur qui ne l’utilise pas, ne l’entretient pas ou bloque les besoins réels.
Les droits seront protégés, mais l’occupation improductive et durable d’un actif public devra être corrigée.
Le vieillissement de la flotte
Une flotte trop ancienne entraîne :
- coûts ;
- pollution ;
- danger ;
- pannes ;
- perte d’attractivité ;
- dépendance au carburant ;
- faible productivité.
Le sous-investissement naval
Une nation maritime qui ne sait plus construire ou réparer ses navires perd progressivement sa liberté.
La pollution
Les plastiques, hydrocarbures, rejets, produits chimiques et déchets détruisent la base même de l’économie maritime.
Les filets fantômes
Ils continuent de tuer sans produire.
Leur récupération doit devenir une mission nationale.
La captation ultramarine
La richesse d’un territoire ne doit pas être exploitée sans que les habitants disposent :
- d’emplois ;
- de formation ;
- de propriété ;
- de transformation ;
- de gouvernance ;
- de bénéfices concrets.
Les accords naïfs
Un accord international mal négocié peut céder :
- une ressource ;
- une zone ;
- un marché ;
- une technologie ;
- une dépendance ;
- une influence.
La discrimination
Écarter un marin, un jeune, une femme, un ultramarin ou un entrepreneur compétent constitue :
- une injustice ;
- une perte de talent ;
- une rupture de transmission ;
- un gaspillage national ;
- une attaque contre le lien collectif.
L’administration sans résultat
Une procédure qui protège réellement est utile.
Une procédure qui dure des années sans améliorer ni la sécurité ni le vivant doit être corrigée.
Le capital avant l’utilité
Lorsqu’un projet est lancé uniquement parce qu’un investisseur peut en tirer une rente, il finit par opposer production, territoire et écologie.
L’utilité doit venir avant le capital.
Jamais après.
Formule centrale
La France ne manque pas de mer. Elle manque encore d’ordre maritime.
2220. CONDITIONS DE VICTOIREp. 57+
La réforme ne sera pas considérée comme réussie parce qu’une loi a été votée ou qu’un budget a été engagé.
Elle sera réussie lorsque les résultats seront visibles.
Condition écologique
La victoire exige :
- stocks stabilisés ou restaurés ;
- pêche sauvage plafonnée ;
- qualité de l’eau protégée ;
- incidents aquacoles limités ;
- zones sensibles préservées ;
- pollutions sanctionnées ;
- données publiées ;
- restauration effective.
Aucune progression économique ne pourra compenser une destruction durable du vivant.
Condition alimentaire
La France doit :
- produire davantage de manière durable ;
- transformer davantage ;
- réduire les pertes ;
- sécuriser certaines espèces ;
- améliorer la couverture des besoins ;
- garantir la qualité ;
- réduire les importations absurdes.
Condition ultramarine
La preuve populaire de la réussite sera :
- davantage de produits locaux ;
- davantage d’emplois ;
- davantage de transformation ;
- davantage de jeunes formés ;
- davantage de valeur conservée ;
- une baisse mesurable du prix de certains produits ;
- une meilleure continuité régionale ;
- une gouvernance réelle.
La mer doit devenir une arme contre la vie chère, pas un slogan supplémentaire.
Condition économique
Les infrastructures devront :
- fonctionner ;
- être utilisées ;
- produire ;
- éviter des coûts ;
- créer des emplois ;
- attirer des entreprises ;
- durer ;
- rembourser leur utilité collective.
Un port froid vide n’est pas une victoire.
Une usine sans matière première n’est pas une victoire.
Une aide sans effet sur le territoire n’est pas une victoire.
Condition industrielle
La France doit renforcer :
- construction navale ;
- réparation ;
- moteurs ;
- batteries ;
- froid ;
- robotique ;
- capteurs ;
- équipements aquacoles ;
- transformation ;
- logiciels ;
- recherche appliquée.
Condition sociale
La réforme réussit si :
- les métiers redeviennent attractifs ;
- les revenus progressent ;
- les accidents diminuent ;
- les jeunes entrent dans les filières ;
- les anciens transmettent ;
- les femmes accèdent aux responsabilités ;
- les discriminations reculent ;
- les travailleurs participent à la transition.
Condition de souveraineté
La victoire exige :
- ZEE mieux surveillées ;
- pêche illégale en recul ;
- contrôles plus rapides ;
- moyens disponibles ;
- coopération régionale ;
- capacités de réparation ;
- données maîtrisées ;
- dépendances critiques réduites.
Condition territoriale
Les projets doivent être acceptés parce qu’ils sont :
- utiles ;
- compréhensibles ;
- contrôlés ;
- bien situés ;
- paysagèrement intégrés ;
- économiquement partagés ;
- écologiquement défendables.
Condition politique
Le gouvernement doit accepter :
- de publier les échecs ;
- de corriger les objectifs ;
- de fermer un projet dangereux ;
- de suspendre une aide inutile ;
- de sanctionner un acteur puissant ;
- de protéger les petits acteurs ;
- de modifier une trajectoire irréaliste.
Preuve populaire
Les familles constatent :
- des produits plus locaux ;
- des prix mieux maîtrisés ;
- des emplois ;
- des ports qui revivent ;
- des jeunes qui restent ou reviennent ;
- une mer mieux protégée.
Preuve stratégique
La France :
- produit ;
- transforme ;
- protège ;
- surveille ;
- répare ;
- innove ;
- exporte ;
- importe moins ;
- conserve davantage de valeur ;
- transmet un patrimoine maritime vivant.
Formule de victoire
La pêche sauvage nourrit l’identité. L’aquaculture contrôlée porte le volume. Les algues ouvrent l’avenir. Les ports gardent la valeur. Les Outre-mer ancrent la puissance. La science protège la limite.
2321. COÛT POLITIQUEp. 60+
Le ministère n°21 sera l’un des plus attaqués du programme LPE.
La mer concentre des intérêts industriels, écologiques, militaires, territoriaux, commerciaux, énergétiques et internationaux.
Chaque décision pourra produire une opposition.
Attaque écologique
LPE sera accusé d’industrialiser la mer et de vouloir multiplier les fermes géantes.
La réponse sera constante :
L’objectif de progression ne repose pas sur le pillage de la pêche sauvage.
Il repose sur une combinaison contrôlée de transformation, aquaculture, conchyliculture, algues, réduction des pertes, industrie, recherche et valorisation.
Chaque projet reste soumis aux plafonds scientifiques, aux études d’impact, à la surveillance et au droit de recours.
Attaque économique
Certains affirmeront que la stratégie coûte trop cher.
La réponse devra distinguer la dépense et l’actif.
Un port froid utile, un navire plus sobre, une école maritime, une usine de transformation ou un système de surveillance réduisent des dépendances pendant plusieurs années.
Le coût devra toujours être comparé :
- aux importations évitées ;
- aux emplois créés ;
- aux pertes réduites ;
- aux recettes ;
- à la sécurité gagnée ;
- aux pollutions évitées ;
- à la valeur conservée.
Attaque des importateurs
Les acteurs dépendant du modèle actuel pourront dénoncer une fermeture de la France.
La réponse est simple :
LPE ne supprime pas les échanges.
LPE refuse la dépendance automatique.
Les importations utiles continueront.
Les importations frauduleuses, absurdes ou fondées sur des normes inférieures seront combattues.
Attaque ultramarine
Certains habitants craindront que les Outre-mer deviennent des laboratoires industriels.
Cette crainte est légitime au regard des expériences passées.
La réponse ne pourra pas être un discours.
Elle devra prendre la forme de garanties :
- gouvernance territoriale ;
- priorité locale ;
- propriété locale ;
- emplois locaux ;
- formation ;
- transparence ;
- protection des lagons ;
- droit d’alerte ;
- contrôle des marges ;
- réversibilité des pilotes.
Les Outre-mer ne seront pas des laboratoires.
Ils deviendront des copropriétaires de la puissance maritime.
Attaque des pêcheurs
Certains pêcheurs craindront que l’aquaculture remplace leur métier ou que l’écologie les désigne comme responsables.
La réponse est :
La pêche artisanale est protégée comme filière de qualité, d’identité et de territoire.
Le volume supplémentaire ne doit pas venir d’une pression accrue sur les stocks sauvages.
L’aquaculture complète la pêche.
Elle ne doit pas l’évincer.
Attaque paysagère
Des habitants refuseront les installations visibles depuis les côtes.
Tous les refus ne seront pas irrationnels.
La puissance maritime doit respecter les paysages.
Les projets devront être éloignés, intégrés, réduits, déplacés ou refusés lorsque leur impact est disproportionné.
Attaque énergétique
LPE pourra être accusé de dépendre encore des hydrocarbures.
La réponse devra rester réaliste.
La totalité de la flotte ne peut pas être électrifiée immédiatement.
LPE organise une transition différenciée :
- électrique pour les usages compatibles ;
- hybride pour les usages intermédiaires ;
- bas-carbone pour les longues distances ;
- réduction progressive des hydrocarbures.
Une énergie de transition n’est pas une destination.
Attaque européenne
Certains diront que le programme est impossible dans l’Union européenne.
La réponse sera juridique et politique.
La France utilisera les marges existantes, défendra les dérogations ultramarines, négociera des clauses miroirs et construira des alliances.
Lorsqu’une règle doit évoluer, elle sera contestée et modifiée légalement.
Attaque budgétaire locale
Des territoires pourront craindre d’être forcés à financer des projets nationaux.
Les répartitions financières devront être définies à l’avance.
Aucune collectivité ne devra être entraînée dans une dette qu’elle ne peut pas assumer pour une infrastructure décidée sans elle.
Attaque contre la transparence
Certains acteurs diront que la publication des données menace le secret des affaires.
Les informations réellement protégées le resteront.
Mais le secret des affaires ne pourra pas couvrir :
- une pollution ;
- une fraude ;
- une aide publique ;
- une discrimination ;
- une défaillance sanitaire ;
- une obligation contractuelle non remplie.
Coût diplomatique
La lutte contre la pêche illégale et la protection des ZEE pourront créer des tensions avec certains États ou opérateurs étrangers.
La France devra être ferme, documentée et proportionnée.
Une souveraineté jamais défendue devient progressivement une permission accordée aux autres.
Coût interne
La réforme obligera l’État à :
- coordonner ses administrations ;
- fermer certains programmes inefficaces ;
- reconnaître ses erreurs ;
- redistribuer des crédits ;
- sanctionner des acteurs influents ;
- rendre des comptes ;
- adapter des normes ;
- accélérer les procédures utiles.
Le principal coût politique sera donc parfois de gouverner réellement.
Réponse générale
Le ×10 n’est pas un permis de détruire. C’est une trajectoire de puissance sous plafond écologique.
Les Outre-mer ne sont pas des marges. Ils sont les ancres de la France maritime.
Nous ne voulons pas vider les océans. Nous voulons arrêter de vider les territoires de leur valeur.
Suite de la V4 finale, conformément au ministère source, aux lois LPE et au cadre des 35 blocs.
2422. IRRÉVERSIBILITÉp. 63+
Une réforme maritime devient durable lorsqu’elle ne dépend plus uniquement d’un budget annuel, d’un ministre ou d’un effet d’annonce.
Elle devient irréversible lorsque des capacités réelles existent dans les territoires et que leur suppression coûterait davantage à la nation que leur maintien.
L’objectif n’est pas d’enfermer les générations futures dans des choix impossibles à corriger.
L’objectif est de rendre la reconstruction assez solide pour qu’aucun gouvernement ne puisse revenir facilement à l’abandon, à la dépendance et à la puissance maritime théorique.
Les actifs qui rendent la réforme durable
La transformation devient difficile à démanteler lorsque la France dispose :
- de ports froids opérationnels ;
- de chaînes de transformation locales ;
- d’écloseries maîtrisées ;
- de fermes marines validées ;
- de filières algales structurées ;
- de navires modernes ;
- de chantiers navals actifs ;
- d’équipes de maintenance ;
- d’écoles maritimes renforcées ;
- de laboratoires ;
- de systèmes de surveillance ;
- de réseaux de données ;
- de circuits interinsulaires ;
- de marchés régionaux ;
- de réserves de pièces ;
- de compétences installées dans les territoires.
Une infrastructure vide ou dépendante d’un unique opérateur ne constitue pas une irréversibilité.
Elle devient solide lorsqu’elle possède des utilisateurs, des professionnels formés, des débouchés, une maintenance, une gouvernance et un modèle économique défendable.
L’irréversibilité humaine
La réforme devient durable lorsque des milliers de jeunes apprennent un métier maritime et peuvent vivre de cette compétence.
Elle devient durable lorsque les anciens transmettent leurs savoirs.
Elle devient durable lorsque les habitants ultramarins accèdent aux fonctions techniques, scientifiques, entrepreneuriales et de commandement.
Elle devient durable lorsque les femmes trouvent leur place dans tous les niveaux de la filière.
Elle devient durable lorsque les travailleurs n’ont plus besoin de quitter leur territoire pour trouver une carrière digne.
La première infrastructure maritime reste la compétence humaine.
Un port peut être abandonné.
Une génération formée peut le reconstruire.
L’irréversibilité alimentaire
La réforme atteint un premier point de non-retour lorsque des produits français remplacent durablement une partie des importations sans augmenter la pression sur la pêche sauvage.
Elle devient concrète lorsque :
- les cantines utilisent davantage de produits locaux ;
- les poissonneries disposent de filières fiables ;
- les familles ultramarines trouvent une offre locale accessible ;
- les ports transforment ce qui est débarqué ;
- les pertes diminuent ;
- les coproduits sont valorisés ;
- les circuits régionaux fonctionnent.
La souveraineté alimentaire maritime ne signifie pas tout produire.
Elle signifie ne plus être incapable de produire ce que notre géographie, notre science et nos travailleurs permettent raisonnablement de fournir.
L’irréversibilité ultramarine
La réforme devient politiquement irréversible lorsque les populations ultramarines constatent dans leur vie quotidienne :
- des emplois ;
- des prix mieux maîtrisés ;
- des formations ;
- des navires ;
- des ports équipés ;
- des entreprises locales ;
- des responsabilités ;
- une surveillance plus forte ;
- une meilleure continuité régionale ;
- une valeur qui reste dans le territoire.
Une stratégie maritime conçue sans bénéfice visible pour les Outre-mer pourrait être abandonnée dès le changement de majorité.
Une stratégie devenue utile aux habitants sera défendue par les territoires eux-mêmes.
L’irréversibilité industrielle
La France franchit un autre seuil lorsque les équipements essentiels peuvent être construits, réparés ou remplacés sur le territoire national.
Cela suppose :
- des chantiers actifs ;
- des ingénieurs ;
- des ouvriers ;
- des moteurs ;
- des systèmes froids ;
- des logiciels ;
- des batteries ;
- des capteurs ;
- des drones ;
- des pièces ;
- des matériaux ;
- des contrats durables.
Une puissance dépendante de l’étranger pour réparer ses outils fondamentaux reste fragile.
L’irréversibilité écologique
La protection du vivant doit également être rendue durable.
Elle le devient lorsque :
- les plafonds biologiques sont inscrits dans la loi ;
- les données sont publiques ;
- les zones de reproduction sont identifiées ;
- les scientifiques peuvent alerter ;
- les concessions sont conditionnelles ;
- les pollueurs doivent réparer ;
- les citoyens disposent de recours ;
- les résultats sont vérifiés.
La production ne doit pas être irréversible lorsqu’elle se trompe.
La capacité de correction, elle, doit le devenir.
L’irréversibilité démocratique
Le 2 de chaque mois, les grands flux maritimes publics sont consultables dans l’espace civique national.
Le citoyen peut suivre :
- les investissements ;
- les concessions ;
- les contrôles ;
- les incidents ;
- les emplois ;
- les prix ;
- les résultats ;
- les sanctions ;
- les corrections.
Une politique rendue visible devient plus difficile à détourner silencieusement.
Les clauses de continuité
Les grands programmes maritimes seront organisés sur plusieurs années, avec :
- des engagements votés ;
- des objectifs intermédiaires ;
- des contrats territoriaux ;
- des obligations d’entretien ;
- des clauses de révision ;
- des réserves financières ;
- des plans de continuité ;
- des évaluations publiques.
Un gouvernement futur pourra modifier la trajectoire.
Il ne pourra pas effacer les résultats ni vendre facilement les actifs sans débat public, justification et contrôle parlementaire.
Le point de non-retour
Le point de non-retour politique sera atteint lorsque la France cessera d’être une puissance maritime seulement proclamée.
Il sera atteint lorsque la mer française :
- nourrira davantage ;
- formera davantage ;
- transformera davantage ;
- emploiera davantage ;
- protégera davantage ;
- surveillera davantage ;
- dépendra moins ;
- conservera davantage de valeur dans ses territoires.
La réforme devient irréversible lorsque le peuple sait ce qu’il perdrait en revenant en arrière.
2523. PROFIL DU MINISTRE / COMMANDANTp. 67+
Le ministère de la Mer ne peut pas être dirigé comme une administration secondaire.
Il exige un commandant capable de comprendre simultanément la production, le vivant, les territoires, la défense, l’industrie, les ports et la réalité ultramarine.
Profil humain
Le ministre doit être :
- courageux ;
- stable ;
- accessible ;
- discipliné ;
- capable d’écouter ;
- capable de décider ;
- respectueux des professionnels ;
- ferme face aux intérêts organisés ;
- honnête sur les incertitudes ;
- insensible au mépris territorial ;
- capable de reconnaître une erreur.
Il ne doit pas chercher à imposer sa volonté à la mer.
Il doit organiser la puissance nationale à l’intérieur de limites réelles.
Profil technique
Il doit maîtriser ou être capable de comprendre rapidement :
- la pêche ;
- l’aquaculture ;
- la conchyliculture ;
- l’algoculture ;
- les ports ;
- les criées ;
- la transformation ;
- la chaîne du froid ;
- la construction navale ;
- la propulsion ;
- le fret ;
- les ZEE ;
- les données ;
- la recherche ;
- l’écologie marine ;
- le droit maritime ;
- le droit européen ;
- la diplomatie régionale ;
- la vie chère ultramarine ;
- la sécurité ;
- la défense ;
- l’adaptation climatique.
Il n’a pas besoin d’être le meilleur expert de chaque sujet.
Il doit savoir reconnaître les experts compétents, détecter les conflits d’intérêts et arbitrer entre des connaissances contradictoires.
Profil territorial
Le ministre doit connaître la diversité de la France maritime.
Il doit pouvoir travailler avec :
- la Manche ;
- la mer du Nord ;
- l’Atlantique ;
- la Méditerranée ;
- la Bretagne ;
- la Normandie ;
- les Hauts-de-France ;
- la Nouvelle-Aquitaine ;
- l’Occitanie ;
- la Corse ;
- la Provence ;
- la Guadeloupe ;
- la Martinique ;
- la Guyane ;
- La Réunion ;
- Mayotte ;
- Saint-Pierre-et-Miquelon ;
- Saint-Martin ;
- Saint-Barthélemy ;
- la Nouvelle-Calédonie ;
- la Polynésie française ;
- Wallis-et-Futuna ;
- les Terres australes et antarctiques françaises ;
- les îles inhabitées ou faiblement habitées sous souveraineté française.
Il doit comprendre qu’une décision adaptée à un port hexagonal peut être absurde dans un archipel ou dans une zone tropicale.
Profil moral
Le ministre doit refuser :
- la corruption ;
- le favoritisme ;
- les concessions de complaisance ;
- les données manipulées ;
- le mépris des petits pêcheurs ;
- l’instrumentalisation de l’écologie ;
- l’instrumentalisation de l’emploi ;
- la discrimination ;
- l’exploitation des Outre-mer ;
- la privatisation silencieuse des actifs stratégiques.
Il doit accepter de perdre un soutien puissant plutôt que de sacrifier l’intérêt collectif.
Rapport aux pêcheurs
Le ministre doit pouvoir monter à bord, écouter les contraintes, comprendre la fatigue, les coûts, la météo, la transmission et la réalité des contrôles.
Il ne doit ni flatter les pêcheurs ni les traiter comme des suspects permanents.
Il doit distinguer :
- le professionnel de bonne foi ;
- l’erreur ;
- la difficulté économique ;
- la négligence ;
- la fraude organisée.
Rapport aux scientifiques
Le ministre doit protéger l’indépendance scientifique.
Il doit pouvoir demander une contre-expertise sans transformer la science en outil politique.
Il doit rendre publiques les principales divergences lorsqu’elles ont une influence sur la décision.
Rapport aux Outre-mer
Le ministre doit considérer les élus, les professionnels et les habitants ultramarins comme des partenaires de stratégie nationale.
Il doit se rendre régulièrement dans les territoires, non pour une visite symbolique, mais pour contrôler les engagements, écouter les alertes et arbitrer les blocages.
Rapport aux industriels
Le ministre doit savoir négocier des contrats exigeants.
Il doit comprendre les coûts, les délais, les technologies et les risques de dépendance.
Il ne doit pas confondre investissement privé et intérêt général.
Rapport à l’Europe
Le ministre doit connaître les mécanismes européens, construire des coalitions, défendre les intérêts français et proposer des modifications précises.
Il ne doit utiliser l’Europe ni comme excuse automatique ni comme ennemi imaginaire.
Équipe rapprochée
Le ministre s’appuie sur une équipe comprenant :
- commandement opérationnel ;
- expertise scientifique ;
- expertise ultramarine ;
- pêche ;
- aquaculture ;
- algues ;
- ports ;
- industrie ;
- énergie ;
- droit ;
- concurrence ;
- données ;
- sécurité ;
- diplomatie ;
- contrôle citoyen ;
- lutte contre les discriminations.
Les conflits d’intérêts devront être déclarés et publiés selon les règles applicables.
Mission personnelle
La mission du ministre est de faire passer la France :
d’une logique de présence maritime à une logique de puissance maritime intégrée, utile, protégée et transmissible.
2624. TABLEAU DE BORD PUBLICp. 70+
Le tableau de bord public est l’outil central de preuve du ministère.
Il ne doit pas seulement accumuler des indicateurs.
Il doit permettre au citoyen de répondre simplement à quatre questions :
1. Que voulait faire le ministère ? 2. Combien cela a-t-il coûté ? 3. Qu’a-t-il réellement produit ? 4. Qu’est-ce qui doit être corrigé ?
Production
Le tableau affiche :
- production maritime totale ;
- valeur utile créée ;
- production de la pêche sauvage ;
- production aquacole ;
- production conchylicole ;
- production algale ;
- production par territoire ;
- production par bassin ;
- volumes débarqués ;
- volumes transformés ;
- pertes ;
- coproduits valorisés ;
- part consommée localement ;
- part exportée.
Balance commerciale
Sont publiés :
- importations ;
- exportations ;
- déficit ;
- dépendance par espèce ;
- origine des importations ;
- produits remplacés par une filière française ;
- économies réalisées ;
- valeur conservée en France ;
- valeur conservée dans les Outre-mer.
Pêche
Le tableau suit :
- état des stocks ;
- quotas ;
- captures ;
- prix au pêcheur ;
- revenus ;
- navires ;
- âge moyen ;
- modernisations ;
- transmissions ;
- accidents ;
- infractions ;
- missions scientifiques ;
- zones protégées ;
- évolution de la pêche côtière.
Aquaculture
Sont présentés :
- concessions ;
- espèces ;
- volumes ;
- densités ;
- mortalité ;
- traitements ;
- incidents ;
- échappées ;
- qualité de l’eau ;
- emplois ;
- aliments utilisés ;
- part de fournisseurs français ;
- résultats des contrôles ;
- fermes suspendues ;
- sites restaurés.
Algues
Le tableau affiche :
- surfaces autorisées ;
- surfaces exploitées ;
- volumes ;
- usages ;
- valeur ;
- emplois ;
- incidences écologiques ;
- entreprises ;
- transformation ;
- export ;
- substitution à certaines importations ;
- projets expérimentaux ;
- sites arrêtés.
Ports
Sont suivis :
- ports froids programmés ;
- ports froids opérationnels ;
- capacités ;
- taux d’utilisation ;
- volumes transformés ;
- consommation énergétique ;
- coûts d’entretien ;
- emplois ;
- raccordements ferroviaires ;
- ateliers ;
- conserveries ;
- laboratoires ;
- services aux petites entreprises.
Flotte
Le tableau indique :
- nombre de navires ;
- âge ;
- disponibilité ;
- consommation ;
- émissions ;
- navires électriques ;
- navires hybrides ;
- navires bas-carbone ;
- commandes françaises ;
- réparations ;
- délais ;
- coût des modernisations ;
- accidents ;
- autonomie industrielle.
Surveillance
Sont rendus publics, dans les limites de la sécurité nationale :
- moyens disponibles ;
- disponibilité des moyens ;
- zones couvertes ;
- patrouilles ;
- alertes ;
- contrôles ;
- infractions ;
- saisies ;
- suites judiciaires ;
- délais ;
- coopération régionale ;
- pêche illégale estimée ;
- réduction obtenue.
Les itinéraires précis et les vulnérabilités opérationnelles ne seront pas publiés.
Outre-mer
Chaque territoire dispose d’une page dédiée affichant :
- production locale ;
- consommation locale ;
- transformation ;
- prix ;
- marges ;
- emplois ;
- formations ;
- infrastructures ;
- propriété locale ;
- aides ;
- fret ;
- export régional ;
- surveillance ;
- incidents ;
- jeunes revenus travailler dans le territoire ;
- valeur conservée.
Vie chère
Le suivi porte sur :
- prix producteur ;
- prix sortie de port ;
- prix grossiste ;
- prix distributeur ;
- prix consommateur ;
- coûts logistiques ;
- coûts énergétiques ;
- effets des aides ;
- transmission des baisses ;
- différences territoriales.
La publication des marges devra respecter les secrets protégés tout en permettant de détecter les captations anormales.
Environnement
Le tableau présente :
- qualité de l’eau ;
- état des stocks ;
- biodiversité ;
- zones restaurées ;
- pollutions ;
- plastiques ;
- filets récupérés ;
- émissions ;
- bruit ;
- maladies ;
- incidents ;
- temps de résolution ;
- sanctions ;
- réparations.
Emploi et transmission
Sont suivis :
- emplois créés ;
- emplois supprimés ;
- emplois maintenus ;
- rémunérations ;
- apprentis ;
- diplômés ;
- reconversions ;
- départs ;
- transmissions d’entreprises ;
- taux d’emploi après formation ;
- accès aux responsabilités ;
- discriminations ;
- harcèlement ;
- accidents ;
- pénibilité.
Finances publiques
Le citoyen peut consulter :
- budget voté ;
- budget engagé ;
- budget payé ;
- coût par programme ;
- garanties ;
- aides ;
- prêts ;
- investissements privés ;
- actifs construits ;
- dépassements ;
- retards ;
- remboursements ;
- aides récupérées ;
- coûts évités.
Signalétique de confiance
Chaque indicateur porte un symbole indiquant :
- donnée officielle ;
- donnée calculée ;
- donnée à auditer ;
- projection ;
- donnée ancienne ;
- donnée contestée ;
- donnée corrigée.
Comparaison entre promesse et résultat
Le tableau ne se contente pas d’afficher la situation.
Il compare :
- objectif ;
- résultat ;
- écart ;
- cause ;
- correction ;
- nouveau délai.
Un objectif supprimé reste visible dans l’historique.
Le ministère ne pourra pas effacer une promesse parce qu’elle n’a pas été tenue.
Accessibilité
Le tableau sera disponible :
- sur ordinateur ;
- sur mobile ;
- en version simplifiée ;
- en version détaillée ;
- en formats accessibles ;
- avec graphiques ;
- avec données téléchargeables ;
- avec explications pédagogiques.
La transparence ne doit pas être réservée à ceux qui savent lire un rapport de plusieurs centaines de pages.
2725. RISQUES DE DÉRIVE ET GARDE-FOUSp. 74+
Une grande stratégie maritime peut échouer par excès d’ambition, captation, imprudence écologique, faiblesse juridique ou mauvaise exécution.
Les risques doivent être identifiés avant le lancement.
Risque : objectif ×10 transformé en obligation aveugle
Un objectif politique trop rigide pourrait pousser à produire même lorsque les conditions ne le permettent pas.
Garde-fou
Le ×10 reste une trajectoire conditionnelle de valeur utile.
Chaque filière et chaque bassin disposent de leurs propres plafonds.
La science, le contrôle juridique et l’évaluation territoriale peuvent ralentir, suspendre ou refuser un projet.
Risque : surexploitation de la pêche sauvage
La recherche de résultats rapides pourrait augmenter la pression sur certaines espèces.
Garde-fou
La pêche sauvage reste plafonnée selon l’état des stocks, les obligations applicables et les données disponibles.
La croissance doit venir principalement de la transformation, de la réduction des pertes, des cultures marines et de l’innovation.
Risque : aquaculture polluante
Une concentration excessive peut dégrader l’eau, les fonds et la santé des espèces.
Garde-fou
Chaque projet doit respecter :
- densités limitées ;
- suivi de l’eau ;
- contrôle sanitaire ;
- prévention des échappées ;
- gestion des rejets ;
- transparence des traitements ;
- assurance ;
- fonds de restauration ;
- suspension rapide en cas de danger.
Risque : maladies et mortalités massives
Une filière trop concentrée peut créer une vulnérabilité biologique.
Garde-fou
Diversification des espèces, séparation des bassins, surveillance vétérinaire, plans de crise, capacités de quarantaine et stocks de sécurité.
Risque : dépendance aux aliments aquacoles importés
Une aquaculture française nourrie entièrement par des intrants étrangers déplacerait la dépendance sans la supprimer.
Garde-fou
Développement :
- d’aliments alternatifs ;
- de coproduits ;
- d’algues ;
- d’insectes lorsque pertinents ;
- de protéines françaises ;
- de formulations moins dépendantes des farines de poisson ;
- de contrats de sécurité.
Risque : conflit avec les pêcheurs artisans
Les concessions pourraient bloquer des zones traditionnelles ou modifier les écosystèmes.
Garde-fou
Cartographie des usages, concertation préalable, zones réservées, priorité à la pêche côtière dans les espaces essentiels, compensation justifiée, suivi partagé et possibilité de déplacer ou réduire un projet.
Risque : privatisation des espaces maritimes
Des concessions longues pourraient créer une appropriation de fait.
Garde-fou
Les concessions restent temporaires, conditionnelles, contrôlées et révisables.
L’espace maritime demeure un bien commun placé sous autorité publique.
Risque : monopoles industriels
Quelques groupes pourraient contrôler la production, les ports, le froid et la distribution.
Garde-fou
Contrôle de la concurrence, accès des PME, infrastructures mutualisées, transparence des participations, limites de concentration et soutien aux coopératives.
Risque : captation ultramarine
Des entreprises extérieures pourraient bénéficier des ressources sans transmettre la valeur au territoire.
Garde-fou
Obligations de :
- transformation locale ;
- emplois locaux ;
- formation ;
- participation territoriale ;
- gouvernance ;
- priorité au marché local ;
- publication des flux ;
- retour d’une part de la valeur.
Risque : instrumentalisation des habitants
Une consultation tardive pourrait servir uniquement à valider une décision déjà prise.
Garde-fou
Concertation dès la phase de cartographie, publication des alternatives, droit d’alerte et réponse motivée aux objections.
Risque : défiguration des littoraux
Des installations industrielles pourraient détruire des paysages, des villages ou des activités touristiques.
Garde-fou
Intégration paysagère, éloignement lorsque possible, zones patrimoniales protégées, avis territorial, limitation des hauteurs et démantèlement obligatoire en fin d’activité.
Risque : infrastructures surdimensionnées
Un port ou une usine trop grands peuvent devenir des charges permanentes.
Garde-fou
Dimensionnement progressif, pilotes, modules extensibles, taux d’utilisation minimal et arrêt des extensions sans demande réelle.
Risque : corruption et favoritisme
La valeur des concessions et des marchés peut attirer des réseaux d’influence.
Garde-fou
Publication des critères, déclarations d’intérêts, contrôle indépendant, traçabilité des décisions, audits, protection des lanceurs d’alerte et sanctions pénales.
Risque : discrimination dans les emplois
Les populations locales pourraient rester exclues des fonctions qualifiées.
Garde-fou
Suivi des recrutements, formation locale, objectifs de progression, contrôle des écarts, voies de signalement, réparation et sanctions contractuelles.
Risque : aides captées sans baisse de prix
Les aides logistiques ou énergétiques pourraient augmenter les marges sans bénéficier aux consommateurs.
Garde-fou
Suivi des prix, transparence des étapes, clauses de transmission, contrôle de la concurrence et récupération des aides en cas de détournement manifeste.
Risque : dépendance technologique
Les systèmes de surveillance et de production pourraient dépendre de logiciels, de composants ou de fournisseurs étrangers.
Garde-fou
Diversification, exigences de réversibilité, standards ouverts, capacités françaises, stockage de pièces, audits de cybersécurité et contrôle des données.
Risque : automatisation incontrôlée
L’intelligence artificielle pourrait produire des erreurs ou des sanctions automatiques.
Garde-fou
Vérification humaine, possibilité de contestation, audit des algorithmes, conservation des preuves et interdiction des sanctions purement automatiques.
Risque : transition énergétique irréaliste
L’obligation d’utiliser une technologie immature pourrait mettre en danger les marins ou détruire les entreprises.
Garde-fou
Transition selon l’usage :
- électrique pour le côtier compatible ;
- hybride pour les usages intermédiaires ;
- solutions bas-carbone pour le hauturier ;
- expérimentation avant généralisation ;
- maintien de la sécurité comme priorité absolue.
Risque : accords énergétiques déséquilibrés
La France pourrait échanger une dépendance contre une autre.
Garde-fou
Contrats d’État à État, durée limitée, publication des engagements, clause de sortie, diversification et absence de transfert de souveraineté.
Risque : opposition écologique caricaturée
Refuser d’écouter les alertes renforcerait les conflits.
Garde-fou
Publication des études, contre-expertise, débat contradictoire et possibilité réelle de refus.
Risque : réforme paralysée par les recours
Une insécurité juridique permanente peut empêcher toute réalisation.
Garde-fou
Procédures claires, délais raisonnables, concertation précoce, décisions motivées, juridictions suffisamment dotées et absence de passage en force mal préparé.
Règle générale
La puissance maritime n’autorise jamais l’irresponsabilité.
Chaque liberté de produire doit être accompagnée d’une obligation de prouver, de réparer et de transmettre.
2826. ATTAQUES / RÉPONSESp. 78+
Attaque : « Votre ×10 va vider les océans. »
Réponse :
Non.
La pêche sauvage reste plafonnée par l’état des ressources.
La progression vient principalement de la transformation, de la réduction des pertes, de la conchyliculture, de l’aquaculture contrôlée, des algues, de la recherche et de l’industrie maritime.
Le ×10 mesure une progression de valeur utile, pas une multiplication aveugle des captures.
Attaque : « Vous voulez industrialiser toute la mer. »
Réponse :
Nous voulons organiser une production limitée, contrôlée et utile dans les zones compatibles.
Certaines zones produiront.
D’autres seront principalement protégées.
La mer ne sera ni abandonnée ni couverte d’installations.
Attaque : « L’aquaculture est toujours polluante. »
Réponse :
Elle peut être polluante lorsqu’elle est mal située, trop dense ou insuffisamment contrôlée.
C’est précisément pourquoi LPE impose des plafonds, des contrôles, des obligations de réparation et la possibilité de fermer une installation.
Nous préférons une production française surveillée à une dépendance envers des productions étrangères dont nous contrôlons moins les effets.
Attaque : « Vous allez tuer la pêche traditionnelle. »
Réponse :
La pêche artisanale est protégée comme une filière de qualité, de territoire et de transmission.
Elle ne doit pas porter seule l’augmentation des volumes.
L’aquaculture complète la pêche sauvage afin de réduire la pression sur elle.
Attaque : « Les ports froids vont coûter une fortune. »
Réponse :
Ils seront dimensionnés selon les besoins et installés progressivement.
Un port froid utile réduit les pertes, augmente la durée de conservation, permet la transformation, améliore les prix et conserve la valeur localement.
Une infrastructure sans usage sera arrêtée ou redimensionnée.
Attaque : « Vous voulez tout subventionner. »
Réponse :
Non.
L’argent public finance les actifs stratégiques, les transitions difficiles, la recherche, la surveillance et les outils mutualisés.
Les entreprises productives restent responsables de leur modèle économique.
Une aide sans résultat sera suspendue ou récupérée.
Attaque : « Vous êtes protectionnistes. »
Réponse :
Nous ne supprimons pas les échanges.
Nous refusons la dépendance automatique et la concurrence fondée sur des pratiques interdites en France.
Coopérer n’est pas se soumettre.
Importer n’est pas renoncer à produire.
Attaque : « Les Outre-mer vont servir de cobayes. »
Réponse :
Non.
Aucun grand projet ne sera décidé uniquement depuis Paris.
Les territoires participeront à la gouvernance, à la propriété, aux emplois, aux formations et au contrôle.
La priorité sera la consommation locale, puis les échanges régionaux, avant l’exportation lointaine.
Attaque : « La valeur repartira encore vers la métropole. »
Réponse :
Les aides et concessions seront conditionnées à une part vérifiable de transformation, d’emploi, de formation et de valeur conservée dans le territoire.
Les flux seront publiés.
Attaque : « Vous n’abaisserez jamais la vie chère. »
Réponse :
La mer ne réglera pas seule toute la vie chère ultramarine.
Mais elle peut réduire certaines dépendances, raccourcir des circuits, développer le froid, augmenter la production locale et contrôler les marges.
Nous ne promettons pas un miracle général.
Nous exigeons des baisses mesurables produit par produit et territoire par territoire.
Attaque : « Vous voulez militariser les océans. »
Réponse :
Protéger une ZEE n’est pas militariser la vie civile.
La surveillance associera moyens civils, douaniers, scientifiques, satellitaires, judiciaires et militaires.
Une souveraineté non surveillée devient une permission de pillage.
Attaque : « Votre flotte propre est techniquement impossible. »
Réponse :
Nous ne promettons pas la même motorisation pour tous les navires.
L’électrique convient à certains usages côtiers.
L’hybride répond à certains trajets intermédiaires.
Le hauturier exige encore d’autres solutions.
La transition sera progressive, expérimentée et compatible avec la sécurité.
Attaque : « Vous voulez revenir au pétrole. »
Réponse :
Non.
Nous refusons de mentir sur le temps nécessaire à la transition.
Les hydrocarbures encore nécessaires seront utilisés comme énergie temporaire, avec une trajectoire de réduction, une diversification et des investissements dans les alternatives.
Une transition maîtrisée vaut mieux qu’une promesse impossible.
Attaque : « Vous allez défigurer nos côtes. »
Réponse :
Les paysages font partie de la richesse maritime.
Les zones patrimoniales, touristiques et naturelles seront protégées.
Les projets pourront être éloignés, réduits, modifiés ou refusés lorsque leur impact est disproportionné.
Attaque : « Les normes vont encore écraser les petits pêcheurs. »
Réponse :
LPE distingue la fraude organisée de l’erreur de bonne foi.
Les règles seront simplifiées, numérisées et accompagnées.
La protection du vivant sera maintenue, mais l’administration devra cesser de transformer chaque petite erreur en parcours de destruction économique.
Attaque : « Les grands groupes récupéreront tout. »
Réponse :
Les outils mutualisés, les coopératives, l’accès des PME, la transparence des concessions et le contrôle antimonopole sont précisément prévus pour l’empêcher.
Attaque : « Votre programme est contraire à l’Europe. »
Réponse :
La France utilisera le droit existant, négociera les adaptations utiles et construira des coalitions.
Lorsqu’une règle empêche une protection ou une production légitime, elle doit pouvoir être modifiée par la voie politique et juridique.
Attaque : « Vous promettez trop. »
Réponse :
Chaque projection sera accompagnée d’hypothèses, de coûts, de limites et de points de contrôle.
Un objectif irréaliste sera corrigé.
LPE ne finance pas des intentions.
LPE finance des preuves.
Défense centrale
Nous ne voulons pas vider les océans. Nous voulons arrêter de vider les ports, les îles et les territoires de leur valeur.
2927. TROIS NIVEAUX DE LECTUREp. 82+
Niveau populaire
La France possède une mer immense, mais importe encore trop de poissons, transforme trop peu dans ses ports et laisse les Outre-mer subir des prix excessifs.
LPE veut remettre de l’ordre.
Nous protégeons la pêche artisanale.
Nous développons des élevages marins contrôlés et des cultures d’algues.
Nous construisons des ports capables de conserver et transformer les produits.
Nous modernisons les bateaux.
Nous surveillons mieux nos espaces maritimes.
Nous faisons travailler et former les habitants des territoires concernés.
La règle est simple :
Produire davantage quand c’est possible, mais ne jamais détruire la mer qui nous nourrit.
Niveau citoyen engagé
Le ministère organise une chaîne maritime complète.
La pêche sauvage reste plafonnée et devient une filière de qualité.
Le volume supplémentaire vient principalement de l’aquaculture contrôlée, de la conchyliculture, des algues et de la réduction des pertes.
Les ports froids permettent de conserver, transformer et distribuer localement.
Les Outre-mer deviennent des bases de production, de recherche, de surveillance et d’échanges régionaux.
Les aides publiques sont conditionnées à des résultats :
- emplois ;
- formation ;
- transformation ;
- traçabilité ;
- qualité de l’eau ;
- valeur conservée ;
- baisse des dépendances.
Les données sont publiées.
Les projets dangereux peuvent être arrêtés.
Les citoyens disposent d’un droit d’alerte et de recours.
Niveau expert
Le ministère met en place une planification maritime intégrée fondée sur cinq fonctions :
1. connaissance scientifique ; 2. plafond écologique ; 3. capacité productive ; 4. infrastructure industrielle et logistique ; 5. contrôle démocratique et souverain.
La trajectoire de progression pouvant tendre vers ×10 ne correspond pas à un objectif uniforme de tonnage.
Elle additionne la valeur créée par :
- production ;
- transformation ;
- réduction des pertes ;
- algoculture ;
- biotechnologies ;
- construction navale ;
- maintenance ;
- services portuaires ;
- robotique ;
- surveillance ;
- substitution aux importations ;
- export régional ;
- restauration écologique ;
- efficacité énergétique.
La gouvernance distingue :
- stratégie nationale ;
- planification territoriale ;
- autorisation scientifique et administrative ;
- production privée contrôlée ;
- infrastructures mutualisées ;
- actifs stratégiques publics ou mixtes ;
- contrôle juridictionnel ;
- correction citoyenne.
Le programme intègre :
- compatibilité constitutionnelle ;
- articulation européenne ;
- droit des concessions ;
- proportionnalité des sanctions ;
- protection de la bonne foi ;
- lutte antimonopole ;
- clauses miroirs ;
- gouvernance ultramarine ;
- protection des données stratégiques ;
- obligations de restauration.
Le principal résultat attendu est la transformation d’un avantage géographique passif en souveraineté productive, industrielle, alimentaire et territoriale mesurable.
3028. SIMULATEURSp. 84+
Les simulateurs du ministère ne devront pas servir à fabriquer des promesses automatiques.
Ils permettront d’explorer les choix, de rendre les hypothèses visibles et de comparer plusieurs scénarios.
Chaque simulateur indiquera :
- ses sources ;
- sa date ;
- ses hypothèses ;
- son niveau d’incertitude ;
- ce qu’il ne peut pas prévoir ;
- les règles juridiques applicables ;
- les limites écologiques.
Simulateur de bassin maritime
Il permet d’évaluer un territoire selon :
- profondeur ;
- courants ;
- température ;
- météo ;
- qualité de l’eau ;
- biodiversité ;
- zones protégées ;
- reproduction ;
- navigation ;
- pêche ;
- tourisme ;
- défense ;
- paysages ;
- raccordement au port ;
- énergie ;
- acceptabilité ;
- risques.
Il affiche plusieurs scénarios :
- protection renforcée ;
- pêche ;
- aquaculture ;
- algoculture ;
- activité mixte ;
- absence de projet.
Il ne délivre jamais une autorisation automatique.
Simulateur de progression maritime
Il mesure la trajectoire de valeur utile selon :
- production actuelle ;
- pêche sauvage ;
- aquaculture ;
- conchyliculture ;
- algues ;
- transformation ;
- pertes ;
- industrie ;
- recherche ;
- importations ;
- emplois ;
- limites écologiques ;
- coûts ;
- délais.
Il distingue :
- progression réaliste ;
- progression ambitieuse ;
- scénario de rupture ;
- scénario empêché par les limites.
Simulateur de port froid
Il calcule :
- volumes débarqués ;
- volumes saisonniers ;
- besoin en glace ;
- stockage ;
- congélation ;
- transformation ;
- énergie ;
- personnel ;
- maintenance ;
- transport ;
- coût ;
- emplois ;
- seuil de rentabilité ;
- effet sur les pertes ;
- effet sur le prix ;
- mutualisation possible.
Il alerte lorsque l’infrastructure envisagée est surdimensionnée.
Simulateur Outre-mer productif
Il relie :
- consommation locale ;
- production locale ;
- importations ;
- capacités portuaires ;
- froid ;
- transformation ;
- prix ;
- marges ;
- fret ;
- emplois ;
- formations ;
- export régional ;
- propriété locale.
Il permet de tester la règle :
1. nourrir localement ; 2. échanger régionalement ; 3. exporter plus loin.
Simulateur de flotte propre
Il compare pour un navire :
- âge ;
- activité ;
- distance ;
- vitesse ;
- charge ;
- consommation ;
- entretien ;
- motorisation actuelle ;
- électrique ;
- hybride ;
- carburant bas-carbone ;
- propulsion assistée ;
- coût ;
- autonomie ;
- émissions ;
- sécurité ;
- infrastructures nécessaires.
Il ne recommande jamais une technologie incompatible avec la mission ou la sécurité.
Simulateur de surveillance ZEE
Il compare :
- satellites ;
- drones ;
- radars ;
- patrouilleurs ;
- avions ;
- coopération ;
- personnel ;
- zones couvertes ;
- délais ;
- détections ;
- coûts ;
- infractions évitées ;
- disponibilité ;
- vulnérabilités.
Les données opérationnelles sensibles restent protégées.
Simulateur algues
Il estime :
- espèce ;
- surface ;
- rendement ;
- saison ;
- qualité de l’eau ;
- coût ;
- main-d’œuvre ;
- transformation ;
- débouché ;
- alimentation ;
- fertilisant ;
- matériau ;
- cosmétique ;
- pharmacie ;
- alimentation animale ;
- captation de nutriments ;
- risques écologiques.
Il intègre la possibilité qu’une culture soit techniquement possible, mais économiquement inutile ou écologiquement inadaptée.
Simulateur aquaculture
Il évalue :
- espèce ;
- densité ;
- alimentation ;
- mortalité ;
- maladies ;
- rejets ;
- échappées ;
- qualité de l’eau ;
- énergie ;
- distance au port ;
- transformation ;
- emplois ;
- coût ;
- acceptabilité ;
- assurance ;
- restauration ;
- rentabilité ;
- impact cumulé.
Simulateur de pêche premium
Il permet au pêcheur ou à la coopérative de mesurer l’effet :
- de la vente directe ;
- de la transformation ;
- du froid ;
- de la labellisation ;
- de la restauration collective ;
- de la saisonnalité ;
- de la valorisation des coproduits ;
- de la réduction du carburant ;
- d’une meilleure traçabilité.
L’objectif est d’augmenter la rémunération sans augmenter automatiquement les captures.
Simulateur de vie chère maritime
Il décompose le prix final :
- prix producteur ;
- débarquement ;
- froid ;
- transformation ;
- emballage ;
- transport ;
- taxes ;
- grossiste ;
- distribution ;
- pertes ;
- marge ;
- aides publiques.
Il montre où une baisse peut être obtenue et où elle risque d’être captée.
Simulateur de transformation locale
Il compare :
- vente brute ;
- filetage ;
- surgélation ;
- conserverie ;
- fumaison ;
- plats préparés ;
- valorisation des coproduits ;
- coût énergétique ;
- emplois ;
- valeur ajoutée ;
- durée de conservation ;
- marché local ;
- export.
Simulateur de concession
Il permet de comparer plusieurs candidats selon :
- expérience ;
- financement ;
- emplois ;
- formation ;
- transformation ;
- impact ;
- gouvernance ;
- participation locale ;
- transparence ;
- durée ;
- réversibilité ;
- assurance ;
- restauration ;
- risques de concentration.
La décision finale reste humaine, publique et susceptible de recours.
Simulateur Pacte Mer-Énergie
Il évalue un accord international selon :
- énergie obtenue ;
- production échangée ;
- technologies ;
- formation ;
- durée ;
- dépendance ;
- diversification ;
- prix ;
- clauses de sortie ;
- effets territoriaux ;
- souveraineté ;
- bilan écologique ;
- risques diplomatiques.
Le simulateur doit identifier les accords qui soulagent temporairement une dépendance tout en en créant une nouvelle.
Simulateur citoyen
Le citoyen peut sélectionner son profil :
- famille ultramarine ;
- pêcheur ;
- jeune ;
- commune littorale ;
- aquaculteur ;
- transformateur ;
- industriel ;
- consommateur ;
- salarié portuaire.
Il découvre :
- les mesures qui le concernent ;
- les aides ;
- les obligations ;
- les risques ;
- les calendriers ;
- les recours ;
- les résultats attendus.
Règle finale des simulateurs
Un simulateur ne décide pas.
Il éclaire.
Il rend visibles les hypothèses.
Il montre les conséquences.
La décision reste politique, scientifique, juridique et démocratique.
3129. ARTICLES LIÉSp. 89+
Les articles liés au ministère n°21 doivent permettre d’approfondir les choix politiques, d’expliquer les mécanismes économiques et de répondre aux inquiétudes légitimes.
Ils ne doivent pas servir à répéter le programme sous une forme plus longue.
Chaque article doit partir d’une question concrète, présenter les faits disponibles, distinguer les certitudes des projections et montrer les conséquences quotidiennes pour les habitants, les professionnels et les territoires.
Pourquoi la France reste une puissance maritime théorique
Cet article explique le paradoxe français : un espace maritime immense, mais des importations élevées, une transformation locale insuffisante, une flotte vieillissante et des moyens de surveillance limités face à l’étendue des zones concernées.
Il montre qu’une superficie ne devient une puissance que lorsqu’elle est connue, protégée, équipée, travaillée et reliée à une stratégie nationale.
Le ×10 maritime : puissance utile ou slogan dangereux ?
Cet article précise que l’objectif ne consiste pas à multiplier par dix les captures sauvages.
Il présente les différentes composantes de la valeur maritime :
- production ;
- transformation ;
- algues ;
- aquaculture ;
- industrie navale ;
- recherche ;
- services portuaires ;
- réduction des pertes ;
- surveillance ;
- baisse des importations ;
- emplois ;
- valeur conservée localement.
Il montre les conditions scientifiques, écologiques, économiques et territoriales qui peuvent autoriser, ralentir ou empêcher la progression.
Pourquoi la pêche sauvage ne peut pas porter seule la montée en puissance
Cet article explique la différence entre ressource sauvage et production cultivée.
Il présente :
- l’état des stocks ;
- les cycles de reproduction ;
- les limites biologiques ;
- la nécessité des quotas ;
- la valeur de la pêche artisanale ;
- le rôle complémentaire de l’aquaculture ;
- la nécessité de mieux rémunérer sans capturer davantage.
La pêche artisanale peut-elle redevenir un métier d’avenir ?
L’article aborde :
- le prix payé au pêcheur ;
- les coûts de carburant ;
- la transmission ;
- la modernisation des navires ;
- la vente directe ;
- la transformation ;
- les missions scientifiques ;
- les circuits courts ;
- la restauration collective ;
- la protection contre la concurrence illégale.
Il montre que la survie de la pêche artisanale dépend moins d’une augmentation permanente des volumes que d’une meilleure répartition de la valeur.
L’aquaculture est-elle forcément polluante ?
Cet article ne nie ni les risques ni les échecs passés.
Il distingue :
- les systèmes ouverts ;
- les systèmes fermés ;
- l’aquaculture à terre ;
- l’offshore ;
- la conchyliculture ;
- l’aquaculture multitrophique ;
- les densités ;
- les rejets ;
- les maladies ;
- les échappées ;
- les aliments utilisés.
Il expose les garde-fous LPE et les situations dans lesquelles un projet doit être refusé.
Les algues, blé maritime du XXIe siècle
L’article étudie les usages possibles :
- alimentation ;
- fertilisation ;
- alimentation animale ;
- cosmétique ;
- pharmacie ;
- matériaux ;
- bioplastiques ;
- dépollution ciblée ;
- ingrédients aquacoles.
Il rappelle qu’une filière prometteuse ne devient utile que si les débouchés, les coûts, la transformation et les limites écologiques sont prouvés.
Ports froids : l’infrastructure oubliée
Cet article montre pourquoi la production seule ne suffit pas.
Il explique le rôle :
- de la glace ;
- du stockage ;
- de la surgélation ;
- du filetage ;
- de la conserverie ;
- de la logistique ;
- des laboratoires ;
- de la réparation ;
- de l’énergie.
Il démontre qu’un port qui ne transforme pas laisse partir une grande partie de la valeur.
Outre-mer : de la compensation à la puissance
L’article expose le changement de doctrine.
Les Outre-mer ne sont plus considérés comme de simples territoires à aider après chaque crise.
Ils deviennent :
- producteurs ;
- transformateurs ;
- centres de formation ;
- bases de surveillance ;
- plateformes régionales ;
- centres de recherche ;
- propriétaires d’une partie de la valeur.
L’article présente également les risques de captation extérieure et les garanties de gouvernance locale.
La mer peut-elle réellement réduire la vie chère ultramarine ?
Cet article distingue ce que la politique maritime peut changer et ce qu’elle ne peut pas régler seule.
Elle peut agir sur :
- la production locale ;
- le froid ;
- la transformation ;
- les circuits régionaux ;
- les pertes ;
- les coûts logistiques ;
- les marges ;
- la concurrence.
Elle ne peut pas, à elle seule, corriger l’ensemble des prix du logement, de l’énergie, des services et des produits importés.
La crédibilité impose de ne promettre que les effets mesurables.
Une ZEE non surveillée est-elle vraiment française ?
Cet article explique :
- la notion de zone économique exclusive ;
- les droits souverains ;
- les limites juridiques ;
- la pêche illégale ;
- les trafics ;
- la surveillance satellitaire ;
- les moyens civils et militaires ;
- les coopérations régionales ;
- les poursuites judiciaires.
Il montre que la souveraineté exige une présence et une capacité de réaction.
Peut-on électrifier tous les bateaux ?
L’article distingue les besoins du côtier, du semi-hauturier et du hauturier.
Il compare :
- électrique ;
- hybride ;
- carburants bas-carbone ;
- propulsion assistée ;
- hydrogène ;
- sobriété ;
- optimisation des routes.
Il refuse à la fois l’immobilisme et les promesses techniquement irréalistes.
Qui gagne réellement de l’argent sur un poisson ?
Cet article suit la formation du prix :
- pêcheur ;
- débarquement ;
- criée ;
- transformation ;
- froid ;
- transport ;
- grossiste ;
- distribution ;
- consommateur.
Il explique comment une aide publique peut être captée si les marges ne sont pas suivies.
Pourquoi la France doit reconstruire ses chantiers navals
L’article relie :
- souveraineté ;
- réparation ;
- emplois ;
- sécurité ;
- transition énergétique ;
- pièces détachées ;
- maintenance ultramarine ;
- recherche ;
- défense.
Faut-il protéger certains espaces de toute production ?
L’article assume que certaines zones doivent rester protégées en raison :
- de leur biodiversité ;
- de leur fonction de reproduction ;
- de leur fragilité ;
- de leur valeur paysagère ;
- de leur rôle culturel ;
- de leur importance scientifique.
La puissance ne signifie pas utiliser chaque mètre carré.
Elle signifie savoir ce qui doit produire et ce qui doit rester intact.
Les accords Mer-Énergie peuvent-ils préserver notre souveraineté ?
Cet article explique les conditions nécessaires :
- durée limitée ;
- équilibre mesurable ;
- diversification ;
- absence de transfert de souveraineté ;
- clauses de sortie ;
- transparence ;
- bénéfices territoriaux ;
- financement de la transition.
Article doctrinal final
La France ne manque pas de mer. Elle manque d’ordre maritime.
Cet article rassemble l’ensemble de la doctrine du ministère :
- produire sans piller ;
- protéger sans abandonner ;
- transformer sans capturer ;
- surveiller sans militariser la vie civile ;
- négocier sans se soumettre ;
- développer les Outre-mer sans les exploiter ;
- investir dans des actifs réels ;
- transmettre une mer vivante.
3230. QUIZ LIÉSp. 94+
Les quiz doivent transmettre les connaissances nécessaires à un débat sérieux.
Ils ne doivent pas piéger le citoyen ni présenter les choix LPE comme les seules réponses raisonnables.
Chaque réponse devra être expliquée et reliée à une source ou à une distinction politique claire.
Quiz 1 — La France connaît-elle vraiment sa puissance maritime ?
Questions possibles :
- Qu’est-ce qu’une zone économique exclusive ?
- Quelle part de l’espace maritime français se trouve dans les Outre-mer ?
- Une ZEE est-elle identique au territoire national ?
- Quels droits la France y exerce-t-elle ?
- Pourquoi sa surveillance est-elle difficile ?
- Quels territoires donnent à la France sa présence dans plusieurs océans ?
Quiz 2 — Pêche sauvage et aquaculture
- Quelle différence existe entre pêche et aquaculture ?
- Pourquoi la pêche sauvage ne peut-elle pas progresser sans limite ?
- Qu’est-ce qu’une capacité de régénération ?
- Une ferme marine est-elle toujours écologique ?
- Quels sont les principaux risques aquacoles ?
- Dans quelles conditions l’aquaculture peut-elle réduire la pression sur les stocks ?
Quiz 3 — Le parcours d’un poisson
- Où le prix augmente-t-il ?
- À quoi sert une criée ?
- Pourquoi faut-il produire de la glace ?
- Qu’est-ce que la chaîne du froid ?
- Pourquoi transformer près du port ?
- Comment une aide peut-elle être captée par un intermédiaire ?
Quiz 4 — Les algues
- Qu’est-ce que l’algoculture ?
- Toutes les algues sont-elles comestibles ?
- Quels usages industriels sont possibles ?
- Une culture d’algues est-elle toujours bénéfique à l’environnement ?
- Pourquoi faut-il prouver l’existence d’un débouché avant de cultiver massivement ?
Quiz 5 — Outre-mer et vie chère
- Pourquoi les territoires ultramarins dépendent-ils fortement des importations ?
- Comment le froid peut-il agir sur les prix ?
- Pourquoi produire localement ne suffit-il pas toujours ?
- Quel rôle jouent les marges et le fret ?
- Pourquoi la priorité locale doit-elle précéder l’exportation ?
Quiz 6 — Flotte propre
- Un bateau côtier et un navire hauturier ont-ils les mêmes besoins ?
- Pourquoi l’électrique ne convient-il pas encore à tous les usages ?
- Qu’est-ce qu’un navire hybride ?
- Quel est le rôle de l’optimisation des routes ?
- La sécurité peut-elle justifier une transition plus progressive ?
Quiz 7 — Protection du vivant
- Qu’est-ce qu’un stock exploité durablement ?
- À quoi servent les zones de reproduction ?
- Pourquoi certaines zones doivent-elles rester interdites ?
- Qu’est-ce qu’un effet cumulé ?
- Qui peut demander l’arrêt d’un projet dangereux ?
Quiz 8 — Souveraineté maritime
- Pourquoi une grande superficie ne suffit-elle pas ?
- Quels moyens permettent de surveiller une ZEE ?
- Quelle différence existe entre surveillance civile et défense militaire ?
- Pourquoi faut-il pouvoir réparer les navires en France ?
- Comment la dépendance technologique fragilise-t-elle la souveraineté ?
Quiz 9 — Discrimination dans les métiers maritimes
- Quels obstacles peuvent rencontrer les femmes ?
- Pourquoi les jeunes ultramarins doivent-ils accéder aux fonctions qualifiées ?
- Comment contrôler les recrutements liés à une concession publique ?
- Quelles protections doivent exister pour un lanceur d’alerte ?
- Pourquoi une discrimination constitue-t-elle aussi une perte économique nationale ?
Quiz 10 — Comprendre le ×10
- S’agit-il de multiplier les captures par dix ?
- Quels secteurs composent la valeur maritime ?
- Pourquoi l’objectif doit-il être différent selon les bassins ?
- Qui peut ralentir ou bloquer une trajectoire ?
- Quel indicateur distingue une promesse d’une preuve ?
Résultat pédagogique
À la fin des quiz, le citoyen doit comprendre une idée centrale :
La puissance maritime n’est pas la quantité maximale prélevée. C’est la capacité maximale à produire de l’utilité sans détruire la source de cette utilité.
3331. SONDAGES LIÉSp. 95+
Les sondages ne remplacent pas la décision scientifique, le droit ou la responsabilité politique.
Ils permettent de connaître les priorités, les peurs, les désaccords et les conditions d’acceptation.
Les résultats devront toujours être accompagnés :
- du nombre de participants ;
- de la période ;
- de la méthode ;
- du territoire ;
- des limites de représentativité.
Sondages nationaux
- Faut-il faire de la souveraineté maritime une priorité nationale ?
- Faut-il investir davantage dans les ports et la transformation locale ?
- Faut-il développer l’aquaculture lorsque les contrôles écologiques sont stricts ?
- Faut-il protéger la pêche artisanale comme une filière stratégique ?
- Faut-il renforcer les clauses environnementales sur les produits importés ?
- Faut-il publier les marges principales entre le producteur et le consommateur ?
- Faut-il accroître les moyens de surveillance des ZEE ?
- Faut-il soutenir davantage la construction navale française ?
- Faut-il réserver certaines zones marines à une protection intégrale ?
- Faut-il développer une filière industrielle nationale des algues ?
Sondages territoriaux
- Votre port manque-t-il d’équipements froids ?
- Votre territoire transforme-t-il suffisamment les produits débarqués ?
- Accepteriez-vous une ferme marine éloignée du littoral sous contrôle permanent ?
- Quelles zones doivent être protégées en priorité ?
- Quels paysages ne doivent jamais être défigurés ?
- Quelle activité maritime manque le plus à votre territoire ?
- Les habitants sont-ils consultés assez tôt ?
- Les emplois créés profitent-ils réellement à la population locale ?
Sondages ultramarins
- Quels produits de la mer devraient être produits localement en priorité ?
- La priorité doit-elle aller à la consommation locale ou à l’exportation ?
- Les aides actuelles réduisent-elles réellement les prix ?
- Les jeunes disposent-ils de formations maritimes suffisantes ?
- Les fonctions de direction sont-elles accessibles aux habitants du territoire ?
- Faut-il développer davantage les échanges maritimes régionaux ?
- Les capacités de transformation sont-elles suffisantes ?
- Les monopoles de distribution constituent-ils un obstacle majeur ?
- Les zones marines sont-elles suffisamment surveillées ?
- Quel niveau de propriété locale doit être exigé dans les grands projets ?
Sondages professionnels
- Quel est le principal obstacle à la transmission d’un navire ?
- Quel équipement manque le plus dans votre port ?
- Quelle dépense fragilise le plus votre activité ?
- Les contrôles sont-ils compréhensibles et cohérents ?
- Les erreurs de bonne foi sont-elles correctement distinguées des fraudes ?
- Quelle motorisation semble réaliste pour votre activité ?
- Participeriez-vous à des missions scientifiques rémunérées ?
- La vente directe peut-elle améliorer votre revenu ?
- Les délais administratifs empêchent-ils les investissements ?
- Les petites entreprises accèdent-elles équitablement aux concessions ?
Sondages de correction
Après chaque grand programme, les habitants et les professionnels devront pouvoir répondre :
- Le projet a-t-il tenu ses engagements ?
- Les emplois annoncés existent-ils ?
- Les prix ont-ils évolué ?
- Le paysage a-t-il été respecté ?
- Les nuisances ont-elles été correctement traitées ?
- Les données sont-elles compréhensibles ?
- Les autorités répondent-elles aux alertes ?
- Le projet doit-il être poursuivi, corrigé, réduit ou arrêté ?
Principe démocratique
LPE écoute les sondages.
LPE ne leur abandonne pas la décision.
Une majorité momentanée ne peut pas autoriser la destruction irréversible d’un bien commun.
Une minorité organisée ne peut pas non plus bloquer éternellement un projet utile, légal, contrôlé et territorialement équilibré.
3432. LEXIQUE LIÉp. 97+
Zone économique exclusive — ZEE
Espace maritime dans lequel un État dispose de droits souverains pour explorer, exploiter, conserver et gérer certaines ressources, selon le droit international.
Une ZEE n’est pas juridiquement identique au territoire terrestre ou à la mer territoriale.
Mer territoriale
Bande maritime située au large des côtes sur laquelle l’État exerce sa souveraineté selon les règles du droit international.
Pêche sauvage
Capture d’espèces vivant naturellement dans le milieu marin.
Elle dépend directement de la capacité de renouvellement des populations.
Pêche artisanale
Activité généralement exercée par de petites structures, souvent proches des côtes et fortement liées à un territoire.
La définition juridique peut varier selon les dispositifs.
Pêche premium
Doctrine LPE visant à mieux valoriser une pêche durable, fraîche, traçable, locale et qualitative plutôt qu’à rechercher uniquement davantage de volume.
Aquaculture
Élevage ou culture d’organismes aquatiques.
Elle peut concerner les poissons, coquillages, crustacés, algues et autres organismes.
Aquaculture offshore
Aquaculture située en mer ouverte, généralement plus éloignée des côtes et exposée à des conditions marines plus fortes.
Elle nécessite des équipements, une surveillance et des garanties spécifiques.
Aquaculture en circuit fermé
Système dans lequel l’eau est traitée et réutilisée en grande partie.
Il peut réduire certains rejets, mais consomme de l’énergie et exige une maîtrise technique élevée.
Aquaculture multitrophique
Système associant plusieurs espèces afin que les rejets ou nutriments produits par l’une puissent être partiellement utilisés par une autre.
Conchyliculture
Élevage de coquillages, notamment les huîtres et les moules.
Algoculture
Culture d’algues destinées à l’alimentation, à l’agriculture, à l’industrie, aux matériaux, à la cosmétique ou à d’autres usages.
Écloserie
Installation produisant les premiers stades de vie d’espèces aquatiques destinées à l’élevage ou, dans certains cas, à des programmes de restauration.
Capacité de charge
Niveau maximal d’activité ou de production qu’un milieu peut supporter sans dégradation excessive.
Plafond biologique
Limite de prélèvement ou de production déterminée pour protéger le renouvellement du vivant.
Rendement maximal durable
Niveau théorique de capture permettant d’obtenir un rendement élevé tout en maintenant la capacité de renouvellement d’une population, sous réserve des incertitudes scientifiques.
Port froid
Port équipé pour refroidir, conserver, congeler, transformer et transporter les produits maritimes dans de bonnes conditions.
Chaîne du froid
Ensemble des moyens permettant de maintenir un produit à une température adaptée depuis sa capture ou sa production jusqu’à sa consommation.
Criée
Lieu ou système dans lequel les produits de la pêche sont débarqués, contrôlés, triés et commercialisés.
Transformation locale
Opérations réalisées près du lieu de production ou dans le territoire concerné :
- découpe ;
- filetage ;
- congélation ;
- fumaison ;
- conserverie ;
- préparation ;
- valorisation des coproduits.
Coproduit
Matière issue d’une activité principale pouvant être valorisée au lieu d’être jetée.
Filet fantôme
Engin de pêche perdu ou abandonné continuant de capturer ou blesser des animaux.
Traçabilité
Capacité à suivre l’origine, les étapes, les traitements et le parcours d’un produit.
Clause miroir
Exigence visant à imposer aux produits importés certaines règles comparables à celles respectées par les producteurs européens ou français.
Concession maritime
Autorisation temporaire et conditionnelle permettant l’usage d’un espace maritime public pour une activité déterminée.
Elle ne constitue pas une propriété définitive.
Valeur utile maritime
Ensemble de la valeur économique, sociale, alimentaire, industrielle, scientifique, écologique et souveraine créée par les activités maritimes.
Valeur conservée localement
Part de la richesse produite qui reste dans le territoire sous forme de salaires, d’emplois, d’investissements, de propriété, de fiscalité, de formation ou de transformation.
Usine bleue
Expression politique désignant un site productif maritime ou littoral capable de transformer durablement une ressource ou un produit issu de la mer.
Elle ne signifie pas une autorisation de pollution industrielle.
Flotte côtière
Navires opérant principalement près des côtes, souvent sur des trajets plus courts.
Flotte semi-hauturière
Navires opérant au-delà du côtier, avec des besoins intermédiaires d’autonomie.
Flotte hauturière
Navires capables d’opérer loin des côtes pendant des durées importantes.
Flotte hybride
Flotte utilisant plusieurs formes de propulsion ou d’énergie afin de réduire la consommation et les émissions.
Pacte Mer-Énergie
Accord international proposé par LPE pouvant associer production maritime, technologies, formation, coopération et accès temporaire à certaines ressources énergétiques.
Il doit rester équilibré, limité et réversible.
Gouvernance territoriale
Participation organisée des collectivités, professionnels, scientifiques, citoyens et autorités nationales aux décisions concernant un territoire.
Pêche illégale, non déclarée et non réglementée
Activités de pêche réalisées en violation des règles, dissimulées ou pratiquées dans des zones insuffisamment réglementées.
Restauration écologique
Action visant à réparer un milieu dégradé et à rétablir certaines fonctions naturelles.
Réversibilité
Capacité à réduire, modifier, déplacer, arrêter ou démanteler une activité lorsqu’elle échoue ou devient dangereuse.
Souveraineté maritime
Capacité réelle de la France à connaître, protéger, utiliser, défendre et transmettre ses espaces et ses intérêts maritimes.
3533. INFOS PRATIQUESp. 100+
Cette politique doit pouvoir être comprise à partir de la vie quotidienne.
Elle ne concerne pas seulement les grands ports, les armateurs ou les administrations centrales.
Pour le consommateur
Le consommateur doit progressivement bénéficier :
- d’une origine plus lisible ;
- d’une meilleure traçabilité ;
- de produits français mieux identifiés ;
- d’une offre locale plus importante ;
- d’un meilleur contrôle sanitaire ;
- d’une réduction des fraudes ;
- d’une meilleure compréhension du prix ;
- d’une valorisation des produits de saison.
L’étiquette devra permettre de distinguer un produit capturé, élevé, débarqué, transformé ou seulement emballé en France.
Pour une famille ultramarine
La politique doit produire des effets directs :
- davantage de produits locaux ;
- circuits plus courts ;
- capacités de conservation ;
- transformation sur place ;
- contrôle des marges ;
- emplois ;
- formations ;
- liaisons régionales ;
- meilleur suivi des aides.
La baisse ne sera pas identique sur tous les produits.
Elle devra être mesurée filière par filière et apparaître sur le tableau de bord public.
Pour un pêcheur
Le pêcheur doit pouvoir accéder plus facilement :
- aux aides de modernisation ;
- aux ports froids ;
- aux ateliers ;
- aux formations ;
- aux outils de traçabilité ;
- à la vente locale ;
- aux marchés publics alimentaires ;
- aux programmes scientifiques ;
- aux dispositifs de transmission ;
- aux solutions énergétiques adaptées.
Les procédures devront distinguer la mise en conformité d’une petite erreur de la sanction d’une fraude volontaire.
Pour un jeune
Un jeune intéressé par la mer pourra trouver :
- formations maritimes ;
- apprentissage ;
- métiers portuaires ;
- aquaculture ;
- algues ;
- mécanique ;
- numérique ;
- robotique ;
- recherche ;
- surveillance ;
- construction navale ;
- transformation ;
- entrepreneuriat.
Un portail national présentera les métiers, les établissements, les débouchés et les aides à la mobilité.
Pour une commune littorale
La commune disposera :
- d’une cartographie des usages ;
- d’un appui technique ;
- d’un accès aux données ;
- d’un droit d’alerte ;
- d’une participation aux projets ;
- d’outils de mutualisation ;
- d’un accompagnement face aux risques ;
- d’une information sur les financements.
Elle ne devra pas supporter seule une infrastructure conçue pour un intérêt national ou régional.
Pour une collectivité ultramarine
Elle participera :
- au choix des filières ;
- aux concessions ;
- à la gouvernance ;
- à la planification des formations ;
- au suivi des prix ;
- à la coopération régionale ;
- à la localisation des équipements ;
- à la protection des lagons ;
- au contrôle de la valeur conservée.
Pour un aquaculteur
L’aquaculteur bénéficiera :
- d’une cartographie plus claire ;
- de procédures coordonnées ;
- d’un interlocuteur identifié ;
- de formations ;
- d’un accès à la recherche ;
- d’aides conditionnelles ;
- d’infrastructures ;
- d’une visibilité contractuelle.
Il devra accepter :
- les contrôles ;
- la publication de certaines données ;
- les obligations de restauration ;
- la suspension en cas de danger ;
- la réparation des dommages ;
- la traçabilité complète.
Pour une entreprise industrielle
Les marchés concerneront :
- navires ;
- moteurs ;
- batteries ;
- froid ;
- capteurs ;
- logiciels ;
- drones ;
- matériaux ;
- cages ;
- traitement de l’eau ;
- transformation ;
- maintenance ;
- sécurité.
Les aides importantes seront liées à des capacités durablement implantées, à la formation et à la réduction des dépendances.
Pour un salarié portuaire
La réforme doit améliorer :
- la stabilité des activités ;
- la sécurité ;
- les compétences ;
- les perspectives ;
- la maintenance ;
- les conditions de travail ;
- l’accès à la progression ;
- la protection contre les discriminations.
Pour un scientifique
Le scientifique pourra accéder à :
- des données unifiées ;
- des programmes de terrain ;
- des financements ;
- des partenariats ;
- des moyens de surveillance ;
- une procédure d’alerte ;
- une protection de son indépendance.
Son avis devra être publié lorsqu’il conditionne une décision majeure.
Pour une association
Les associations pourront :
- consulter les études ;
- participer aux concertations ;
- signaler une pollution ;
- contester une décision ;
- proposer une contre-expertise ;
- suivre les engagements ;
- accéder aux données publiques.
Pour un touriste
Le tourisme maritime doit rester possible dans des littoraux :
- propres ;
- protégés ;
- accessibles ;
- vivants ;
- culturellement respectés ;
- non défigurés par des projets mal conçus.
Pour les anciens professionnels
Ils pourront transmettre :
- gestes ;
- techniques ;
- mémoire ;
- connaissance des zones ;
- culture de sécurité ;
- histoire des ports ;
- expérience des espèces ;
- capacité de lecture du milieu.
Des dispositifs de mentorat pourront être financés.
Pour les personnes de bonne foi
Toute personne confrontée à une règle complexe doit pouvoir accéder :
- à une explication ;
- à un interlocuteur ;
- à un délai raisonnable de correction ;
- à une médiation ;
- à un recours ;
- à la protection contre une sanction manifestement disproportionnée.
Cette protection ne couvre ni la fraude volontaire ni la mise en danger délibérée.
Calendrier pratique
Dans les cent premiers jours
- audit ;
- premiers sites ;
- portail public ;
- préparation de la loi ;
- lancement des formations ;
- choix des ports pilotes.
Dans les deux premières années
- premières infrastructures ;
- premiers navires modernisés ;
- premières unités de transformation ;
- premiers projets algaux ;
- contrôles renforcés ;
- premières mesures locales sur les prix.
À cinq ans
- chaînes complètes dans plusieurs bassins ;
- métiers renforcés ;
- transformation accrue ;
- meilleure surveillance ;
- progrès visibles dans les territoires ultramarins.
À dix ans
La France doit disposer d’une puissance maritime concrète, diversifiée et durablement implantée.
3634. MATÉRIEL DE CAMPAGNEp. 104+
Slogan central
La mer française ne doit plus être grande seulement sur la carte.
Formule doctrinale
Nous ne voulons pas vider les océans. Nous voulons enfin travailler intelligemment la mer française.
Slogans sur la production
Produire davantage. Prélever intelligemment. Transformer localement.
La pêche sauvage porte l’identité. L’aquaculture contrôlée porte la montée en puissance.
La puissance n’est pas de prendre plus. C’est de perdre moins et de transformer mieux.
Un poisson débarqué sans froid est une richesse déjà menacée.
Un port qui ne transforme pas laisse partir la valeur.
Slogans sur les Outre-mer
Les Outre-mer ne sont pas les marges de la France maritime. Ils en sont les ancres.
La valeur de la mer ultramarine doit rester d’abord dans les territoires ultramarins.
La mer doit devenir une arme contre la vie chère.
Un poisson pêché ici ne doit pas faire le tour du monde pour revenir plus cher ici.
Produire localement. Transformer localement. Nourrir localement d’abord.
Slogans sur la souveraineté
Une ZEE non surveillée est une invitation au pillage.
Une carte ne protège rien. Une nation organisée, oui.
La France possède la mer. Elle doit maintenant savoir la défendre et la travailler.
La souveraineté maritime commence au port et se termine dans l’assiette.
Slogans sur les algues
Les algues peuvent devenir le blé maritime du XXIe siècle.
Ce que la terre ne peut plus fournir seule, la mer peut parfois le compléter.
Cultiver la mer ne signifie pas l’épuiser.
Slogans sur la flotte
Électrique quand c’est logique. Hybride quand c’est nécessaire. Bas-carbone quand l’autonomie l’exige.
Des bateaux plus propres, mais jamais moins sûrs.
Une nation maritime doit savoir construire et réparer ses navires.
Slogans sur l’écologie
La mer produit avec le vivant. Jamais contre lui.
La nature fixe le plafond. La science vérifie. La politique assume.
La protection sans production crée la dépendance. La production sans protection détruit l’avenir.
Nous ne choisirons ni le pillage ni l’abandon.
Slogans sur l’argent public
LPE ne finance pas des intentions. LPE finance des preuves.
Un port vide n’est pas un investissement. C’est une erreur à corriger.
Chaque euro maritime doit protéger, produire, prévenir ou préparer l’avenir.
Le capital vient après l’utilité. Jamais avant.
Slogans sur le travail
Le travail maritime doit élever celui qui le porte.
Les pêcheurs ne doivent plus risquer leur vie pour laisser leur valeur aux autres.
Former un jeune ultramarin, c’est protéger cinquante ans de souveraineté.
Les anciens connaissent la mer. Leur savoir ne doit pas disparaître avec eux.
Slogans sur la discrimination
Les emplois de la mer ne sont pas réservés à quelques noms, quelques réseaux ou quelques territoires.
Argent public, concession publique, autorité portuaire : discrimination zéro, sanction certaine.
Écarter un talent, c’est affaiblir toute la France maritime.
Phrases de meeting
La France a une mer immense, mais elle importe encore ce qu’elle pourrait produire, transforme ailleurs ce qu’elle pourrait transformer dans ses ports et laisse trop de valeur quitter ses territoires.
Nous allons protéger la pêche sauvage, moderniser les navires, développer l’aquaculture contrôlée, cultiver les algues, construire des ports froids et faire des Outre-mer les premières bases de notre puissance maritime.
Nous ne couvrirons pas la mer d’usines.
Nous choisirons les zones, mesurerons les impacts, publierons les résultats et fermerons les projets dangereux.
La mer française nourrira davantage la France, mais jamais au prix de la vie qui la rend possible.
Phrases très courtes
La mer nourrit.
Le port transforme.
Le froid protège.
L’Armée surveille.
La science limite.
Le territoire décide avec l’État.
Le peuple contrôle.
La fraude recule.
La valeur reste.
L’avenir se transmet.
Punchlines
La France ne manque pas de mer. Elle manque d’ordre maritime.
Nous avons la deuxième puissance maritime sur la carte et une dépendance dans l’assiette.
Nos poissons voyagent parfois mieux que nos familles.
Le poisson part. La marge reste ailleurs. Le prix revient chez nous.
La mer ne doit plus enrichir ceux qui ne la voient jamais davantage que ceux qui y risquent leur vie.
Les Outre-mer donnent sa grandeur maritime à la France. La France doit enfin leur rendre une puissance concrète.
Une richesse qui détruit sa propre source n’est pas une richesse.
Réponse anti-attaque centrale
« Vous voulez vider les océans. »
Non. Nous voulons remplir les ports de travail, les territoires de valeur et les assiettes de produits accessibles sans vider la mer de son vivant.
Réponse sur l’industrialisation
« Vous industrialisez la mer. »
Nous organisons une production limitée, contrôlée et réversible au lieu de subir les importations, la pollution étrangère et le pillage de nos zones.
Réponse sur les Outre-mer
« Vous allez encore exploiter les Outre-mer. »
Non. Aucun projet majeur ne sera accepté sans emplois locaux, formation locale, gouvernance locale, valeur locale et priorité aux besoins locaux.
Réponse sur le coût
« Cela coûtera trop cher. »
La dépendance coûte déjà des milliards, détruit des emplois et laisse nos ports sans outils. Nous comparerons chaque investissement aux importations évitées, aux actifs construits et à la valeur conservée.
Réponse sur l’écologie
« On ne doit plus toucher à la mer. »
Ne rien produire ne supprime pas la consommation. Cela déplace simplement la production, les emplois et parfois la pollution vers des pays que nous contrôlons moins.
Réponse sur l’Europe
« L’Europe interdira tout. »
Nous appliquerons le droit, utiliserons ses marges et négocierons ce qui doit changer. Coopérer ne signifie pas renoncer à défendre ses pêcheurs, ses territoires et sa souveraineté.
Formule présidentielle
La France est née de ses terres, mais elle s’est élevée par ses mers. Il est temps que cette grandeur redevienne une réalité vécue par le peuple.
3735. RÉSULTAT POLITIQUEp. 108+
Le ministère n°21 change le statut de la mer dans la République.
Elle n’est plus un décor de campagne, une nostalgie de puissance ou une surface citée dans les discours.
Elle devient une organisation complète de souveraineté.
La France connaît mieux ses espaces.
Elle protège ses zones économiques exclusives.
Elle renforce ses moyens civils, judiciaires, scientifiques et militaires.
Elle lutte contre la pêche illégale.
Elle protège les zones de reproduction.
Elle plafonne la pêche sauvage selon l’état du vivant.
Elle redonne de la valeur à la pêche artisanale.
Elle aide les pêcheurs à moderniser leurs navires.
Elle distingue la fraude organisée de l’erreur de bonne foi.
Elle améliore la sécurité des équipages.
Elle facilite la transmission des entreprises.
Elle développe une aquaculture contrôlée, diversifiée et réversible.
Elle refuse les densités aveugles, les pollutions dissimulées et les concessions sans bénéfice territorial.
Elle peut fermer un projet dangereux.
Elle développe les coquillages, les cultures marines et les systèmes adaptés à chaque bassin.
Elle construit une filière nationale des algues.
Elle relie cette filière à l’alimentation, à l’agriculture, aux matériaux, à la santé, à l’industrie et à la recherche.
Elle ne cultive pas sans débouché.
Elle ne promet pas sans preuve.
Elle construit des ports froids.
Elle développe la glace, la conservation, la surgélation, la transformation, les conserveries, les laboratoires et la valorisation des coproduits.
Elle évite qu’une ressource débarquée reparte immédiatement sans laisser de valeur.
Elle modernise les criées.
Elle soutient les outils mutualisés.
Elle empêche que seuls les grands groupes disposent des équipements modernes.
Elle redonne aux ports leur fonction alimentaire, industrielle, sociale et stratégique.
Elle reconstruit ses chantiers navals.
Elle forme des mécaniciens, soudeurs, ingénieurs, électriciens, frigoristes, biologistes, contrôleurs, marins, transformateurs et roboticiens.
Elle maîtrise davantage les pièces, les logiciels, les moteurs, les batteries et les moyens de surveillance.
Elle prépare une flotte plus propre sans mettre les marins en danger.
Elle choisit l’électrique lorsque les trajets le permettent.
Elle choisit l’hybride lorsque l’autonomie l’exige.
Elle recherche des solutions bas-carbone réalistes pour le hauturier.
Elle utilise les hydrocarbures encore nécessaires comme une transition limitée, et non comme une destination.
Elle fait des Outre-mer le cœur de sa stratégie maritime.
Elle cesse de considérer ces territoires comme de simples périphéries à compenser.
Elle y installe des écoles, des ateliers, des ports, des laboratoires, des moyens de surveillance, des unités de transformation et des entreprises.
Elle forme les jeunes sans les obliger à partir définitivement.
Elle leur permet de revenir avec des compétences.
Elle ouvre les fonctions de commandement aux habitants des territoires.
Elle exige qu’une part réelle des emplois, de la propriété, de la transformation et de la valeur reste sur place.
Elle donne la priorité à la consommation locale.
Elle développe ensuite les échanges interinsulaires et régionaux.
Elle exporte plus loin lorsque les besoins du territoire sont correctement intégrés.
Elle utilise la mer pour réduire certaines causes de la vie chère.
Elle suit les prix.
Elle décompose les marges.
Elle vérifie que les aides atteignent les familles.
Elle sanctionne les captations abusives.
Elle ne prétend pas que la mer réglera seule tous les problèmes ultramarins.
Elle démontre produit par produit ce qu’elle peut réellement changer.
Elle protège les littoraux.
Elle respecte les ports historiques, les phares, les villages de pêcheurs, les plages, les paysages et les zones naturelles.
Elle refuse qu’un projet industriel détruise ce qui fait vivre un territoire.
Elle refuse aussi que la protection devienne un prétexte à abandonner tous ceux qui travaillent de la mer.
Elle cartographie les usages.
Elle consulte avant de décider.
Elle motive ses décisions.
Elle permet les recours.
Elle corrige les erreurs.
Elle construit une Data Room maritime nationale.
Elle distingue les données officielles, calculées, à auditer, à actualiser et les projections du programme.
Elle publie les hypothèses.
Elle conserve l’historique des promesses.
Elle affiche les écarts.
Elle ne supprime pas un objectif simplement parce qu’il n’a pas été tenu.
Elle finance des actifs réels.
Elle contrôle les concessions.
Elle récupère les aides détournées.
Elle protège les salariés et les fournisseurs de bonne foi lorsqu’un dirigeant fraude.
Elle lutte contre les monopoles.
Elle donne aux petites entreprises et aux coopératives accès aux outils mutualisés.
Elle empêche l’occupation improductive des espaces stratégiques.
Elle applique l’axiome économique LPE :
Aucune richesse durable ne peut être légitime si elle ne repose pas d’abord sur une utilité réelle.
Le capital vient après l’utilité.
Jamais avant.
Elle applique la loi de souveraineté.
La France réduit ses dépendances nettes dans les produits, les navires, les équipements, les technologies et les infrastructures indispensables.
Elle coopère sans se soumettre.
Elle applique la loi du travail.
Le travail maritime doit permettre de vivre, de construire, de transmettre et de se sentir utile.
Elle applique la loi du temps humain.
La modernisation doit réduire les tâches dangereuses, les attentes inutiles, les procédures incohérentes et la fatigue évitable.
Elle applique la loi du lien.
Les pêcheurs, scientifiques, écologistes, industriels, militaires, habitants et élus ne sont plus condamnés à se parler uniquement lorsqu’un conflit éclate.
Elle applique la loi de correction populaire.
Le citoyen voit les dépenses, les résultats, les incidents et les corrections.
Le 2 de chaque mois, les grands flux publics sont accessibles dans l’espace civique national, dans les limites nécessaires à la sécurité et aux secrets protégés.
Elle applique la discrimination zéro.
Aucun habitant ultramarin ne doit être réduit à un emploi subalterne dans une activité construite grâce à son territoire.
Aucune femme ne doit être écartée d’un commandement maritime par habitude ou mépris.
Aucun jeune ne doit être bloqué par son nom, son origine, son lieu de résidence, son handicap ou sa condition sociale.
Aucune aide publique ne doit financer l’humiliation.
Elle applique la transmission.
Les anciens transmettent les gestes, les métiers, les cartes mentales, les prudences et la mémoire.
Les jeunes reçoivent des navires, des ports, des écoles, des données et des ressources encore vivantes.
La France ne lègue pas seulement une superficie.
Elle lègue une capacité d’action.
Résultat pour le citoyen
Le citoyen voit mieux ce qu’il mange.
Il comprend d’où vient le produit.
Il sait où il a été capturé, élevé, débarqué et transformé.
Il bénéficie de contrôles plus forts.
Il voit comment l’argent public est utilisé.
Il peut signaler une pollution, une fraude, une discrimination ou un projet dangereux.
Il peut suivre la correction.
Résultat pour le pêcheur
Le pêcheur n’est plus seul face au carburant, aux normes, aux importations frauduleuses et à la concentration de la valeur.
Il dispose d’un port mieux équipé.
Il peut transformer.
Il peut vendre autrement.
Il peut moderniser son navire.
Il peut transmettre son entreprise.
Il participe à la protection de la ressource.
Son métier redevient une fonction stratégique.
Résultat pour les Outre-mer
Les Outre-mer cessent d’être uniquement les territoires qui donnent à la France son rang maritime.
Ils deviennent les territoires qui vivent de cette puissance.
Ils produisent.
Ils transforment.
Ils forment.
Ils surveillent.
Ils exportent régionalement.
Ils décident avec l’État.
Ils conservent davantage de valeur.
La dignité ultramarine ne repose plus uniquement sur une compensation budgétaire.
Elle repose sur une capacité productive reconstruite.
Résultat pour le vivant
La production supplémentaire ne vient pas d’une fuite en avant dans les captures.
Les plafonds sont mesurés.
Les zones fragiles sont protégées.
Les fermes sont contrôlées.
Les pollutions sont publiées.
Les responsables réparent.
La science peut alerter.
La Justice peut sanctionner.
Le peuple peut contrôler.
Résultat pour la souveraineté
La France sait davantage :
- où sont ses ressources ;
- qui les utilise ;
- qui les pille ;
- qui les protège ;
- qui les transforme ;
- qui en bénéficie ;
- quelles dépendances demeurent ;
- quels investissements fonctionnent.
Elle possède des navires, des ports, des écoles, des chantiers, des laboratoires, des données, des travailleurs et une stratégie.
La souveraineté quitte les discours.
Elle entre dans les infrastructures et les compétences.
Résultat civilisationnel
La mer redevient une promesse de continuité.
Elle relie l’Hexagone et les Outre-mer.
Elle relie les anciens et les jeunes.
Elle relie le travail et la nature.
Elle relie la science et la décision.
Elle relie la souveraineté et la coopération.
Elle relie la production et la protection.
La France ne choisit pas entre être une puissance maritime et protéger le vivant.
Elle devient une puissance parce qu’elle protège ce qui rend cette puissance possible.
Conclusion politique
La mer française n’est plus grande uniquement sur la carte.
Elle devient grande dans les ports.
Grande dans les écoles.
Grande dans les chantiers.
Grande dans les laboratoires.
Grande dans les emplois.
Grande dans la surveillance.
Grande dans l’assiette.
Grande dans la capacité des territoires ultramarins à tenir debout.
Grande dans la qualité de ce qu’elle transmet.
La France protège la pêche sauvage.
Elle développe l’aquaculture contrôlée.
Elle cultive les algues.
Elle construit les ports froids.
Elle transforme localement.
Elle modernise la flotte.
Elle reconstruit l’industrie navale.
Elle surveille ses espaces.
Elle réduit les importations évitables.
Elle protège les paysages.
Elle corrige les monopoles.
Elle sanctionne les pollutions.
Elle ouvre les métiers.
Elle forme les jeunes.
Elle écoute les anciens.
Elle rend les données visibles.
Elle soumet le capital à l’utilité.
Elle replace les Outre-mer au centre.
Elle prépare cinquante années de souveraineté.
La France ne manque pas de mer.
Elle manquait d’ordre maritime.
FORMULE FINALE
La mer française doit enfin produire à la hauteur de la carte française, mais jamais au prix du vivant qui la rend possible.
Nous ne voulons pas entrer dans l’Histoire pour qu’on se souvienne de nous.
Nous voulons simplement que ceux qui viennent après nous puissent dire : ils n’ont pas laissé tomber.
