Réponse courte. Nos villes ne sont évidemment pas des mines au sens géologique. Mais elles concentrent des quantités considérables de cuivre, aluminium, acier, plastiques, verre et composants électroniques. Lorsqu’un bâtiment est déconstruit ou qu’un appareil arrive en fin de vie, cette matière peut être réemployée ou recyclée.
Un gisement déjà massif
L’ADEME indique que 2,3 millions de tonnes d’équipements électriques et électroniques ont été mises sur le marché en France en 2024. Plus de 1,2 million de tonnes ont été collectées et 45 017 tonnes ont trouvé une seconde vie par réemploi ou réutilisation. Ces chiffres montrent à la fois l’importance du gisement et la différence entre recycler une matière et conserver un produit en usage.
Réemployer d’abord ce qui peut l’être
Le meilleur rendement matière n’est pas toujours obtenu par le broyage. Un équipement réparable, un câble réutilisable ou un élément de bâtiment démontable peut conserver davantage de valeur s’il reste un produit. Le recyclage intervient ensuite pour les objets réellement arrivés en fin de vie.
Pour organiser cette « mine urbaine », il faut connaître les matériaux présents, faciliter la dépose sélective, créer des débouchés et assurer la traçabilité. Sans marché pour les matériaux secondaires, le stock existe mais reste économiquement inexploitable.
La proposition LPE
La mesure 19-P1 prévoit un Plan Seconde Vie France et un passeport matière. L’idée est de rendre visible la composition et la trajectoire des biens afin d’orienter réparation, réemploi et recyclage. Le dispositif ne devra pas produire plus de paperasse que de matière récupérée : il faut le concentrer sur les produits et chantiers où la valeur environnementale et économique est démontrable.
Ce que le programme LPE dit exactement
19-P1 — LE PLAN SECONDE VIE FRANCE ET LE PASSEPORT MATIÈRE
Cette mesure est la colonne vertébrale de toute la réforme. Elle transforme les déchets, les objets inutilisés, les matériaux de chantier, les invendus, les friches et les stocks publics dormants en ressources nationales. Le passeport matière impose aux fabricants et importateurs de prévoir la seconde vie de leurs produits: composition, réparabilité, disponibilité des pièces, conditions de démontage et filière de reprise. Un objet ne doit plus entrer en France sans que l’on sache comment il pourra être réparé, repris ou transformé. La traçabilité suit la matière jusqu’à l’usage final. C’est la fin du faux recyclage où l’on compte une collecte comme un recyclage. C’est le pilier de la souveraineté matière et de l’économie circulaire réelle.
Comment vérifier si la politique fonctionne ?
- Tonnes réemployées avant recyclage
- Taux de collecte par filière
- Part de matière secondaire réintroduite dans la production
- Valeur économique conservée par tonne
- Coût administratif du passeport matière par produit ou chantier
À retenir
L’expression « mine urbaine » désigne les métaux et matériaux déjà présents dans les bâtiments, appareils, véhicules et infrastructures : ils peuvent redevenir des ressources au lieu d’être extraits à nouveau ou enfouis.
Sources publiques et scientifiques
- ADEME — Équipements électriques et électroniques, données 2024
- ADEME — Réemploi, réparation et recyclage des équipements électriques
Sources consultées et données datées vérifiées le 18 septembre 2026. Les valeurs susceptibles d’évoluer doivent être recontrôlées lors d’une actualisation de l’article.