La question est légitime. Si la mécanique est si mathématiquement évidente, pourquoi l’élite politique et administrative ne l’a-t-elle pas déjà mise en place ?
La réponse est froide, mais elle explique le blocage du pays depuis quarante ans. Le système n’applique pas ces solutions pour trois raisons structurelles :
1. Le désordre est une arme de pouvoir (Le verrou de Bercy)
Dans le système actuel, l’État central (via le Ministère des Finances) détient le monopole absolu de l’argent. Il taxe massivement, puis il redistribue des « dotations » au compte-gouttes.
Si le programme LPE est appliqué, avec la clé de TVA 5-3-3-5-4, Bercy perd instantanément son pouvoir de chantage sur les 35 000 maires de France. L’État central refuse de céder son monopole financier. Il préfère un pays sous perfusion qu’il contrôle, plutôt qu’un pays autonome qu’il ne contrôle plus.
2. Le système actuel protège la rente, pas le travail
L’économie française a muté. Elle ne récompense plus ceux qui produisent (les usines, les paysans, les travailleurs), elle récompense ceux qui prélèvent (les banques privées, les spéculateurs immobiliers, les concessionnaires).
- Si l’on purge la dette agricole, les banques perdent 60 milliards d’encours rentables.
- Si l’on construit 500 000 logements à 3€/m², on détruit la rente immobilière spéculative.Les gouvernements successifs n’ont pas le courage d’affronter ces lobbys financiers. Le programme LPE, lui, les exproprie techniquement de leur pouvoir de nuisance.
3. La dictature du temps électoral (Le court-termisme)
Un président ou un ministre raisonne sur 5 ans. Son obsession est d’éviter les grèves et de distribuer des chèques (chèque énergie, prime carburant) pour acheter la paix sociale immédiate, même si cela endette le pays.
Le programme LPE raisonne sur 50 ans. Relocaliser l’industrie, construire massivement, rétablir la démographie avec un congé de 3 ans, cela demande de l’ingénierie d’État et des efforts la première année. L’élite politique actuelle gère l’immédiat ; elle a désappris l’architecture.
En résumé :
Ils n’appliquent pas ce programme parce qu’ils sont devenus des gestionnaires de déclin, obsédés par les tableaux Excel de la dette courante.
Le programme LPE n’est pas une simple « réforme » que le système peut absorber. C’est une restructuration hostile. Il retire le pouvoir aux gestionnaires financiers pour le rendre aux producteurs et aux territoires. C’est pour cela qu’il faut l’imposer, car ils ne le feront jamais d’eux-mêmes.
On explique aux Français que la TVA est vitale pour financer nos hôpitaux. C’est une escroquerie comptable.
Aujourd’hui, la Sécurité sociale est en faillite parce qu’elle ne protège plus le travailleur : elle indemnise le chômage de masse et subventionne la précarité. Puisque le travail ne suffit plus à payer, l’État taxe la consommation de tous (TVA) et l’épargne (CSG) pour boucher les trous.
Le programme LPE retire intégralement la TVA à la Sécurité sociale (56 Mds€). Voici comment la machine se finance d’elle-même, sans un euro d’impôt supplémentaire.
1. Le choc de cotisations : Le travail finance la santé La Sécurité sociale a été créée pour être financée par les fiches de paie. Le modèle 3J/3J (un poste, deux salariés) recrée mécaniquement plus de 4 millions d’emplois. C’est un afflux massif et immédiat de dizaines de milliards d’euros de cotisations sociales (patronales et salariales) nouvelles. Le moteur naturel du financement par le travail redémarre. On ne taxe plus le paquet de pâtes pour payer le chirurgien ; c’est le travailleur qui finance le système.
2. L’effondrement des dépenses d’assistanat Aujourd’hui, la branche Famille et l’État versent des dizaines de milliards en APL, prime d’activité, et chèques énergie. Pourquoi ? Parce que le loyer et l’électricité confisquent les salaires.
- En passant le logement à 3€/m² (Logement Passif), les APL (15 Mds€/an) deviennent inutiles et sont supprimées.
- En vendant l’énergie à prix coûtant, les chèques énergie disparaissent.
- Avec le 3J/3J, le chômage s’effondre, vidant les caisses de l’assurance chômage et du RSA. L’État n’a plus besoin d’assister financièrement des citoyens que le système rendait artificiellement pauvres.
3. Le recentrage clinique strict Débarrassée du fardeau de la précarité et du chômage, la Sécurité sociale redevient ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : une assurance santé et vieillesse. L’argent des cotisations va intégralement aux lits d’hôpitaux, aux soignants, à la dépendance (Campus Retraités) et aux retraites.
La conclusion à opposer aux sceptiques : Un pays désindustrialisé et au chômage doit taxer la consommation pour payer ses chômeurs. Un pays au plein-emploi, qui produit son énergie et loge son peuple sans spéculation, paie ses hôpitaux par la seule force de son travail.
C’est la fin de l’État-Providence fiscal. C’est le retour de l’État-Producteur.